Chapitre 10 : L’homme à la chemise à carreaux 2/2

Azuria – Un jour après

Cet homme n’était pas un adversaire normal comme les autres. Il parlait à ses pokémons par son esprit et restait concentré sur le terrain sans dire un mot. Même si Edmund appréciait les combats de pokémons, ce dernier devenait de moins en moins agréable, c’était toujours mieux de combattre quelqu’un de sympa et détendu. Mais c’était palpitant et il avait envie de savoir l’issue de ce terrible affrontement, si possible même de le  by Browse to Save » href= »http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-chapitre&c=38914# »>gagner.

« Bon, lança Edmund en rappelant son pokémon, ça fait un-zéro. Que la deuxième manche commence ! »

Le champion d’arène se limitait pour ses paroles, remarquant que ce n’était pas la peine de parler à part pour s’adresser à un mur. Olivier comprit néanmoins les paroles d’Edmund et, sans rien ajouter ni détourner le regard du terrain, il rappela son Dracolosse et sortit de sa poche une autre pokéball.

Cette fois, Edmund ne laissa pas le temps à son adversaire et lança en l’air la pokéball qui contenait son pokémon favori, celui avec lequel il était depuis ses dix ans : Aquali. De son côté, Olivier fit entrer un jeu un superbe Alakazam, pokémon qui ressemblait énormément. Calme, posé, et concentré sur le combat, le pokémon d’Olivier ressemblait exactement à ce dernier ; cela ne faisant qu’effrayer le champion d’arène qui sentait encore une fois un lien immense entre les deux.

Pour commencer, Edmund envoya son pokémon sous l’eau afin de le mettre hors de portée et si possible de le faire perdre des yeux au pokémon adverse. Mais ce n’était pas du goût de son opposant qui fit soulever l’eau de la partie de la piscine en un terrible geyser qui propulsa l’Aquali sous les pieds du pokémon d’Olivier. « Aquali, utilise ton attaque Morsure ! »

Le pokémon du champion d’arène attrapa alors l’Alakazam par une jambe, le croquant à pleine dents. Puis, sans attendre les ordres de son maître tant il connaissait cette technique par cœur, le petit pokémon plongea dans la piscine, entrainant le second derrière lui. Olivier ne broncha pas lors de cette attaque qui fut pour le moins fulgurante, planté telle une statue de marbre à l’entrée de l’arène depuis le début de l’affrontement.

Aquali ne pouvait perdre contre aucun pokémon, il se connaissait depuis qu’il avait dix ans et avaient entre eux une confiance au-delà de tout. Dès qu’ils étaient ensembles, l’un donnait à l’autre le courage nécessaire et vice-versa. C’était bien plus qu’une relation de maître à pokémon, après Ondine, son pokémon était sans doute pour Edmund l’être avec lequel il avait le plus de lien sur cette planète. Parfois, sa femme les comparait même à un frère et une sœur.

Mais pas un des deux pokémon ne remonta à la surface, le combat se prolongeant sous l’eau de la profonde piscine dont on ne distinguait ni le fond, ni les deux combattants qui s’y était enfoncés. Une minute passa durant laquelle Edmund angoissa pour son pokémon favori, tandis qu’Olivier ne bougeait toujours pas et attendait simplement ; tout son plan semblait se dérouler à merveille et rien ne le troublait.

Au bout d’un moment, l’eau commença à bouillir et un siphon se créa à la surface. Une cuillère apparut au centre de ce tourbillon d’eau, celle d’Alakazam, prouvant que l’attaque sous-marine provenait de lui et non du petit pokémon du champion d’arène.

« Aquali ! hurla Edmund terrifié à l’idée de voir perdre son favori. » Car si Edmund espérait au moins gagner une manche de ce match, c’était bien celle-là ; il n’avait pas l’intention de laisser du terrain à son adversaire.

Et, comme pour combler ses attentes, ce dernier surgit hors du siphon et se propulsa sur un îlot, juste devant son dresseur. Le champion ne savait pas quoi penser de ce qu’il venait de se passer sous l’eau. La seule chose qu’il savait était que son pokémon s’en était sorti indemne et qu’une cuillère du pokémon adverse flottant dans un siphon.

L’attente fut interminable et dura une minute entière. Olivier fixant désormais le siphon emportant la petite cuillère de son pokémon, visiblement et ce pour la première fois depuis le début du combat. Il avait peur de perdre la manche et se sentait faible par rapport à l’Aquali qui trônait en face de lui, toujours fier et sans la moindre blessure, alors que son propre pokémon restait sous l’eau. Pour la toute première fois, le dresseur au costume à carreaux semblait stressé par la situation.

« Ne vous en faites pas, lança-t-il au champion qui commençait à se demander s’il était muet, il n’est pas hors de combat ; pas encore. » Mais le temps passait et l’Alakazam ne réapparaissait pas à la surface. Si bien que le champion d’Azuria commença à sourire de la situation, Olivier stressé, jusqu’au moment du verdict : quand Alakazam remonta évanouis des tréfonds des abysses.
« Bien joué Aquali ! s’exclama le champion tandis qu’Olivier baissait pour la première fois les yeux, visiblement déçu par la défaite de son pokémon. » Bien qu’il fût content de cette victoire, Edmund tenta de se contenir et de rester calme, surtout qu’en face de lui son adversaire semblait perdre un sang-froid.

Cela se voyait qu’il perdait son calme car, avant même que la manche fut terminé, il rappela son pokémon dans sa pokéball et en sortit une autre. « Tu ne gagneras pas cette fois, voici mon premier pokémon : Aligatueur ! »

Edmund, suivant le mouvement, rentra son propre pokémon avant de lancer le suivant : un énorme Mégapagos. « Et moi je ne t’offre qu’un simple maillon de mon équipe mais ne t’en fais pas, tous se valent à merveille et tu ne tarderas pas à le ressentir. Ce badge ne t’es pas encore acquis. Mégapagos c’est à toi ! Use de ton attaque Repli ! » Immédiatement, la tortue se rangea dans sa carapace, et plongea sous cette forme sous l’eau.

« Tu l’oublis sans doute, reprit Olivier dont la langue semblait soudain s’être délié envers Edmund, mais mon pokémon sait excellemment bien nager sous l’eau lui aussi. » En réponse à ces mots, le pokémon adverse plongea à son tour, suivit par le sourire d’Edmund qui visiblement n’attendait que cela. « Tu vas voir que la rareté du badge de cette arène dans les poches des dresseurs n’est pas seulement une légende. »

Sous l’eau, Aligatueur se déplaçait en sinuant son corps, son ombre bien distingue tout comme celle du Mégapagos qui restait en repli et ne bougeait pas, attendant la venue du pokémon adverse jusqu’à lui. « Tu sais que tu ne résisteras pas même sous repli à la force de frappe de mon pokémon ? » Et Edmund semblait le savoir mieux que personne, attendant étrangement qu’Olivier fonce sur son pokémon.

« Aligatueur, attaque guillotine ! » Edmund resta bouche-bée devant cela, guillotine étant une attaque totalement impossible à apprendre à ce pokémon ; Olivier le savait et en sourit. Sauf que l’attaque ne fonctionna pas, que le pokémon du champion d’arène disparut, et que celui d’Olivier se prit un rocher et fut projeté sur l’un des îlots de la piscine.

« Une attaque clonage, bien joué, lança Olivier. Mais ce n’est pas terminé.

- Si, ça l’est. Mégapagos, attaque lame de roc ! » Immédiatement, l’îlot sur lequel était couché le pokémon adverse se transforma en un champ de lame de pierre qui remontèrent vers le haut, frappant de plein fouet et de toute part l’Aligatueur. Ce dernier était hors combat, Edmund venait de gagner haut la main.

Etrangement, son adversaire ne répondit rien face à cette défaite. Il rangea son pokémon hors de combat et se dirigea vers la sortie en laissant dans son dos un champion dépité par ce silence. Cet homme l’intrigua grandement mais, ce qu’il ne savait pas, c’est que ce n’était que la première fois que leurs chemins se croisaient.


Archive de l'auteur

Chapitre 9 : L’île des cauchemars

Ile de la Nouvelle Lune – Un jour avant

Darkrai, le pokémon des cauchemars… C’était le plus terrifiant de tous ceux qu’il avait affronté jusque-là et à juste titre d’après ce qu’on lui avait raconté. Pour cette mission, son employeur lui avait confié des hommes ainsi que des pokémons même si lui avait insisté pour ne rien avoir du tout. Mais bon, celui qui donnait l’argent à la fin décidait de tout et c’était bien connu. Et Ghost le voulait cet argent.

« Alors c’est ici que se trouve le fameux Darkrai ! susurra Kévin, une jeune recrue excentrique qui sans problème faisait monter la moutarde au nez du capitaine. Je ne pensais pas me retrouver dans une vieille forêt pour ce genre de créature ! Je m’attendais à un manoir, des fantômes, à un décor d’horreur. »

Ghost serra les lèvres, se retenant de répliquer quoi que ce soit et encore moins de lui mettre une balle dans la tête, pourtant il en avait envie plus que tout le reste. Tu vas l’avoir ton décor d’horreur, pensa-t-il tout bas. Je t’assure que tu vas l’avoir et autant dire que tu vas vite le regretter et arrêter de faire le malin comme ça… Il ne le savait pas encore tous mais Darkrai était bien pire que tous les légendaires qu’ils pourraient affronter dans leur vie, c’était un monstre avant d’être un pokémon et il était sans doute plus rusé que n’importe quel être humain.

« A votre avis, vous pensez vraiment que vous êtes capable de le capturer sans moi ? continua Kévin à l’adresse des autres soldats sans se rendre compte que tous avaient marre de son comportement, certains lançant même quelques regards en coin vers Ghost, le suppliant de le tuer d’une simple balle dans le crâne.

- Je ne peux pas faire ça, se murmura-t-il sans que personne ne l’entende. Maintenant qu’ils sont là ce n’est plus le moment pour s’en débarrasser, au contraire, ils m’aideront à diviser les cauchemars de Darkrai… » A moins que, comme il le pensait et en avait peur, que cet atout se retourne contre lui, d’où sa décision de départ à vouloir mener cette expédition en solitaire.

Autour d’eux, les bois étaient sombres et des nappes de brouillard courraient tout autour d’eux. Au loin, un croassement retentit, glaçant le sang des soldats. Même Kévin qui se donnait en spectacle paraissait de moins en moins convaincu par la situation et ses phrases se faisaient de plus en plus discrètes.

