Chapitre 25 : Une si belle nuit 1/2

Vaguelone – La même nuit

« Chéri, ça fait des heures que tu marches sur la plage de long en large. Tu es parti une heure après que nous ayons fini de faire l’amour, tu crois que je ne t’ai pas remarqué ?

- Désolé… C’est juste que je ne sais plus trop quoi penser de tout ce qui arrive.

- Cresselia ne peux rien te dire à propos de l’arme qui se trouve sur le mont au lieu de te faire tourner en rond.

- Non, il n’a le droit de me dire que mon propre futur ou des choses sur mon présent. Et c’est bien ça le problème. »

Red trainait depuis des heures sur la plage de Vaguelone, presque trois pour être précis. Au-dessus de lui, la lune se distinguait clairement dans le ciel étoilé. Elle était belle cette nuit-là, magnifique même, presque autant que la femme qui l’avait pris dans ses bras alors que son esprit tournait en rond depuis le rêve de cette nuit, toujours le même rêve.

« Et si tu me disais ce qui te tracasse autant, mon cœur ? » Disant ces mots, elle le prit doucement par la main et le fit s’asseoir sur le sable en face de la mer qui venait calmement s’échouer en vagues douce contre le rivage. Red trempa ses pieds dans l’eau et remarqua qu’elle était bonne cette nuit, presque autant que le jour quand les touristes venait monopoliser chaque parcelle de sable.

Tendrement, il prit la main de celle qui l’aimait dans la sienne et la caressa avec amour. « Tu as bien fait de laisser un peu Clément chez ses parents, reprit-elle en changeant de sujet car elle avait bien remarquée qu’il ne répondrait pas à sa question. Tout ça nous laisse aussi un peu de temps pour pouvoir profiter de nous deux. Ce n’est pas si mal.

- Il faut que j’entraîne ce garçon rapidement.

- Je sais. Tu répètes ça depuis des jours et des jours, bien avant que tu le rencontres à vrai dire. C’est à croire que toute cette histoire te monte à la tête.

- Le monde est en danger, il y a de quoi faire pour monter à la tête, chérie. » Bien qu’il garda un peu d’affection dans ses mots, elle sentait bien qu’il était depuis quelques semaines complétement obnubilé par quelque chose qui allait au-delà de l’entraînement de Clément ou des problèmes du mont argenté ; il y avait autre chose. Doucement, elle s’approcha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres, sentant son corps se détendre à ce geste. « Je t’aime, ajouta-t-elle. »

Il y avait quelque chose d’étrange dans son regard depuis ce temps, quelque chose de changé. Bien qu’elle savait que c’était l’homme qu’elle aimait, elle savait aussi qu’il y avait en lui quelque chose de changé.

« Je te connais mieux que personne. Ecoute, j’ai été ton élève alors que tu avais seulement quelques années de plus que moi. Je suis la meilleure dresseuse de pokémon grâce à toi et tu le sais. Mais je suis bien plus que cela. Tu te rappelles au moins comment tout a commencé il y a quelques années ? »

Bien sûr qu’il s’en souvenait. Il n’avait alors que vingt ans lorsqu’il était devenu maître et avait décidé de s’occuper de Pierre et de Cynthia, les deux futurs maîtres de Hoenn et Sinnoh. Il se souvenait comment il était tombé amoureux de cette adolescente de seize ans au regard pétillant, ou encore de leur premier baiser un soir au large de Parmanie, et de cette folle nuit où ils ont fait l’amour dans le parc safari lors d’une balade. Il se rappelait de tout ce qui le liait à elle depuis longtemps et n’était pas prêt de l’oublier.

« Je sais que tu me connais… Mais ce n’est pas la question, ajouta-t-il en se relevant et en lâchant sa main.

- Pourquoi pas ?

- Car il y a des choses que je préfère garder pour moi, ne m’en veux pas. Chérie, je veux te protéger de ce qu’il va se produire dans peu de temps. Je ne veux pas qu’il t’arrive de mal.

- Comment pourrait-il m’arriver quelque chose ? J’ai eu un professeur excellent qui m’a appris à toujours faire attention à moi ; il ne peut rien m’arriver.

- Et si jamais… » Le maître de la ligue lança un regard en direction des maisons, surtout vers celle au bout de la baie, celle dans laquelle il vivait auprès de son amante durant tous les étés depuis des années. « C’est sans doute le moment ou jamais de faire quelque chose, lança Red le dos tourné, depuis tant d’années. Il faut au moins que je le fasse.

- Qu’entends-tu par-là ?

- J’entends que cela fait plus de quinze ans que nous sommes ensemble mais que rien n’est encore concret entre nous. »

Se retournant, il prit les deux mains de celle qu’il aimait entre les siennes et lui adressa un grand sourire. « Je n’ai pas de bague pour le moment, rien. Je pense juste que c’est le moment idéal pour te demander cela. La nuit est si belle… Pourquoi rater une telle occasion ? Je veux dire, cela fait des années et des années que nous sommes ensemble et je ne voudrais pas ne pas avoir vécu un tel instant. Cynthia, voudrais-tu être ma femme ? Pour le meilleur, comme pour le pire ? »

Face à lui, il la vit hébétée devant cette annonce, ne s’attendant sûrement pas à ce qu’il lui fasse une telle demande alors qu’ils se trouvaient tous les deux en peignoirs sur la plage de Vaguelone où tout le monde dormait à cette heure. Mais ce n’était pas pour autant que cela ne lui fit pas plaisir et elle lui sauta dans les bras. « Je prends cela comme un oui ? » En réponse, il eut simplement droit à un baiser fraîchement déposé sur ses lèvres pour son plus grand plaisir.

Cresselia lui avait dit de ne pas se gâcher la vie pour le moment, qu’il fallait qu’il pense au présent avant de tout de suite se jeter sur le futur. Alors Red faisait un peu les deux, concevant le présent en fonction du futur.

Alors qu’il ramenait Cynthia dans leur maison de la baie entre ses bras, il oublia ses rêves et Clément, ou tout ce qui se rattachait à cela. Pour la première fois depuis des semaines, il allait enfin consacrer toute une nuit à celle qui allait être son épouse.

 

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