Chapitre 3 : Je m’appelle Ghost

Tour Céleste – Cinq jours avant

« Capitaine Ghost, vous êtes certains que c’est ici que nous devons le trouver ?

- Absolument. »

Le capitaine n’était pas d’humeur à répondre aux questions de ses hommes, ce n’était vraiment pas le moment. De toute manière, peut-être que chacun allait trouver la mort durant cette opération ; pourquoi répondre aux questions de cadavres ? Sans doute qu’ils allaient perdre la vie, ne jamais revenir ; tant pis. Le chef lui avait autorisé de les perdre tous s’il le fallait du moment qu’il revienne avec leur proie. Il ne s’était pas fait de soucis pour son meilleur élément, certain que ce dernier s’en tirerait quoi qu’il arrive.

Pour l’opération, il ne leur avait confié que quelques pokémons, dont deux se trouvaient dans sa poche. Il était équipé alors d’un Mackogneur et d’un Raichu, même si cela lui importait peu, il n’avait que faire de ces pauvres bêtes. L’homme à côté de lui possédait un Crocorible, et un autre avait dans sa poche un Nosferapti, dans le cas où il serait nécessaire de partir en éclaireur sur le terrain. Car il les pokémons n’étaient pas fait pour les combats, d’après Ghost, mais cela restait des alliés de poids dans beaucoup de situation.

« Je ne vois aucune tour pour le moment, le brouillard ne se dissipe pas et il sera bientôt impossible d’avancer. Je pense qu’il va falloir s’arrêter là et revenir en arrière. »

Ghost ne répondit pas à l’homme qui près de lui le harcelait de questions et ne se sentait pas rassuré. Il savait que la tour allait apparaître dans très peu de temps, il le savait depuis qu’il avait affronté Rayquaza des années auparavant. Il pressa sa main sur la poignée de son arme, qu’il jugeait bien plus utile que n’importe quel pokémon, avide de s’en servir pour assouvir sa vengeance. Néanmoins, il garda son calme, rien ne devait réussir à le faire sortir de ses gonds, il ne fallait en aucun cas tuer le gros lézard vert ; du moins sa mort n’était pas pour aujourd’hui.

« Chef, nous ne pouvons pas avancer, il va falloir faire demi-tour. Je pense que… »

A ce moment, un coup de feu résonna au travers du brouillard et un bruit d’éclaboussure le suivit. Le chef de l’escouade n’acceptait pas souvent ce genre de comportement et haïssait le fait que l’on prenne des décisions à sa place. Cet homme était allé trop loin et en avait payé le prix. « Si l’un de vous a encore quelque chose à dire c’est maintenant. Je suis sûr que les léviators se feront un plaisir de goûter à vos carcasses. » Personne ne répondit, Ghost s’en sentit satisfait. Il ne fallait rien lâcher avec ses hommes sinon on perdait vite le contrôle et son statut de supérieur. Quitte à tuer, autant le faire ; il en avait reçu l’autorisation. Un de plus ou de moins à manger, il était certain que cela ne dérangerait pas trop Rayquaza.

« Je veux que chacun d’entre vous reste bien avec son arme à la main, personne ne la pose, même pour pisser ; c’est compris ? Ensuite, je veux que tous soit attentifs, vous devez suivre chacun de mes gestes. Sachez que lorsque Rayquaza vous verra armé, plus personne ne sera en sécurité. Si l’un de vous s’enfuit, sachez aussi que ce sera moi qui le traquerait et mettra fin à ses jours. J’ai été clair ? »

Une approbation générale suivit ses paroles tandis que le brouillard commençait à disparaitre autour d’eux si bien qu’ils purent bientôt distinguer les bateaux à moteur qu’ils pilotaient en direction de la tour. Cette dernière apparut d’ailleurs quelques secondes après, s’élevant au-dessus de la mer telle son indomptable gardienne. Elle était gigantesque et magnifique à la fois. Chacun des hommes qu’il avait conduit jusqu’à son pied levèrent les yeux d’un air ébahis, lui restant stoïque, concentré sur le combat qui allait avoir lieu dans très peu de temps.