Le vent commença à souffler autour d’eux, les plongeant comme dans un chaos incessant et soudain. Du vent, du brouillard, des cris de pokémons aux alentours… Tout cela réuni dans un même endroit avait le mérite de faire peur à plus d’un homme ; excepté le capitaine de l’escouade.

Ghost n’avait peur de rien, pas même de la mort. Il vivait avec la peur mais ne se l’accaparait pas, c’était son passe-temps, une véritable présence qui jamais n’était parvenu à le surprendre. Depuis sa plus tendre enfance, cet homme n’avait jamais ressenti le sentiment d’avoir peur. Bien entendu cela le travaillait parfois. Quel était ce sentiment ? Comment faisait les autres pour avoir peur et de quoi ? Pourquoi ne ressentait-il jamais cela ? Sans doute était-ce à cause de ce qu’il avait vécu plus jeune, peut-être…

« Chef, chef ! s’écria soudain un homme posté à côté de lui. Un Ectoplasma devant nous ! Non, non ! Il y en a plein, une centaine ! »

Comme le soldat l’avait dit, toute une troupe de pokémons spectre s’avançaient dans leur direction, sautillant à leur vue, la langue tirée et le regard fixé sur le groupe. Il semblait que les pokémons riaient de la situation, venant vers eux comme s’ils leur réservaient un sort particulièrement dur et violent. « Ne vous attardez pas sur eux, marchez dans leur direction et pensez qu’il n’existent pas. »

Mais c’était impossible pour ses hommes de se mettre cette idée en tête et il le savait clairement. Pour eux les pokémons étaient bien réels et leur mettre en tête qu’ils ne l’étaient pas serait sans aucun doute plus difficile que prévu. Et bizarrement, l’un des deux seuls qui parvint à suivre les ordres de Ghost fut Kévin, ce dernier respirant profondément avant de marcher à la suite de son capitaine qui lui avançait vers la horde de pokémons spectres d’un air déterminé.

Et comme il l’avait prévu, ces derniers n’étaient qu’une illusion au travers de laquelle il put passer sans aucune crainte. Ce n’était qu’une simple ruse fait par le dernier pokémon légendaire dont il devait se saisir pour terminer son contrat auprès de son employeur, il n’allait pas se laisser faire par la première illusion. Dans son dos le suivit Kévin qui, sans être complétement apaisé pour autant, traversa les pokémons sans même que ces derniers s’en aperçoivent, ainsi qu’un autre soldat dont Ghost ne se souvenait plus du nom.

Les autres eurent beaucoup moins de chance. Comme il l’avait lu un jour, Darkrai se nourrissait de la peur et des cauchemars de ses victimes. Pour le pokémon, l’escouade avait sans aucun doute été ressenti comme une menace donc, non content de simplement troubler l’esprit des humains, il avait décidé de tuer ceux qui s’aventuraient sur son île pour le capturer. La seule solution était de ne pas croire en ses illusions à moins de vouloir qu’elle ne devienne réelles et ne s’emparent petit à petit de l’esprit des proies du légendaires.

Des cris retentirent dans le dos de Ghost mais ce dernier ne se retourna même pas. Il savait que les pokémons, ou du moins l’illusion, était en train de mettre fin aux jours de ses soldats. C’était pour cette raison qu’il n’avait voulu de personne avec lui durant cette expédition, pas pour sauvegarder la vie de ces hommes, ça il s’en fichait ; il ne les voulait pas pour ne pas les entendre pleurer et avoir peur.

« Darkrai n’est plus très loin, chef ? demanda Kévin que l’évènement venait brusquement de le faire changer de ton. J’ai peur de ne jamais y parvenir.

- La peur est la seule arme de ce pokémon. Si tu as peur, il te tuera sans chercher à en savoir davantage. Les légendaires sont sur la défensive en ce moment, ils ont tous entendu le cri poussé par Rayquaza et la foudre tombée brutalement du ciel juste après. » Tandis qu’il disait cela, l’image d’un homme barbu aux vêtements déchiré et au visage en sang. Pour se préserver, Ghost tourna la tête. C’était normal qu’il apparaisse à ce moment-là, il savait que Darkrai allait se saisir de son point faible contre lui en envoyant cette image. Visiblement, il fut le seul à le voir.

Tandis qu’ils avançaient dans les bois sombres de l’île où se cachait Darkrai, d’autres illusions firent leurs apparitions. Un oiseau en feu traversa devant eux entre les arbres, fonçant directement sur eux. Tous retinrent leurs souffles et il les traversa comme un simple courant d’air. Puis il y eut toute une escouade de pokémons spectres, une fois de plus, puis trois Reshirams firent leur apparition sur le sentier, les traversant une fois encore, et enfin une plante mutante.

Face à elle, le dernier soldat craqua et se mit à crier. Ghost retint son souffle et se boucha les oreilles pour ne pas être influencé. Kévin en fit de même et suivit son chef sans rien dire, son égocentrisme ayant disparu avec ceux que la horde d’Ectoplasmas venait de dévorer. Suivit à ce cri un terrible et monstrueux craquement ; le soldat venait de mourir à cause d’une simple illusion.

Les deux survivants continuèrent néanmoins à avancer, ne s’occupant plus des monstres qu’ils voyaient, ni de l’ambiance lugubre de la forêt. « Darkrai va passer à la prochaine étape de son plan. Il compte nous éliminer, expliqua le capitaine, et nous allons devoir être plus malin que lui. » Tandis qu’il parlait, Ghost voyait l’homme aux vêtements déchirés apparaître de part et d’autre du sentier, c dernier le fixant d’un regard plein de reproches.

Durant une heure, peut-être deux, les survivants avancèrent sans parler, se contenant pour Kévin de résister aux cauchemars et pour Ghost d’éviter à tout prix le regard de l’homme qui les suivait depuis le début. Le temps passait lentement si bien que lorsque le capitaine regarda l’heure à son poignet, ce dernier remarqua que cela faisait dix heures qu’ils marchaient. Illusion ou réalité ? Il n’en savait rien et ça n’avait aucune importance. Il fallait se préparer à la suite du plan de Darkrai.

C’est alors que Kévin tira son arme et la pointa sur le capitaine qui, épuisé par les évènements, se contentait d’avancer sans rien dire ni bouger autre chose que ses jambes. « Lâchez cette arme mon capitaine ! cria le soldat. »

Bizarrement, ce dernier semblait écouter une réponse de sa part que Ghost ne fit jamais, et pourtant le soldat continuait : « Non je ne vous veux aucun mal, je ne veux pas de votre argent ! S’il vous plait ne m’obligeait pas à vous tuer.

- Kévin, commença Ghost, je n’ai pas mon arme sortie et je ne te veux aucun mal. Allez, range ça et continuons à marcher.

- Arrêtez ! Je sais que c’est vous ou moi, mais vous n’êtes pas obligé de me tuer pour autant.

- Kévin… Ranges cette…

- Adieu capitaine, vous ne me laissez pas le choix. »

Le coup de feu retentit et Ghost tomba sur le sol, son arme dans la main. Les illusions avaient eu raison des deux hommes et l’un d’eux venait même d’y laisser sa vie. Les mains sur le crâne, sa chute débuta, ses yeux se fermèrent, et il plongea dans les ténèbres.

Chapitre 8 : L’homme à la chemise à carreaux 1/2

Azuria – Au même moment

« Moi aussi je t’aime ma chérie et pense fort à toi. Bisous, à ce soir. »

Ondine rentrait dans une semaine normalement, le concours qu’elle passait étant interrompu pour cause d’une petite épidémie qui était tombée sur Volucité où elle devait se rendre le lendemain et qui rendait malade les pokémons. La moitié des participants étaient déjà hors-jeu avant le début du concours et ils ne pouvaient plus se permettre de lancer ce dernier, le reportant tout bêtement à l’an prochain. Sa femme allait donc passer un peu de temps seule à Unys afin de profiter quand même de son voyage, tout en évitant soigneusement Volucité pour qu’aucun de ses pokémons ne soit contaminés.

Durant ce temps, Edmund, son mari, arpentait les rues de la ville d’Azuria plongé dans ses pensées à la recherche de réponse sur sa récente expédition pendant laquelle il avait rencontré Red, ce dernier lui ayant immédiatement demandé de rentrer à Azuria en expliquant ses raisons.
Mais maintenant qu’il se retrouvait en ville, le champion d’arène s’ennuyait à mourir, se demandant quoi faire et regrettant qu’il ait dut rentrer si vite alors qu’il vivait la première de ses aventures palpitantes depuis qu’il était devenu champion d’arène. De plus, il n’avait pas croisé Clément depuis son retour en ville et cela l’inquiétait. Généralement le jeune homme se serait empressé de lui sauter dessus pour demander une vengeance, normalement car il n’avait pas donné signe de vie.

Edmund rangea son téléphone portable dans sa poche après avoir téléphoné à Ondine et prit de ses nouvelles, avant de continuer à marcher dans les rues d’Azuria, vers son arène où l’attendait la plus grande des piscines du monde. Il avait besoin d’un bon bain dans l’immédiat pour se remettre les idées en place.

Mais visiblement, le bain n’était pas de l’avis de tout le monde car, lorsqu’il arriva devant l’arène, un homme l’attendait. « Je cherche les champions d’arène de cette ville, lui lança-t-il d’une voix calme lorsqu’il le vit arriver, vous ne pourriez pas me dire où ils sont ? » L’homme qui l’avait interpellé avait sans doute une quarantaine d’années. Sur son nez pendaient de grosses lunettes de soleil, un beau costume rayé lui allant à merveille faisait ressortir son corps musclé, et ses cheveux grisonnants le séparaient de la catégorie de jeunes dresseurs qu’affrontaient généralement le couple de champion dans l’arène d’Azuria.

« Je suis le champion d’arène de cette ville, répondit Edmund en lui serrant la main. Ma femme est en vacance pour la semaine, donc je tiens seul cette arène durant son absence. Mais ne vous en faites pas ce n’est pas plus simple pour autant d’en ressortir avec le badge. Je me présente, Edmund, champion de l’arène d’Azuria.

- Enchanté, répondit le second. Olivier, voici mon nom et je viens pour vous défier. » Disant cela, il eut un petit sourire qui déforma son visage et qui rendit Edmund mal à l’aise ; le dresseur en face de lui semblait intriguant et le fait qu’il ne parle presque pas lui donnait une très mauvaise impression.

Sans un mot de plus, le champion ouvrit les portes de son arène, après tout ce n’était pas plus mal de faire un match pokémon pour se changer les idées, surtout qu’en plus de cela son adversaire donnait l’envie de se battre et l’intriguait au point qu’il avait envie d’en savoir plus sur sa manière de faire. Il allait enfin se détendre avec un bon combat et utiliser ses pokémons contre un autre adversaire que Clément, cela n’allait pas être plus mal.

