Chapitre 24 : L’arme en marche

Aux alentours de Bourg Geon – La nuit du tournoi

La nuit était douce et fraîche, idéal pour capturer le Mimigal dont Georges rêvait depuis le début de son aventure pokémon il y a trois jours. Il lui fallait absolument ce pokémon pour compléter sa super équipe et il n’allait pas laisser passer l’occasion. Rien ne le détournerait de sa route.

Son premier pokémon était un magnifique Kaiminus offert par le professeur de son village afin qu’il veuille bien l’aider à recueillir des informations sur le monde pokémon. Après de longues négociations avec sa mère pour partir faire son voyage pokémon à seulement quinze ans, Georges en avait obtenu l’autorisation et pouvait désormais se confier totalement à sa passion : le dressage. Mais pour cela, il lui fallait une équipe complète dont le Mimigal serait le second pilier. C’était la nuit qu’il fallait qu’il le trouve.

Il faisait sombre dans cette forêt… Si sombre que le jeune garçon ne voyait pas plus loin que son nez et, alors qu’il passait au détour d’un bosquet, il lui sembla voir quelque chose tomber brutalement du ciel et s’écraser non loin de lui en un bruit effrayant. « Ce n’est sans doute qu’un gros pokémon oiseau qui revient de la chasse, pensa-t-il en détournant bien vite le regard. » Et cela dit, il se remit à fouiller le sol à la recherche de son pokémon.

Georges n’était pas de nature à avoir peur, bien que sa mère complétement paranoïaque lui disait cent fois que la forêt était l’égal de la mort, il se fichait éperdument d’avoir à se balader dans le noir. Un petit vent glacial s’infiltra entre ses vêtements et il frissonna. Il faisait décidément vraiment froid cette nuit et l’ambiance était loin d’être rassurante.

Mais peu importe, il était téméraire. Le jeune dresseur de pokémon retourna chaque feuille qu’il voyait devant lui tandis qu’une ombre gigantesque passa furtivement dans son dos. Georges cru à une simple illusion avant de se remettre au travail et d’apercevoir enfin, après de très longues heures de recherche dans le froid et l’obscurité, le pokémon qu’il cherchait tant. « Tu es à moi désormais, murmura-t-il en sortant une pokéball de sa poche et en la brandissant devant lui. On pourra dire que tu m’auras donné du fil à retordre. »

Mais visiblement ce n’était pas de l’avis du pokémon qui, d’un bond, disparut dans un fourré hors du sentier que suivait le jeune dresseur depuis le début de son escapade nocturne. Sans réfléchir, son poursuivant se jeta à ses trousses.

Dans la poursuite, Georges se griffa le visage, s’écorcha le genou, avant de prendre violemment une branche dans la figure. Mais il se fichait de tout cela, ce qui comptait était de rattraper le petit pokémon qu’il désirait tant et de l’enfermer dans la pokéball qu’il lui avait réservé. Une fois dans la forêt, il se rendit compte que même la lueur de la lune ne lui était plus d’aucune utilité et qu’il ne pouvait plus compter que sur son simple instinct afin d’esquiver chaque obstacle pouvant se trouver sur sa route. Devant lui, il remarquait tout de même le Mimigal grâce à sa couleur verte et se rendit compte qu’il était beaucoup plus agile et rapide que lui. Mais il n’allait pas se laisser faire et allait le rattraper ; il fallait qu’il le rattrape.

« Je t’aurais petit pokémon ! Tu sauras à moi ! hurla-t-il. »

Alors qu’il arriva au pied d’un grand arbre que contourna le pokémon insecte, Georges s’arrêta. Deux gros yeux rouges l’observaient de l’une des branches sans bouger.

Son cœur se noua durant un instant mais, se reprenant rapidement, il revint à l’essentiel : « Quel pokémon es-tu toi ? Je le saurais une fois que tu seras enfermé dans ma pokéball ! » Joignant le geste à la parole, il lança la pokéball en direction des yeux, pokéball qui explosa en plein vol avant même de toucher sa cible. Derrière le nuage de fumée, le regard rouge ne bougea pas et Georges sentit ses tripes se resserrer.

« Qui… qui es-tu ? bégaya-t-il.

- Ton âme, siffla une voix en réponse. » Non rassuré de la réponse qui lui vint, le jeune homme recula d’un pas. Même si cela était rare que quelqu’un puisse faire peur au nouveau dresseur, cela pouvait tout de même arriver, comme dans ce cas à vrai dire. « Comment cela mon âme ? Je rêve, non ?

- Non… Ton âme… Je veux… » Le sifflement fit froid dans le dos du jeune garçon qui ne savait plus où donner de la tête. De plus, le fait qu’une voix venait jusqu’à lui sans qu’aucune réaction de la part des yeux rouges ne se fit voir le mit encore plus mal à l’aise.

« J’ai… j’ai une idée, reprit-il. Je vais relancer une… une poké… ké… kéball. Tu vas gentiment rentrer dedans. Com… compris ? » N’ayant pas de réponse, il tenta le tout pour le tout et sortit l’une des quatre dernières pokéball qu’il avait reçu avant de commencer son voyage. D’un geste souple, il la lança en direction des yeux.

Alors qu’il observait les résultats de son action, Georges vit la pokéball changer brusquement de trajectoire et revenir vers lui à une vitesse hallucinante. Il hurla. « Ton âme… J’ai dit… »

Georges ne comprenait plus ce qu’il lui arrivait, il voulait juste que cela s’arrête. Il tourna la tête et remarqua que sa main avec laquelle il avait saisi son épaule dégoulinait de sang. La pokéball s’y était incrusté, creusa sa chair et ses os pour y trouver sa place. De toute évidence, le monstre qui se trouvait sur la branche de l’arbre n’y était pas allé de main morte avec lui. Tandis qu’il vit les deux yeux rouges descendre vers le sol, le jeune homme continuait à hurler de plus en plus.

« Plus d’âmes… Plus de puissance… Je veux… Ta terreur… Mon plaisir… » Il marchait vers lui, pas à pas, lentement, s’arrêtant à chaque foulée comme pour se délecter de la souffrance du dresseur en face de lui. « Me rouler dans ton sang… » A ce moment, le sang de Georges était glacé.

Il sentit alors comme un tentacule le saisir par la gorge et le soulever au-dessus du sol. Bien qu’il voyait mal à cause de l’obscurité qui régnait aux alentours, Georges cru voir des écailles vertes autour de ce dernier. « Il est temps… » Le garçon hurlait.

Alors que les yeux se rapprochaient de plus en plus des siens et qu’il pouvait maintenant distinguer son visage, Georges pouvait presque sentir son haleine. Ce qu’il sentait, c’était l’odeur du sang et de la mort. Il vit alors une bouche s’ouvrir, une bouche qui apparut comme miraculeusement au milieu de son visage, le déchirant à l’endroit où elle apparut. Georges remarqua à peine les dents de la bête s’approcher de sa tête avant qu’elles ne déchiquètent son visage.

Le corps retomba au sol, relâché par ce qui l’avait maintenu en lévitation. Une ombre se pencha alors au-dessus de lui et se pencha sur ce qui restait de lui. Comme il l’avait précisé, il prit du sang dans ce qui sembla être ses mains et s’en badigeonna le corps.

 

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