« Chef, pensez-vous qu’il nous a repéré de là-haut ? demanda l’un de ses hommes inquiet à juste titre par le gardien du ciel. »

Ghost, en réponse à ce dernier, leva les yeux au ciel et observa le sommet de la tour de derrière sa cagoule. Il se mit à sourire. « Je pense qu’il sait que nous arrivons. Sa présence ne m’est pas inconnue comme la mienne pour lui…

- Vous voulez dire que vous avez déjà rencontré Rayquaza avant cela ? s’étonna l’homme qui lui avait posé la question et qui pilotait le bateau à côté du sien.
- Il se rappelle même de moi… Pas vrai gros lézard ! »

Le chef de l’escouade riait au moment où il avait crié cette phrase, amusé par la situation et comme heureux de retrouver le légendaire qu’il avait affronté dans le temps. De son unique œil, l’homme observa le sommet de la tour en souriant, jusqu’à temps qu’un cri terrifiant lui répondit, le faisant rire de plus belle.

« Je dois dire que cela ne me rassure pas du tout, reprit le pilote de la barque alors qu’il s’échouait sur la petite plage en face de l’immense porte de la tour céleste. Il va nous attaquer ?

- Je ne sais pas, répondit le chef, j’espère en tout cas pour ne pas avoir à monter toutes ces marches. Mais autant ne rien prévoir, cette bestiole est imprévisible. »
Le groupe descendit des barques lentement, tous les soldats regardants vers le ciel comme s’attendant à voir descendre vers eux l’immense pokémon qui s’apprêtait à mettre fin à leurs vies. Ils s’avancèrent vers l’immense porte fermée de la tour, Ghost à la tête. Ce dernier mit son arme dans son dos et fouilla dans l’une de ses poches afin d’en sortir une pokéball qu’il tint quelques secondes dans sa main avant de la lancer pour faire apparaître un Mackogneur. « Défonce cette porte. »

Le pokémon de type combat lança un bref regard à son maître, serra les poings, et commença à frapper après la porte. « Je pense que ça va énerver le gros lézard, lança Ghost ironiquement en regardant vers le ciel, il n’avait pas aimé la dernière fois quand je suis rentré en douce. Alors que je casse sa petite porte… » Et en effet cela ne plût pas à Rayquaza qui poussa encore une fois un cri à en déchirer les tympans et qui eut pour effet de faire trembler tous les hommes au pied de la tour. Mais Ghost lui n’avait pas peur, il riait de cet énervement et s’en réjouissait si bien qu’il explosa d’un rire gras lorsque la porte éclata et que les deux battants s’espacèrent. « Tous derrière moi. »

Chacun des soldats commencèrent à avancer derrière l’homme qui les dirigeait, les mains plaquées contre leurs armes. Le Crocorible fut sorti de sa pokéball ainsi que le Nosferapti. Ghost rappela son Mackogneur et garda le Raichu enfermé, ce n’était pas la peine de sacrifier plus de pokémon pour un simple lézard.

Ils pénétrèrent dans la tour au centre de laquelle s’ouvraient de larges crevasses qu’ils allaient devoir enjamber ou contourner pour avancer. Elle était devenue de plus en plus impraticable avec le temps. Ghost se souvenait y être monté sans aucune difficulté la dernière fois avant de se battre avec le légendaire et de repartir le visage en sang. Cela ne se passerait pas pareil cette fois-ci… Il aurait sa vengeance et l’homme qui le payait son pokémon, il n’y avait pas de soucis à se faire. A la seule différence qu’il allait prendre à Rayquaza son œil droit, exactement comme ce dernier le lui avait fait des années auparavant.
« Comment allons-nous faire pour passer ? cria l’un des soldats en se rendant soudain compte qu’un immense trou coupait la salle en deux. »

Mais Ghost ne répondit pas, il savait que cela ne serait pas nécessaire, qu’il n’aurait pas besoin de passer la salle pour que Rayquaza leur saute au visage. Il suffisait d’attendre devant l’entrée qu’il sente la présence de celui qui avait manqué de la tuer des années avant et qu’il vienne l’attaquer directement lui et ses hommes. Et, alors même qu’il termina sa pensée, le lézard vert entra en volant par la porte et attrapa l’un des hommes de Ghost dans le dos à pleine dents, le tuant sur le coup. Il lâcha le corps en plein vol, ce dernier disparaissant dans les ténèbres.