« Voilà l’arène d’Azuria, résidence des champions d’arène Ondine et Edmund, spécialistes de l’eau. Bienvenue à toi et bonne chance. »

A cela, le visiteur ne répondit rien, se contentant d’un bref hochement de tête comme si ne rien dire faisait partie intégrante de sa personnalité, ce qui énerva un peu le champion d’arène qui n’était pas de ce genre de personne et n’aimait pas trop ce comportement.

Il se mit en caleçon de bain en arrivant devant la piscine, se jeta dans l’eau tête la première, et nagea jusqu’à l’autre bout de l’arène. Bien entendu, il aurait pu aller beaucoup plus vite s’il était monté sur le dos de l’un de ses pokémons mais avait préféré éviter pour ne pas les dévoiler à son adversaire avant même le début du combat. Une fois sur l’îlot opposé à celui de son adversaire, qui n’avait pas bougé d’un cheveu depuis le début de sa traversée, le champion commença à débiter une fois de plus les règles de l’arène : « Trois pokémons chacun, combat un contre un, et que le meilleur gagne. »

Sur ce, le champion n’eut même pas le temps de sortir son premier pokémon qu’un Dracolosse volait déjà au-dessus du terrain en faisant des cercles. A la vue de ce simple pokémon, Edmund comprit directement que le combat n’allait pas être de tout repos.

« Je te choisis : Kaimorse ! » Et à la vue de l’immense pokémon du champion d’arène, son adversaire ne broncha même pas, ne disant pas un mot, les yeux rivés sur ce qui était en train de se passer en face de lui.

D’entrée de jeu, Edmund fit lancer à son pokémon une attaque laser-glace que le Dracolosse esquiva facilement et enchaina par un plaquage vers le pokémon du champion d’arène. Juste avant de finir écraser sous le poids du dragon, le pokémon sauta à l’eau et s’enfonça, toujours sous les ordres de son maître, dans les tréfonds de la piscine de l’arène. Suivit à cela une puissante attaque cyclone qui obligea Kaimorse à sortir de l’eau, puis un ultralaser très puissant qui le frappa de plein fouet avant de l’envoyer à l’autre bout du terrain.

Au départ, Edmund eut peur d’être directement et si vite que cela jeté au tapis mais son pokémon, encore plus robuste que ce qu’il pensait, se releva et fit de nouveau face à son adversaire. « Je dois dire que c’est merveilleusement bien joué, lança le champion de l’arène. Mais ce n’est pas terminé, je n’ai pas dit mon dernier mot ! »

Face à lui, Olivier resta stoïque et ne répondit rien, les yeux toujours posés sur le terrain, les dents serrées.

Ce personnage intriguait et terrifiait Edmund qui ne savait pas comment prendre ce silence. Ce qui l’avait le plus étonné était aussi sans doute le fait qu’il donne sans émettre le moindre son tous ses ordres envers son équipe de pokémons. Ce n’était pas habituel chez un dresseur et Edmund n’arrivait pas à saisir sa technique pour faire parvenir sans le dire la technique à effectuer pour son Dracolosse.

Mais il n’eut pas plus le temps de penser car, quelques secondes après son attaque ultralaser, le pokémon de l’homme au costume à carreaux se jeta de nouveau sur Kaimorse pour un plaquage. Sauf que cette fois-ci, Edmund ordonna à son pokémon de ne pas bouger, puis exigea qu’il utilise une fois de plus l’attaque ultralaser lorsque le pokémon adverse descendrait en chute libre vers lui. Le Kaimorse frappa le pokémon ennemi dans le ventre, ce qui le gela directement.

Edmund enchaina directement par une attaque cascade, puis onde boréale, et enfin ball’glace dont aucune ne manqua sa cible. Le champion pensa avoir gagné face à ce spectacle mais, sans qu’il ne s’y attende, le Dracolosse parvint miraculeusement à user de l’attaque ultralaser, qui pulvérisa la glace en des centaines de morceaux qui volèrent dans toutes la pièce et attinrent le pokémon d’Edmund. De plus, l’ultralaser le touche une deuxième fois ; Kaimorse fut mis hors-jeu.

« Bien joué encore une fois, lui lança Edmund en souriant, sans avoir la moindre réponse. » Il ne savait pas à qui il avait affaire mais quoi qu’il en soit, ce dernier était vraiment très puissant.

Chapitre 7 : Ton équipe et toi

Jadielle – Juste après

« Combien de pokémons sont dans ton équipe ? demanda Red à son nouvel élève en atterrissant devant le centre pokémon de la ville. Pourquoi ceux-là ? Lesquels utilises-tu depuis le début ?

- Il y en a six, tous de type plante ! répondit fièrement le jeune homme sans s’attendre à la future réponse cinglante de son maître. Je les ais capturé pour avoir une chance de vaincre Edmund dans l’arène d’Azuria. Et j’utilise seulement mon Chétiflor depuis le départ, les autres je les change suivant mon adversaire.

- Rentre dans ce centre et dépose tous tes pokémon dans des boîtes. Je veux que tu ne ressortes qu’avec la pokéball contenant ton Chétiflor. La première règle du dresseur que tu vas devoir apprendre : qu’importe l’adversaire, tant que l’on croit en son équipe elle sortira victorieuse du combat. Tu as compris ce que cela veut dire ?

- Que je dois garder toujours les mêmes pokémons sur moi et que la conception de son équipe n’est pas question de faiblesses ? » A la réponse de son nouvel élève, Red hocha la tête en souriant ; si déjà ce dernier comprenait cela, alors cela allait être encore plus simple qu’il ne le pensait. « Je t’attends ici, reprit Red, dépêches-toi. »

Le jeune homme qu’il avait rencontré avait un énorme potentiel, Red en était certain, mais il ne savait pas comment se comporter avec ses pokémons et c’était son plus grand défaut. Le maître de la ligue alluma une cigarette en attendant le jeune dresseur et s’adossa au mur du centre, la Dracaufeu toujours à ses côtés et prêt à partir de nouveau dès que son maître lui en donnerait l’ordre. Pour le moment il lui suffisait de faire réagir Clément sur certains points essentiels qui pouvaient faire la différence dans un combat pokémon. Il pouvait devenir beaucoup plus fort si quelqu’un lui donnait sa chance ; Red était cette personne-là car il avait vu énormément de potentiel chez le garçon et s’était de plus dit qu’il ne se trouvait pas au mont argenté par hasard, que c’était sans doute le destin qui l’avait envoyé.

Quelque chose troublait les pensées du maître ces derniers temps, si bien qu’il commençait à croire que quelque chose allait se produire. Il avait entendu des cris dans le ciel quelques jours auparavant et la foudre avait frappé la terre violemment la nuit suivante, puis il avait entendu parler d’une île à Hoenn sur laquelle un ouragan ce serait déchainé deux jours après. Puis, enfin, il avait fait un terrible cauchemar la nuit passée, lui montrant l’avenir du monde : une destruction sans nom. Et les hommes rassemblés sur le mont argenté n’étaient pas là pour le rassurer.

Avec toutes ces conditions réunies, le jeune dresseur rencontré sur le mont argenté ne pouvait pas être là par hasard, c’était le destin et Red était persuadé qu’il aurait son rôle à jouer dans ce qui allait suivre. A vrai dire, le maître pensait déjà aux personnes qui allaient jouer un rôle dans cette histoire, Cresselia lui en avait parlé en rêve…

« C’est bon, je suis prêt ! clama le jeune dresseur qui ressortait du centre pokémon avec seulement dans sa main une unique pokéball, celle contenant le Chétiflor que le maître lui avait demandé de garder.

- C’est parfait, répondit Red en sortant de ses pensées. Nous partons directement sur notre terrain d’entraînement, un endroit calme et loin de toute civilisation : les îles Ecume. » Sur ce, le maître de la ligue prit Clément avec lui sur le dos de son Dracaufeu afin de s’envoler une nouvelle fois vers la prochaine étape de son entraînement, le jeune homme étant impatient de découvrir ce que Red avait à lui enseigner.

Ils arrivèrent peu de temps après sur une plage, face à des grottes qui n’étaient autre que celles censées renfermer le légendaire Artikodin. Clément se sentit tout excité à l’idée de suivre enfin le fameux entraînement promis par son maître, sachant d’avance que cela ne serait sans doute pas de tout repos.

« Tu vas devoir tout d’abord te concentrer sur mes paroles, sur mes gestes et sur tous ce que je vais te dire et t’enseigner à partir de maintenant. Nous allons y aller pas après pas, lentement, pour que tu puisses apprendre. Je ne vais pas te faire combattre tout de suite, nous allons commencer par les bases. Compris ?

- Je suis prêt, maître ! approuva Clément en hochant la tête d’un air déterminé qui fit plaisir à Red et le fit sourire.

- Je vais te confier un pokémon pour la durée d’une heure seulement. Je veux que ce pokémon te soit totalement inconnu pour voir comment tu vas t’occuper de lui. Les règles sont simples : il ne doit pas rentrer dans sa pokéball et je veux voir une complicité entre vous très rapidement. C’est partit. »

Le maître de la ligue s’avança alors vers son élève et plaça dans sa main une pokéball qu’il venait de sortir de son sac peu de temps auparavant. Ce qui se révéla être la première étape de l’entraînement étonna beaucoup le jeune dresseur qui s’attendait à combattre contre le maître pour perdre et que ce dernier lui montre ses erreurs avant de recommencer à nouveau. Mais visiblement, Red était aussi sage que le disait la rumeur.

« Je te laisse te débrouiller à présent. » Une fois ces paroles lancées, le maître se retira à l’écart et se posa sur un rocher de la plage, ouvrit un livre, et commença à lire tout en fixant son élève afin de pouvoir juger de la progression de ce dernier.

De son côté, Clément se retrouvait seul avec sa pokéball entre les mains sans trop savoir quoi faire ni quel pokémon se trouvait à l’intérieur. Néanmoins, et pour être digne du maître qui l’avait choisi comme élève, le jeune homme tendit la main devant lui et laissa sortir de sa pokéball un superbe Evoli dont il allait devoir s’occuper durant une heure entière.

Au départ il ne sut pas comment s’y prendre avec son nouvel ami, celui-ci paraissant sauvage aux premiers et s’étant éloigné de lui, les oreilles baissées. Le jeune homme s’accroupit alors et tendant la main vers lui, il s’adressa pour la première fois au petit pokémon : « Bonjour… hésita-t-il. Je suis un dresseur et vais devoir m’occuper de toi pendant une heure. » Même si ces paroles paraissait naïve, elles semblèrent rassurer le pokémon qui fit quelques pas en sa direction, un peu plus rassuré par la présence de ce nouveau dresseur. De son rocher, Red eut un premier sourire en voyant se tisser un lien entre les deux personnages. Si tout se passait comme il le prévoyait, Clément aurait sa surprise à la fin de la séance.

Au départ, l’humain comme le pokémon semblait intimidé par la présence de l’autre, quelque chose qui fut bien vite surpassé par la confiance qu’eu Evoli en Clément. Le dresseur lui tendit une barre de céréale qu’il avait prise avant de partir le matin même dans sa poche et la partagea avec le pokémon, ce geste semblant beaucoup plaire à ce dernier. Pour finir, au bout de seulement deux minutes, le petit pokémon se glissa dans les jambes du dresseur et se frotta amicalement contre lui afin de lui montrer qu’il l’acceptait comme dresseur, un geste que ce dernier apprécia tout spécialement.

A quelques mètres de là, sur son rocher, le maître de la ligue lisait son livre tout en observant les progrès du jeune dresseur. Quand il vit le pokémon au bout de deux minutes se frotter à lui, il comprit alors que le rêve de Cresselia n’était pas un hasard et que les personnes qu’il y avait vues avaient bien un rôle à jouer dans ce qui allait se passer, dans ce nouveau crépuscule qui allait s’abattre sur le monde.

Et le jeune homme qu’il entraînait en ce moment n’allait pas jouer le plus petit de ces rôles. Il savait depuis leur rencontre qu’il était là pour cela tout comme les autres et que cela se déciderait lors du grand final. Malheureusement, il ne savait pas si tous étaient prêts à jouer comme c’était prévu, et c’était pour cela qu’il devait faire gagner le jeune homme en maturité ; c’était nécessaire s’il voulait parvenir à vaincre.

L’Evoli sautillait déjà autour de son nouveau maître qui semblait avoir oublié l’entraînement et se concentrait sur le pokémon avec lequel il était sans le savoir en train de tisser de puissants liens d’amitié. Seul Red voyait que ces deux personnages commençaient à s’entendre à merveille, si bien que Clément sortit même de sa pokéball son Chétiflor afin de le présenter à son nouvel ami, oubliant presque qu’il ne lui appartenait pas, étant la propriété du maître de la ligue.

Pour un premier entraînement, celui-ci se déroula rapidement ; Clément ne pensait même plus à l’entraînement et ne pensais qu’à l’Evoli avec lequel il s’entrainait à merveille, tandis que Red était plongé dans ses pensées et observait les progrès de son élève et son comportement envers le pokémon qu’il lui avait confié. A la fin de l’heure, le maître s’avança vers l’élève en souriant.

« Cette première séance était vraiment génial, lança ce dernier satisfait par l’entraînement de Red, j’ai appris plus là que dans tous mes combats fac à Edmund !
- Et qu’à tu appris exactement ? lui demanda le maître.

- Qu’une bonne équipe de pokémon se forme sur la confiance et les liens créés entre le dresseur et ses compagnons, répondit-il sans la moindre hésitation.

- Dans ce cas tu as compris l’essentiel. Et pour te féliciter des liens que tu as formés avec deux pokémons, car Red avait aussi remarqué une bonne complicité entre son élève et son Chétiflor, je te donne cet Evoli en cadeau. Il sera mieux avec toi. »

L’élève n’en crut pas ses oreilles et, tout ébahit et heureux à la fois, il remercia son maître qui porta un regard sur le nouveau pokémon de Clément, lui aussi heureux d’avoir trouvé son maître.

Chapitre 6 : Nouvelle rencontre

Mont Argenté – Quelques heures après l’arrivée d’Edmund

« Que fais-tu là ? C’est trop dangereux pour quelqu’un de ton âge. »

Clément se retourna vivement, surprit d’avoir été interpellé alors qu’il gravissait les pentes du mont à la recherche du champion d’arène d’Azuria pour une revanche. La vérité était aussi qu’il voulait savoir ce qu’il lui manquait pour devenir maître pokémon et qu’il voulait aussi l’aider à vaincre le groupe de personne qui avait tiré sur un homme plusieurs heures avant. Mais alors qu’il commençait à monter, il avait vite été arrêté par la voix d’un homme qui résonna dans son dos.

Ce dernier était vêtu entièrement de rouge et une casquette de même couleur penchée sur son visage le dissimulait totalement. De la neige parsemait encore ses vêtements, prouvant par ce fait qu’il venait du sommet de la montagne au moment où il avait croisé la route du jeune homme.

« Je cherche un ami à moi qui est venu ici, répondit Clément non sans être pour le moins apeuré de s’être retrouvé avec l’un des terroristes dont le maire avait parlé. Il est venu ici il y a quelques heures pour en savoir plus sur des hommes armés installés ici.

- Et il est repartit dès qu’il a vu la première patrouille. J’ai vu Edmund il y a une heure environ et je lui ai ordonné de rentrer directement à Azuria, il n’avait rien à faire ici et je me charge de tout. Je sais déjà beaucoup de chose sur eux mais ne peut malheureusement rien faire pour le moment.

- Pourquoi ? Et qui êtes-vous ?

- Tout simplement car ces hommes m’ont fait comprendre dans un message radio qu’ils avaient volés une cinquantaine de pokémons innocents et n’hésiterais pas à tous les exécuter si jamais qui que ce soit tentait quelque chose. J’ai les mains liées ; pour le moment du moins… »

Le jeune dresseur pokémon fixa l’homme qui se tenait en face de lui. Ce dernier devait être âgé au plus d’une trentaine d’année et faisait ressortir de lui comme un sentiment de sagesse et de force que Clément n’avait vu pour le moment que chez très peu de dresseurs. Il avait quelque chose en plus des autres et cela rendait admiratif le jeune homme qui ressentait soudainement énormément de respect à l’égard de son interlocuteur.

Ce dernier avança alors vers lui et il put distinguer son visage auparavant dissimulé par l’ombre de sa casquette. Des traits fins apparurent au jeune homme, des yeux bleus à la foi sévères mais doux se posèrent sur lui. Face à eux, Clément se sentit mal à l’aise, ayant comme l’impression que l’homme qui se tenait devant lui était en train de sonder son âme et de mettre à nu sa personnalité. Et, quand ce fut enfin terminé, ses lèvres bougèrent et il annonça qui il était : « Je m’appelle Red, maître de la ligue pokémon. »

Il n’en crut alors pas ses yeux. Bien entendu il avait à son look assez spécial pensé durant un moment que ce puisse être Red qui se tenait devant lui mais, les pieds sur terre, le jeune homme s’était refusé de le croire. Mais maintenant c’était certain, le maître de la ligue se tenait bel et bien devant lui et semblait même s’intéresser au dresseur qu’il était.

« Pardonnes-moi de ma curiosité, reprit le maître, mais j’aimerais savoir ce que tu fais au mont argenté aujourd’hui ? De plus si tu sais ce qu’il s’y passe… Ce n’est sans doute pas seulement pour retrouver Edmund… »

Clément qui était habituellement de nature timide se dévoila pourtant à Red, pensant qu’il ne fallait pas refuser des réponses à un homme comme lui. Il lui raconta ses innombrables match contre le champion d’Azuria, ses changements d’équipes constants pour tenter de le déstabiliser, et termina par leur dernier match, brutalement interrompu par l’annonce du maire. En face de lui, le maître ressenti sa peine et sa volonté et sembla ému de ce discours. Lorsqu’il avait vu le jeune dresseur pour la première fois quelques minutes auparavant, il avait tout de suite remarqué qu’il avait un immense potentiel inexploité. Désormais, Red avait quelques projets pour lui.

« Est-ce que cela te dirais de devenir mon élève ? lui lança-t-il en voyant directement se dessiner de la stupeur sur le visage de ce dernier. Je pense que tu en aurais grandement besoin et que même quelques jours te seront amplement bénéfiques. » Ces paroles rendirent le jeune homme stupéfait, n’en croyant pas ses oreilles ; devenir l’élève du maître de la ligue était pour lui aussi inconcevable que parvenir à battre Edmund un jour.

« Je vais t’apprendre ce qu’il y a à savoir sur le combat de pokémon, sur leur apprentissage, et sur le comportement que tu dois avoir envers eux pour réussir. Je passe mes journées au mont argenté dès que je ne suis pas à la ligue, à attendre des dresseurs assez courageux pour venir jusqu’à moi. Mais je dois avouer que je n’ai que très rarement vu une lueur telle que celle qui brille dans tes yeux… Ça me rappelle Pierre et Cynthia, mes deux premiers apprentis… »

Devant autant de compliments, le jeune homme ne sut plus trop quoi dire, gêné par les paroles du maître. Ce dernier, dans le but de le rassurer pour le moment et comprenant son état de choc, lui demanda alors de se taire et de simplement l’écouter. « Nous allons aller nous entraîner dès maintenant, mais pas ici, c’est devenu beaucoup trop dangereux depuis quelques temps et j’ai fait fermer le site ; d’ailleurs je n’arrive pas à croire que tu sois parvenu à rentrer… Bref, partons ! »

Red lança une pokéball en l’air afin d’en faire sortir un magnifique Dracaufeu sur le dos duquel il monta avant de saisir la main de Clément et de le faire grimper derrière lui. Dans un nuage de poussière provoqué par les ailes du pokémon, le maître et l’élève s’envolèrent loin du mont argenté et de tous ses problèmes.

Chapitre 5 : L’énigme de l’île Aurore

Ile Aurore – Trois jours avant

Ghost n’avait pas voulu d’hommes à ses côtés cette fois. Contre Rayquaza, des boucliers humains avaient étés une bonne chose mais ce serait inutile contre celui qu’il devait ramener aujourd’hui. Il n’avait pas à se venger cette fois, mettre hors d’état de combattre le légendaire serait suffisant pour le capturer et le ramener à son employeur. De plus, après s’être renseigné il avait découvert qu’il faudrait un minimum de matière grise pour résoudre l’énigme qui permettrait d’aller jusqu’à sa proie du jour. Le chef lui avait tout expliqué la vieille avant qu’il ne prenne l’avion.

« Bien joué pour Rayquaza, lui avait-il dit, votre réputation n’est pas construite sur des rumeurs à ce que je vois… Vous valez bien tout l’argent que je vais dépenser pour vous une fois que votre travail sera terminé. Félicitation.