« Alors comme ça te voilà espèce de gros lézard ! Tu viens mourir dans mes bras aujourd’hui ? » Des paroles auxquelles Rayquaza répondit d’un immense cri qui fit trembler tous les hommes. Ses yeux rouges comme la braise ne regardèrent même pas ceux qui entouraient Ghost, restant fixés sur ce dernier. « Il faut avouer que tu m’as manqué depuis notre dernier rendez-vous. Tu t’en souviens ? » Et soulevant sa cagoule, l’homme laissa voir son œil blanc et vide à toute la salle, un œil qui sembla faire trembler le pokémon légendaire. « Je suis venu le récupérer aujourd’hui. »

Le lézard ouvrit la bouche, crachant soudain un ultralaser qui vaporisa trois hommes et les réduisit à l’état de tas de cendres. Ghost ne sembla pas ému par cette perte et, plaçant son arme devant lui, il commença à tirer sur le légendaire.

Sa carapace verte résista aux balles, celles-ci étant renvoyées dans toute la salle. Les autres hommes se mirent à tirer, comprenant trop tard que l’idée était mauvaise. Une balle perdue ricocha contre le pokémon et se planta directement dans la nuque de l’un des soldats, le tuant sur le coup. Ghost ne voulait pas se laisser faire et, tandis que le légendaire s’était avancé en volant vers eux pour lancer deux autres hommes dans le vide, ce dernier lui avait sauté dessus, armé de son couteau. « Tu vas sentir ma vengeance, dit-il en tentant d’atteindre son œil. »

Mais le pokémon fut plus rapide et esquiva le coup, brutalement, l’envoyant balader contre le mur du fond et le séparant du reste de ces hommes que le Rayquaza commença à décimer. Le Crocorible lança une tempêtesable qui brouilla soudainement les yeux du chef qui se demanda lequel de ces imbéciles avait lancé cette attaque, espérant que ce dernier s’en sorte afin de le tuer de ses propres mains. « Rayquaza ! Viens te battre avec-moi si tu en as le courage ! »

Une petite masse difforme apparut à ses côtés, s’éclatant sur le mur. Tandis que le légendaire criait de nouveau, Ghost remarqua le cadavre du Nosferapti qu’ils avaient emmenés avec eux pour le bien de l’opération ; celle-ci était morte. Il ne fallait pas mettre en colère un pokémon comme Rayquaza, c’était une machine à tuer si on lui en donnait l’occasion.

Ghost avança, manquant de tomber dans le précipice, tentant de voir ce qu’il en était de la bataille.

Alors qu’il cherchait à distinguer quelque chose au travers de la tempête, cette dernière s’arrêta brusquement lorsque que le pokémon qui l’avait provoqué fut balancé dans le vide ; c’en était finit de lui aussi. Et, alors qu’il se disait cela, il remarqua qu’il était le dernier homme en vie et que le pokémon légendaire le fixait d’un air meurtrier.

« Ne t’en fais pas mon bon Rayquaza, dit-il, j’ai beau être seul mais tu sais aussi bien que moi que je compte pour un millier de ces hommes que tu viens de massacrer. Et si jamais tu oses t’en prendre à moi, saches que… » Il ne termina pas sa phrase, le légendaire s’étant jeté sur lui, ce dernier en avait profité pour l’esquiver, le laissant s’écraser contre le mur qui tint difficilement le choc mais sonna le pokémon.

Avec un sourire sur le bord des lèvres, le capitaine s’avança vers le pokémon et lui planta son arme dans l’œil droit. Puis, tandis que ce dernier était hors de combat, il sortit une simple pokéball de sa poche et le captura. Son employeur serait ravi.

 


ebtiha |
LE CERCLE RATIONNEL |
Minimax03 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PaRoDia
| car2le
| mammgoz