- Peu m’importe vos félicitations, avait-il dit. Je ne suis là que pour les milliers de pokédollars que vous finirez par me donner une fois les deux autres ramenés.

- Je ne sais pas, vous avez sérieusement amoché Rayquaza et je doute qu’au final vous ayez la totalité de la somme promise…

- Vous ne feriez pas cela, vous avez encore besoin de moi et savez très bien que ce n’est pas l’un de vos hommes qui ramènera ici Deoxys et Darkrai.

- Je vois que vous comprenez vite… »

En effet Ghost comprenait vite les choses depuis sa plus tendre enfance. Il était entraîné au combat depuis son plus jeune âge et ne lâchait jamais une affaire derrière laquelle pouvait se trouvait de gros billets. Depuis une trentaine d’année, Ghost était le chasseur de prime le plus reconnu dans tout le réseau de mafieux ou milieu bancale du monde pokémon. Il était réputé comme étant le meilleur de tous et des groupes terroristes comme la Team Rocket, la Team Magma, et d’autres l’avaient souvent appelé pour venir les aider à œuvrer. C’était d’ailleurs grâce à lui que la tour radio avait été prise de front des années auparavant à Doublonville, ou que la Team Magma avait réussi à découvrir où se cachait Groudon. Car en plus d’être un soldat d’élite, Ghost avait eu de fréquentes  by Browse to Save » href= »http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-chapitre&c=38909# »>rencontres avec les légendaires lors de ses voyages. Il n’en avait tué aucun mais certains comme Rayquaza lui avait laissés quelques souvenirs.

Ce n’était plus très important maintenant, le gros lézard avait payé l’affront qu’il lui avait fait des années auparavant et croupissait maintenant au mont argenté aux côtés de Mewtwo dans une cuve de verre. Ghost ne savait pas ce que son patron comptait faire avec les légendaires qu’il était chargé de lui ramener, excepté Mewtwo qu’il avait eu sans son aide, et il s’en moquait tant qu’il était payé au final.

Le bateau qu’il avait loué à un vieux pêcheur dans la ville de Poivressel quelques heures avant avançait vers l’île qui commençait à paraître à l’horizon. Bientôt il allait arriver et allait devoir se battre avec l’un des pokémons les plus redoutables du monde. Sauf que, si tout fonctionnait comme il l’avait prévu, il n’aurait même pas à l’affronter pour le mettre dans une pokéball, ou plutôt dans la mastrerball confié par son patron avant de partir. Il suffisait qu’il place son piège, qu’il résolve l’énigme, et tout serait terminé. Il sera alors encore plus près de son argent. Deoxys n’allait pas lui résister très longtemps ; pas comme Darkrai, mais cela c’était une autre histoire.

De loin, il put voir enfin ce à quoi ressemblait l’ile Aurore dont il avait lu énormément de choses pour être au courant de ce qui se trouvait là-bas si jamais il y était un jour amené à y mettre les pieds. Et comme à chaque fois que Ghost faisait quelque chose, cela n’avait pas été dans le vide et, même s’il s’était renseigné dix ans avant, cela devenait utile ici après tant de temps.

Il y avait comme il l’avait lu une sorte de triangle sur un petit ilot minuscule auquel on avait donné le nom d’île. Personne ne s’aventurait jamais ici, les gens avait trop peur de ce qu’il s’y passait. On parlait d’une vieille magie, d’une île pleine de fantôme et de vieux esprits farceurs. Mais Ghost savait que cela ne ressemblait en rien à cela, qu’il n’y avait pas plus de sorcellerie sur cette île qu’une pointe de tendresse pour Rayquaza dans son cœur. Ce n’était que les facéties d’un extraterrestre qui s’était installé ici après être tombé du ciel et qui n’était cité que dans quelques ouvrages scientifiques ; peu de personne connaissait l’existence de ce pokémon, ou bien cela restait seulement de fausses rumeurs pour la plupart d’entre eux.
Pourtant le triangle sur lequel il s’était beaucoup renseigné était bel et bien en face de lui, il avançait de plus en plus vers lui et distinguait donc de mieux en mieux cet objet qui l’avait auparavant fasciné, prouvant par le fait que Deoxys était bien réel.

Dans la main de l’homme qui s’avançait vers l’île était serré le plan qu’il devait utiliser pour activer le fameux triangle qui devait annoncer la venue du légendaire. Il y avait un nombre de pas spéciaux à faire, des glyphes à activer sur la pierre dans un certain ordre, les lieux de téléportation de cette dernière ; tout était prévu pour qu’il puisse ramener Deoxys au boss. Il n’avait aucune chance d’échouer dans sa mission.

Le bateau s’échoua sur la plage de l’île et Ghost en descendit sans perdre une seule seconde, attacha le bateau, et commença à gravir les quelques rochers qui le séparaient encore de la pierre. C’était un homme qui n’avait pas de temps à perdre et qui ne voulait pas perdre une seule minute. Il avait pris Rayquaza deux jours avant et allait capturer Deoxys directement après, juste le temps de faire le voyage et voilà qu’il foulait déjà le sol de l’île Aurore dans la région d’Hoenn.

Sans attendre, il avança vers la pierre au milieu de l’île. Comme c’était marqué sur son plan cette dernière était marquée d’une dizaine de glyphes différents d’origine extraterrestre, d’après ce qu’il était dit. Dans son dos était accrochés des fusils chargés de fléchettes anesthésiantes qu’il mettrait en place une fois qu’il aura activé le premier glyphe et aura été téléporté sur la seconde île. Tout cela sera mis en place en temps voulu pour que tout soit parfait. « Deoxys ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir, marmonna le capitaine dans sa barbe en appuyant sur le glyphe en forme de code ADN. »

Une fois l’opération réalisée, un flash de lumière envahit la pièce et éblouit Ghost au point qu’il ne vit plus rien durant plusieurs secondes. Ensuite, ce dernier se sentit transporté hors de cette dimension, chaque partie de son corps lui semblant soudainement aussi légère que les plumes d’un pokémon vol. Il ne sut exactement combien de temps dura cet état étrange durant lequel il flottait dans le vide, privé de son regard, mais cela lui sembla en tout cas interminablement long avant qu’il ne sente à nouveau la terre ferme sous ses pieds, atterrit finalement sur une autre île en tout point identique à celle qu’il venait de quitter.

Ghost jeta au triangle un bref coup d’œil, ne s’attardant pas dessus et préférant retirer de son dos les deux fusils qui y étaient accrochés. Il fallait qu’il les place avant de toucher le prochain glyphe car une fois le processus enclenché, il allait devoir faire un nombre de pas stricte et en suivant un chemin précis qui ne lui laisserait pas l’occasion de placer son piège.

C’était un homme entraîné au combat depuis son plus jeune âge mais aussi habitué à la stratégie et à la ruse de telle sorte qu’il plaça ses fusils sous un angle précis et finement calculé. Par rapport au plan qui lui indiquait précisément à quel endroit le légendaire allait apparaitre, ainsi que par rapport aux points faible du légendaire qu’il connaissait sur le bout des doigts, le capitaine avait calculé la vieille à quels endroits précis il devait placer ses armes pour qu’elles atteignent leurs cibles sans aucun soucis et lui permette de réaliser un travail propre et sans le moindre dommage collatéral.

Une fois cela fait, le capitaine retourna vers la pierre en forme de triangle qui siégeait toujours au centre de l’île et lu le plan avec attention, avant d’appuyer sur le second glyphe, cette fois en forme d’astéroïde. « C’est là que commence la galère… »

Immédiatement, la stèle fut transportée ailleurs sur l’île et il dut exécuter deux pas sur le côté, puis trois vers le sud pour la rejoindre et poser son doigt sur un autre glyphe. Et le manège continua ainsi durant plusieurs minutes avant qu’il ne fasse revenir la stèle au milieu de l’île, celle-ci alors d’un rouge de braise.

« Et dire que je vais bientôt rencontrer le fameux pokémon légendaire venu de l’espace… murmura le capitaine sur un ton de fierté. » De tous les légendaires connus sur ce monde jusqu’à ce jour, Deoxys était sans doute l’un des plus envié par Ghost. Entre le mythe, la science-fiction, et le pokémon, ce dernier avait toujours inspiré beaucoup de curiosité chez le capitaine, une curiosité qu’il désirait à tous prix assouvir ce jour-là. En plus de cela, cette curiosité maladive pour les pokémons légendaires était rémunérée ; que demander de plus ?

L’homme qui était considéré par tous les réseaux mafieux du monde pokémon comme le meilleur chasseur de prime au monde s’avança lentement vers la pierre en forme de triangle. Dans l’une de ses mains, il tenait le plan de la marche à suive dont il n’avait désormais plus besoin, tandis que dans l’autre se trouvait serré l’interrupteur qui allait servir à enclencher les deux fusils une fois Deoxys apparu. En arrivant devant la pierre, le capitaine lâcha le plan sur le sol.

Face à la stèle, il avança sa main vers le dernier glyphe : la représentation du pokémon légendaire qu’il était venu chercher jusqu’ici. Et, tandis qu’il appuyait dessus, un deuxième flash de lumière illumina l’île. Même s’il ne voyait rien du spectacle se déroulant sous ses yeux, Ghost enclencha sans hésiter son dispositif visant à capturer le pokémon sans lui laisser la moindre chance. A cela suivit deux bruits sourds et la chute d’un corps.

Voilà que même la masterball en devenait inutile dans ce genre de situation, pensa-t-il lorsque le brouillard se dissipa et qu’il vit Deoxys allongé sur le sol, deux fléchettes dans le cou. « Et voilà un pas de plus vers la fortune ! sembla-t-il s’écrier, fou de joie. Désolé pour toi, reprit-il à l’encontre du légendaire, mais on ne m’a pas laissé le choix. Ton sort ne dépend plus de moi à présent. »

Et il captura le pokémon légendaire sans plus d’émotion, ça devenait une simple habitude.

Chapitre 4 : La rencontre

Mont Argenté – Quelques heures après le départ d’Edmund

Le champion d’arène sentit comme un vent de peine et de rancœur effleurer son visage tandis qu’il tentait de gravir les flancs du mont argenté. Les pokémons avaient disparus de ce lieu, il n’en avait croisé aucun sur sa route depuis son arrivée et s’inquiétait un peu de cette absence. Une certaine pression se faisait sentir dans l’atmosphère et il sentit que tout ne tournait pas rond dans le coin. Le monde dans lequel il vivait n’était pas celui dans lequel il progressait désormais et cela se ressentait clairement.

Depuis qu’il était devenu champion d’arène d’Azuria, le jeune homme n’avait jamais été envoyé pour une mission de cette envergure et se sentait bien à l’idée d’avoir autant de responsabilités sur ses épaules. Encore une fois depuis son mariage et l’affectation à ce poste qui avait suivi ce dernier, il fut fier d’avoir été nommé champion d’arène et de s’être marié avec celle qu’il considérait comme la plus belle femme du monde.

Pendant toute son ascension de la montagne, il repensa aux deux années qui avaient précédé ce moment.

Il se souvint de cette nuit sur le bateau de croisière dans la région d’Unys durant laquelle il l’avait vu pour la première fois. Ses cheveux roux qui baignaient à la lumière des étoiles lui avaient donné un peu comme une impression de magie si bien que, durant une heure entière, il avait observé Ondine sur le pont du navire sans oser l’approcher. C’était la première fois qu’une femme provoqua un tel engouement chez lui. Ses mains semblaient douces et fines, ses yeux l’envoûtaient, et il s’attardait ridiculement sur chaque partie de son petit corps de femme comme le fait un stupide amoureux doucement bercé par les illusions d’un coup de foudre éthéré. Sauf que cela n’en était rien.

Plus tard dans la soirée, c’était Ondine elle-même qui s’était avancée vers lui, dans son coin il était déjà en train de l’observer quand elle vint vers lui et commença à entamer la discussion. Depuis un moment, il avait remarqué qu’elle aussi lui rendait ses regards timides qu’il avait envers elle, même que cette dernière semblait rougir et détournait les yeux à chaque fois qu’Edmund la voyait faire. Il ne savait pour autant quoi en penser jusqu’à temps qu’elle vienne directement à lui.

« Bonjour, lui lança-t-elle timidement, je m’appelle Ondine. »

Et là il se souvenait être resté comme un idiot face à cette superbe femme sans savoir quoi dire ni quoi faire. Généralement, il avait toujours été à l’aise avec les femmes même s’il n’était jamais vraiment tombé amoureux et que ses deux seules relations de sa vie s’étaient terminées au bout de seulement quelques mois. Mais là il sentait autre chose, une sinistre force qui lui serrait les tripes et l’empêchait de faire quoi que ce soit ; cela sembla amuser la jeune femme qui lui sourit.

« C’est la première fois que vous faites cette croisière ? reprit Ondine. Elle est superbe, je monte très souvent sur ce bateau et je dois dire que je ne m’en lasse jamais. On rencontre toujours des gens sympas et les combats de pokémons ne sont pas rares.

- Sans doute, parvint à répondre maladroitement Edmund. Je n’ai pour le moment rencontré que très peu de monde. Je passe à vrai dire mes journées dans ma cabine à travailler sans sortir. J’ai enfin ce soir décidé de prendre un peu l’air. »

Elle semblait envouté par lui, ses yeux suivaient ses lèvres, avant de remonter vers les siens afin qu’il puisse observer les étoiles qui y brillaient. Au départ, Edmund trouva la scène naïve comme celles que l’on pouvait voir dans les comédies romantiques à bon marché. Mais naïve ou pas, cela restait son histoire et il savait depuis qu’il avait posé les yeux sur elle qu’elle possédait quelque chose qui lui plaisait par-dessus tout, quelque chose qu’il n’avait jamais trouvé auparavant chez une autre femme de ce monde.

« Et vous travaillez sur quoi dans votre cabine ? continua la jeune femme en souriant, intéressée par la vie de cet homme.

- On peut se tutoyer ? demanda Edmund gêné par ce vouvoiement. En fait, reprit-il une fois qu’elle eut hochée la tête afin d’accepter sa demande, je travaille pour le Professeur Chen depuis deux ans dans le cadre de ses recherche sur l’évolution.

- Très intéressant. Et tu veux rester longtemps dans ce milieu ?

- A vrai dire, répondit-il, j’ai déposé ma démission il y a environ un mois et je quitte le laboratoire dans deux semaines. Je n’en pouvais plus de ce vieil homme, il perd la tête. Si tu savais… Hier encore il me demandait si j’étais un homme ou une femme et quel était mon nom. »
La jeune femme éclata de rire devant les paroles d’Edmund et il sentit qu’ils étaient en train de se lier rapidement. De son côté, Ondine se sentait aussi attirée par l’homme avec lequel elle parlait. Elle non plus n’avait pas eu beaucoup d’histoire d’amour dans sa vie à part une deux ans avant avec un homme qui s’était résumé à un simple rendez-vous au nord d’Azuria. Il y avait aussi Sacha lorsqu’elle était jeune qui avait tenté de l’embrasser mais elle avait refusée, elle trouvait ce garçon beaucoup trop bête.

« Tu ne m’as toujours pas dis ton nom, reprit la jeune femme en souriant. »

Edmund lui avoua alors comment il s’appelait et, sur le pont du bateau de croisière, une belle histoire sembla commencer. Elle lui parla d’elle, de sa jeunesse en tant que championne d’arène, de son périple au travers le monde accompagné par Sacha et Pierre. Les yeux dans les yeux, elle enchaina avec ses plus belles victoires contre les dresseurs dans l’arène d’Azuria, de sa passion pour tous les pokémons de type eau. A cela, Edmund répondit que lui aussi adorait ce type de pokémon et ne se battait avec aucun autre. Ils échangèrent alors au sujet de leurs fidèles compagnons, les comparant et se demandant lesquels étaient les plus forts et les plus beaux, arrivant simplement à la conclusion que le type eau surpassait tous les autres.

« Je peux t’inviter à prendre un verre avec moi ? lui demanda Edmund en prenant sa main dans la sienne.

- Désolé mais je n’ai pas vraiment envie de cela maintenant… répondit-elle en baissant les yeux.

- Mais alors que veux-tu ? »

Devant les étoiles et la mer comme seuls témoins d’un spectacle qui restera à jamais gravé dans leurs cœur, Ondine prit l’homme qu’elle venait de rencontrer et mena les lèvres de ce dernier jusqu’aux siennes. Et sur le pont du navire, sous un ciel illuminé, deux personnes qui jamais de leur vie n’avaient connus l’amour venaient de se lier éternellement en une heure de temps. Ils avaient chacun attendus de rencontrer la personne idéale et venaient de voir leurs vœux soudainement réalisés. Ce baiser représenter tout pour eux.

Ondine, relâchant les lèvres d’Edmund en souriant l’enlaça et glissa quelques mots dans son oreille : « Je sais que c’est totalement fou après si peu de temps mais je t’aime. Je n’ai jamais rencontrée d’autres hommes dans ma vie, à trente ans pourtant, mais je suis certain d’être dans les bras du bon en ce moment. » Une histoire naïve et romantique à souhait comme dans les vieux films d’amour au scénario bancale. Mais cela n’avait aucune importance, il l’avait pour lui seul et s’en satisfaisait.

Il se souvint pour terminer de la fin de la soirée, de cette folle nuit où chacun avait offert pour la toute première fois son corps et où il ne regretta pas d’avoir attendu si longtemps pour le faire. Elle était merveilleuse et sa vie ne pourrait plus être sans sa présence.

Quelques mois plus tard, ils se marièrent et tinrent jusqu’à ce moment où il gravissait lentement le mont argenté, en espérant que cela dure encore longtemps après. Tandis qu’il montait encore et encore sans voir le moindre signe de vie, Edmund repensait aux moments de sa vie qui faisait qu’il en était là aujourd’hui, souriant de sa bonne fortune et heureux de son sort. Il ne pouvait rêver mieux alors de ce qu’il possédait.

Tournant la tête il aperçut malheureusement quelque chose qui allait mettre fin à ses méditations : une patrouille d’hommes en noir arpentait le sentier quelques mètres en dessous de lui, tous l’arme à la main.

Chapitre 3 : Je m’appelle Ghost

Tour Céleste – Cinq jours avant

« Capitaine Ghost, vous êtes certains que c’est ici que nous devons le trouver ?

- Absolument. »

Le capitaine n’était pas d’humeur à répondre aux questions de ses hommes, ce n’était vraiment pas le moment. De toute manière, peut-être que chacun allait trouver la mort durant cette opération ; pourquoi répondre aux questions de cadavres ? Sans doute qu’ils allaient perdre la vie, ne jamais revenir ; tant pis. Le chef lui avait autorisé de les perdre tous s’il le fallait du moment qu’il revienne avec leur proie. Il ne s’était pas fait de soucis pour son meilleur élément, certain que ce dernier s’en tirerait quoi qu’il arrive.

Pour l’opération, il ne leur avait confié que quelques pokémons, dont deux se trouvaient dans sa poche. Il était équipé alors d’un Mackogneur et d’un Raichu, même si cela lui importait peu, il n’avait que faire de ces pauvres bêtes. L’homme à côté de lui possédait un Crocorible, et un autre avait dans sa poche un Nosferapti, dans le cas où il serait nécessaire de partir en éclaireur sur le terrain. Car il les pokémons n’étaient pas fait pour les combats, d’après Ghost, mais cela restait des alliés de poids dans beaucoup de situation.

« Je ne vois aucune tour pour le moment, le brouillard ne se dissipe pas et il sera bientôt impossible d’avancer. Je pense qu’il va falloir s’arrêter là et revenir en arrière. »

Ghost ne répondit pas à l’homme qui près de lui le harcelait de questions et ne se sentait pas rassuré. Il savait que la tour allait apparaître dans très peu de temps, il le savait depuis qu’il avait affronté Rayquaza des années auparavant. Il pressa sa main sur la poignée de son arme, qu’il jugeait bien plus utile que n’importe quel pokémon, avide de s’en servir pour assouvir sa vengeance. Néanmoins, il garda son calme, rien ne devait réussir à le faire sortir de ses gonds, il ne fallait en aucun cas tuer le gros lézard vert ; du moins sa mort n’était pas pour aujourd’hui.

« Chef, nous ne pouvons pas avancer, il va falloir faire demi-tour. Je pense que… »

A ce moment, un coup de feu résonna au travers du brouillard et un bruit d’éclaboussure le suivit. Le chef de l’escouade n’acceptait pas souvent ce genre de comportement et haïssait le fait que l’on prenne des décisions à sa place. Cet homme était allé trop loin et en avait payé le prix. « Si l’un de vous a encore quelque chose à dire c’est maintenant. Je suis sûr que les léviators se feront un plaisir de goûter à vos carcasses. » Personne ne répondit, Ghost s’en sentit satisfait. Il ne fallait rien lâcher avec ses hommes sinon on perdait vite le contrôle et son statut de supérieur. Quitte à tuer, autant le faire ; il en avait reçu l’autorisation. Un de plus ou de moins à manger, il était certain que cela ne dérangerait pas trop Rayquaza.

« Je veux que chacun d’entre vous reste bien avec son arme à la main, personne ne la pose, même pour pisser ; c’est compris ? Ensuite, je veux que tous soit attentifs, vous devez suivre chacun de mes gestes. Sachez que lorsque Rayquaza vous verra armé, plus personne ne sera en sécurité. Si l’un de vous s’enfuit, sachez aussi que ce sera moi qui le traquerait et mettra fin à ses jours. J’ai été clair ? »

Une approbation générale suivit ses paroles tandis que le brouillard commençait à disparaitre autour d’eux si bien qu’ils purent bientôt distinguer les bateaux à moteur qu’ils pilotaient en direction de la tour. Cette dernière apparut d’ailleurs quelques secondes après, s’élevant au-dessus de la mer telle son indomptable gardienne. Elle était gigantesque et magnifique à la fois. Chacun des hommes qu’il avait conduit jusqu’à son pied levèrent les yeux d’un air ébahis, lui restant stoïque, concentré sur le combat qui allait avoir lieu dans très peu de temps.

« Chef, pensez-vous qu’il nous a repéré de là-haut ? demanda l’un de ses hommes inquiet à juste titre par le gardien du ciel. »

Ghost, en réponse à ce dernier, leva les yeux au ciel et observa le sommet de la tour de derrière sa cagoule. Il se mit à sourire. « Je pense qu’il sait que nous arrivons. Sa présence ne m’est pas inconnue comme la mienne pour lui…

- Vous voulez dire que vous avez déjà rencontré Rayquaza avant cela ? s’étonna l’homme qui lui avait posé la question et qui pilotait le bateau à côté du sien.
- Il se rappelle même de moi… Pas vrai gros lézard ! »

Le chef de l’escouade riait au moment où il avait crié cette phrase, amusé par la situation et comme heureux de retrouver le légendaire qu’il avait affronté dans le temps. De son unique œil, l’homme observa le sommet de la tour en souriant, jusqu’à temps qu’un cri terrifiant lui répondit, le faisant rire de plus belle.

« Je dois dire que cela ne me rassure pas du tout, reprit le pilote de la barque alors qu’il s’échouait sur la petite plage en face de l’immense porte de la tour céleste. Il va nous attaquer ?

- Je ne sais pas, répondit le chef, j’espère en tout cas pour ne pas avoir à monter toutes ces marches. Mais autant ne rien prévoir, cette bestiole est imprévisible. »
Le groupe descendit des barques lentement, tous les soldats regardants vers le ciel comme s’attendant à voir descendre vers eux l’immense pokémon qui s’apprêtait à mettre fin à leurs vies. Ils s’avancèrent vers l’immense porte fermée de la tour, Ghost à la tête. Ce dernier mit son arme dans son dos et fouilla dans l’une de ses poches afin d’en sortir une pokéball qu’il tint quelques secondes dans sa main avant de la lancer pour faire apparaître un Mackogneur. « Défonce cette porte. »

Le pokémon de type combat lança un bref regard à son maître, serra les poings, et commença à frapper après la porte. « Je pense que ça va énerver le gros lézard, lança Ghost ironiquement en regardant vers le ciel, il n’avait pas aimé la dernière fois quand je suis rentré en douce. Alors que je casse sa petite porte… » Et en effet cela ne plût pas à Rayquaza qui poussa encore une fois un cri à en déchirer les tympans et qui eut pour effet de faire trembler tous les hommes au pied de la tour. Mais Ghost lui n’avait pas peur, il riait de cet énervement et s’en réjouissait si bien qu’il explosa d’un rire gras lorsque la porte éclata et que les deux battants s’espacèrent. « Tous derrière moi. »

Chacun des soldats commencèrent à avancer derrière l’homme qui les dirigeait, les mains plaquées contre leurs armes. Le Crocorible fut sorti de sa pokéball ainsi que le Nosferapti. Ghost rappela son Mackogneur et garda le Raichu enfermé, ce n’était pas la peine de sacrifier plus de pokémon pour un simple lézard.

Ils pénétrèrent dans la tour au centre de laquelle s’ouvraient de larges crevasses qu’ils allaient devoir enjamber ou contourner pour avancer. Elle était devenue de plus en plus impraticable avec le temps. Ghost se souvenait y être monté sans aucune difficulté la dernière fois avant de se battre avec le légendaire et de repartir le visage en sang. Cela ne se passerait pas pareil cette fois-ci… Il aurait sa vengeance et l’homme qui le payait son pokémon, il n’y avait pas de soucis à se faire. A la seule différence qu’il allait prendre à Rayquaza son œil droit, exactement comme ce dernier le lui avait fait des années auparavant.
« Comment allons-nous faire pour passer ? cria l’un des soldats en se rendant soudain compte qu’un immense trou coupait la salle en deux. »

Mais Ghost ne répondit pas, il savait que cela ne serait pas nécessaire, qu’il n’aurait pas besoin de passer la salle pour que Rayquaza leur saute au visage. Il suffisait d’attendre devant l’entrée qu’il sente la présence de celui qui avait manqué de la tuer des années avant et qu’il vienne l’attaquer directement lui et ses hommes. Et, alors même qu’il termina sa pensée, le lézard vert entra en volant par la porte et attrapa l’un des hommes de Ghost dans le dos à pleine dents, le tuant sur le coup. Il lâcha le corps en plein vol, ce dernier disparaissant dans les ténèbres.

« Alors comme ça te voilà espèce de gros lézard ! Tu viens mourir dans mes bras aujourd’hui ? » Des paroles auxquelles Rayquaza répondit d’un immense cri qui fit trembler tous les hommes. Ses yeux rouges comme la braise ne regardèrent même pas ceux qui entouraient Ghost, restant fixés sur ce dernier. « Il faut avouer que tu m’as manqué depuis notre dernier rendez-vous. Tu t’en souviens ? » Et soulevant sa cagoule, l’homme laissa voir son œil blanc et vide à toute la salle, un œil qui sembla faire trembler le pokémon légendaire. « Je suis venu le récupérer aujourd’hui. »

Le lézard ouvrit la bouche, crachant soudain un ultralaser qui vaporisa trois hommes et les réduisit à l’état de tas de cendres. Ghost ne sembla pas ému par cette perte et, plaçant son arme devant lui, il commença à tirer sur le légendaire.

Sa carapace verte résista aux balles, celles-ci étant renvoyées dans toute la salle. Les autres hommes se mirent à tirer, comprenant trop tard que l’idée était mauvaise. Une balle perdue ricocha contre le pokémon et se planta directement dans la nuque de l’un des soldats, le tuant sur le coup. Ghost ne voulait pas se laisser faire et, tandis que le légendaire s’était avancé en volant vers eux pour lancer deux autres hommes dans le vide, ce dernier lui avait sauté dessus, armé de son couteau. « Tu vas sentir ma vengeance, dit-il en tentant d’atteindre son œil. »

Mais le pokémon fut plus rapide et esquiva le coup, brutalement, l’envoyant balader contre le mur du fond et le séparant du reste de ces hommes que le Rayquaza commença à décimer. Le Crocorible lança une tempêtesable qui brouilla soudainement les yeux du chef qui se demanda lequel de ces imbéciles avait lancé cette attaque, espérant que ce dernier s’en sorte afin de le tuer de ses propres mains. « Rayquaza ! Viens te battre avec-moi si tu en as le courage ! »

Une petite masse difforme apparut à ses côtés, s’éclatant sur le mur. Tandis que le légendaire criait de nouveau, Ghost remarqua le cadavre du Nosferapti qu’ils avaient emmenés avec eux pour le bien de l’opération ; celle-ci était morte. Il ne fallait pas mettre en colère un pokémon comme Rayquaza, c’était une machine à tuer si on lui en donnait l’occasion.

Ghost avança, manquant de tomber dans le précipice, tentant de voir ce qu’il en était de la bataille.

Alors qu’il cherchait à distinguer quelque chose au travers de la tempête, cette dernière s’arrêta brusquement lorsque que le pokémon qui l’avait provoqué fut balancé dans le vide ; c’en était finit de lui aussi. Et, alors qu’il se disait cela, il remarqua qu’il était le dernier homme en vie et que le pokémon légendaire le fixait d’un air meurtrier.

« Ne t’en fais pas mon bon Rayquaza, dit-il, j’ai beau être seul mais tu sais aussi bien que moi que je compte pour un millier de ces hommes que tu viens de massacrer. Et si jamais tu oses t’en prendre à moi, saches que… » Il ne termina pas sa phrase, le légendaire s’étant jeté sur lui, ce dernier en avait profité pour l’esquiver, le laissant s’écraser contre le mur qui tint difficilement le choc mais sonna le pokémon.

Avec un sourire sur le bord des lèvres, le capitaine s’avança vers le pokémon et lui planta son arme dans l’œil droit. Puis, tandis que ce dernier était hors de combat, il sortit une simple pokéball de sa poche et le captura. Son employeur serait ravi.

Chapitre 2 : Une attaque

Azuria

« J’aimerais en savoir un peu plus avant de me jeter tête baissée au Mont Argenté. Je préfère ne pas avoir à faire un voyage à vide. Et puis laissez Pierre là où il est, je vous en prie, il est juste bon à draguer les infirmières des centres pokémons. »

Edmund et le maire d’Azuria marchait côte à côté d’un pas lent, tous deux préoccupés par leurs lourdes responsabilités et se demandant qui pouvait être les hommes qui avaient attaqués le montagnard avant de le blesser d’une balle dans l’épaule. Le maire avait peur que la terreur qu’avait instaurée la Team Rocket des années auparavant reprenne son cours une fois de plus et qu’ils aient à nouveau le devoir de défaire un groupuscule terroriste, même si ce n’était pas l’avis d’Edmund qui les qualifiait la plupart du temps de guignols.

« Je vais rappeler Pierre sur le champs et lui dire que c’est inutile de se déplacer dans ce cas, répondit le maire après une légère hésitation. Dommage que votre femme ne soit pas là pour partir avec vous, cela aurait été beaucoup plus simple.

- Désolé mais Ondine est en voyage à Unys pour encore un mois et elle ne rentrera sous aucun prétexte.

- Qu’y fait-elle si ce n’est pas indiscret ?

- Juste un concours de beauté pour dresseur et pokémon et la connaissant, elle voudra gagner à tout prix. Autant dire que je ne m’attend pas à la voir de nouveau à la maison avant au moins les quarts de finale. »

Les deux hommes marchaient en direction de l’hôpital dans lequel se trouvait le montagnard, le champion préparant déjà dans sa tête un plan d’attaque.

« Pensez-vous que c’est l’œuvre de la Team Rocket ? demanda finalement le maire que la question tiraillait depuis l’arrivé d cet homme blessé en vile. »

Pour la première fois depuis qu’il avait appris la nouvelle, Edmund se mit à rire. La question du maire l’amusa tellement qu’il ria au point que les passants se retournèrent sur son chemin.

« En quoi ce que j’ai dit est drôle ?

- Excusez-moi Monsieur Hory, répondit le champion en se contenant du mieux qu’il put, mais je considère la Team Rocket comme une bande d’incapable. Hors, nous avons parlé d’un groupe armé, pas seulement de quelques types en noir utilisant des Ratatas et des Nosferaptis.

- Ils furent un réel danger à une époque je vous rappelle, reprit le maire choqué par les propos d’Edmund.

- Tout simplement car personne n’a fait son travail et que vous avez préféré laisser Red les affronter seul à seul. »

L’homme ne répondit pas et baissa les yeux, visiblement vexé par les propos tenus par le champion. Il ne pensait pas comme lui que la Team Rocket n’était qu’une affaire simple à régler, mais avouait en lui-même que personne n’avait été là pour faire son travail.

Tandis qu’ils parlaient entre eux de cet évènement pour le moins surprenant à Kanto, car il arrivait rarement de voir ici des blessés par balle, les deux hommes étaient arrivés devant la porte de l’hôpital d’Azuria.

« Il vous attend à l’intérieur, annonça le maire de la ville. Je l’ai prévenu que vous voudriez sans doute le voir afin de lui poser quelques questions.

- Alors allons-y. »

Le champion poussa la porte à double battants et se retrouva accompagné du maire dans le hall.
Peu d’infirmières et de médecins travaillaient à cet endroit, une dizaine tout au plus. Il faut dire qu’il n’y avait pas souvent beaucoup de travail, Azuria restant une petite ville construite au pied du mont sélénite en ne comptant qu’une petite centaine d’habitants. La majeure partie de leur travail se résumait à des vaccins ou quelques blessures superficielles, si bien que la secrétaire avait l’air de s’ennuyer derrière son bureau de par le manque de travail qu’il y avait ici.

« Nous venons voir l’homme qu’on vous a amené ici il y a une heure, lança le maire en arrivant devant elle.

- Il vous attend, chambre 10. »

Sans même dire un merci à la secrétaire, qui n’avait pas relevé non plus les yeux vers eux pour leur parler, ce dernier tourna les talons et s’enfonça dans le couloir sur leur droite, le champion d’arène sur ses talons.

« Il est encore un peu sous le choc, le prévint le maire. Évitez de trop le brusquer.

- Ne vous en faites pas pour cela. »

Le maire poussa alors la porte de la chambre précédemment indiquée par la secrétaire et entra.
Dans la pièce blanche de l’hôpital, le jeune montagnard les attendait, couché sur son lit. Le champion remarqua qu’il était très jeune, sa barbe n’ayant même pas encore poussée, et qu’il avait l’air traumatisé par ce qui venait de lui arriver.

Bien entendu, il trouvait cela normal. Dans ce monde les hommes avaient appris à régler leurs différends par des combats de pokémons, il était donc rare d’être attaqué en se faisant tirer dessus. Cela ne devait arriver que deux ou trois fois par ans au maximum, souvent par un psychopathe qui avait trouvé une arme la vieille et avait un peu trop d’alcool dans le sang.
Edmund se rappela le meurtre qu’il y avait eu l’année dernière. Un homme vivant à Parmanie avait tué indirectement le facteur de la ville avec son Démolosse. Il battait d’après la police son chien chaque jour depuis sa naissance, si bien que lorsque le facteur avait ouvert la porte pour donner un paquet à son maître, le pokémon lui avait arraché la tête et brûlé le corps. L’homme avait ensuite en rentrant chez lui tué par la rage son pokémon, avant de cacher les deux corps dans un des lacs du parc safari.

Et même après cela, certaines personnes continuaient à croire que le monde des pokémons étaient peuplé de personnes aimables qui ne pouvaient faire de mal à personne. Ce n’était pas le cas. Deux mois avant, un dresseur fou de colère avait tenté d’assassiner Red à coups de couteaux après sa défaite ; un homme qui se trouvait maintenant dans une geôle de la prison de Céladopole.

« Vous avez eu de nouvelles informations depuis tout à l’heure ? demanda le montagnard au maire en sortant Edmund de ses pensées.

- Pas la moindre. Mais Edmund, le champion de la ville, va nous aider à recueillir des informations sur le groupe qui vous a attaqués. »

Le montagnard se tourna alors vers le champion afin de le saluer d’un rapide hochement de la tête, un salut qui lui fut rendu par ce dernier.

« Faites attention à vous, lui recommanda-t-il. De ce que j’ai pu voir ils étaient au moins cinq à m’avoir tirés dessus.

- Comment cela s’est passé ? demanda le champion désireux d’en savoir plus.

- Je gravissais le mont argenté dans le but de rencontrer Red, le maître de la ligue, simplement pour une photo avec lui prise au sommet du mont. Sauf qu’une fois presque arrivé au sommet, j’ai croisé un groupe d’hommes vêtus de noir. Trouvant tout ça louche, je me suis caché derrière des rochers et les ait contourné. J’ai alors continués à avancer un peu, gravissant les rochers du mont, essoufflé, le froid me tiraillant les tripes, quand j’ai entendu quelques coups de feu au loin.

- Attendez, le coupa le champion qui venait de se rendre compte de quelque chose, vous dites que cela s’est passé au mont argenté, alors comment se fait-il que vous soyez arrivé à Azuria après cela.

- J’ai fait confiance à mon Ptera. Quand j’ai vu les hommes armés venir vers moi en tirant, je suis monté sur son dos et lui ai demandé de m’emmener à la première ville qu’il trouverait. Les balles n’ont pas pu percer sa peau mais l’une d’elle m’a touché à l’épaule et je me suis évanoui. C’est grâce à Ptera que je suis ici. »

Un long silence suivit les explications du jeune homme, le champion d’arène plongé dans ses pensées et se demandant ce qu’il fallait faire désormais contre les hommes qui venait d’agresser un homme. Visiblement, c’était une organisation secrète, leur nombre l’indiquait clairement. La question restait : que pouvaient-ils bien avoir à faire sur le mont argenté ? C’était ce qu’il allait tenter de découvrir.

« Je pars sur le champs, annonça-t-il aux deux autres hommes. Il n’y a plus une seconde à perdre. Je ne sais pas ce qu’il se trame là-haut mais cela ne me dis rien qui vaille.

- Vous pensez qu’il y a de quoi se faire du souci ? reprit le maire.

- J’en suis certain. »

Sans même attendre, le champion sortit de la chambre et se précipita en dehors de l’hôpital. Il sortit son Békipan de sa pokéball, monta sur son dos, et s’envola sous le regard dubitatif de Clément qui venait de ranimer son Chétiflor au centre pokémon, déçu de l’interruption de son match avec le champion d’Azuria.

Chapitre 1 : Edmund

Arène d’Azuria – Quelques jours avant

« Tu te sens prêt ? Je te rappelle que c’est la dixième fois cette semaine que tu m’affrontes ; sans doute aussi la dixième fois que tu vas perdre.

- Et je te rappelle t’avoir promis qu’aujourd’hui était le jour de ta défaite.

- Nous verrons cela. »

Edmund se prépara à combattre, sortant sa première pokéball de sa poche. Il n’avait pas peur de l’issue du combat qui allait débuter dans quelques secondes, peut-être juste un peu mal à l’idée de battre une fois de plus le garçon qui venait l’affronter encore et encore. Enfin, c’était son rôle de champion d’arène après tout.

« Je connais tous tes pokémons sur le bout des doigts, toutes tes attaques, tes stratégies, et j’ai capturé et entraîné une équipe contre laquelle tu es faible ; c’est impossible que je perde !

- Tu as aussi dit cela à ma femme la semaine dernière, tu me l’as répété lundi dernier, et tu me dis cela à chaque fois que l’on se croise depuis trois mois Clément…

- Les temps ont changés désormais !

- En une journée ? Depuis ta défaite d’hier ? »

Le jeune dresseur face à lui ne parlait plus, même s’il savait ses paroles blessantes, Edmund voulait à tout prix le décourager de remettre les pieds dans l’arène d’Azuria. Sa femme, Ondine, qui était championne d’arène depuis des années et avec laquelle il partageait l’arène depuis leur mariage deux ans avant, l’avait battu environ une trentaine de fois ; lui ne comptait même plus. Il était triste pour lui mais, en tant que champion, il lui était totalement interdit de refuser un combat et ne pouvait que mettre à terre un à un les pokémons du garçon jour après jour sans que ce dernier n’obtienne jamais son badge.

Depuis qu’il l’affrontait, Edmund n’avait pas fait qu’apprendre les techniques du jeune homme de seize ans, il éprouvait de plus en plus d’affection pour lui et le traitait presque comme son fils. Et, même si l’envie de lui donner le badge écume sans qu’il ne gagne aucun match le tiraillait, le devoir le rappelait à l’ordre dans son subconscient, empêchant le garçon de parvenir à ses fins.

« Bon, je te rappelle encore une fois les règles de l’arène…

- Ne t’en fais pas, je les connais sur le bout des doigts : trois pokémons, un à la fois sur le terrain, tout objet est strictement interdit. Passons au match ! »

Un petit sourire étira la moustache du champion. Ce dernier était grand, beau, bien musclé, et se battait en short de bain comme il en avait l’habitude. C’était une personne franche qui aimait aider les gens et faire des combats pokémons, ou les deux à la fois quand c’était possible. Il était taillé pour ce rôle de champion d’arène, de plus que les pokémons de type eau étaient les seuls avec lesquels il combattait depuis ses huit ans.

En face de lui, le garçon était d’un tout autre genre. Assez petit, les cheveux bruns mi-longs, habillé en jean et pull. Depuis qu’il le côtoyait le champion avait appris à connaitre son caractère intrépide, sa témérité, et la confiance inébranlable qu’il avait en lui. C’était un brave petit mais néanmoins, il lui manquait certaines qualités avant de pouvoir espérer obtenir le moindre badge et pouvoir un jour devenir plus qu’un simple dresseur de pokémons.

Entre les deux hommes s’étendait une immense piscine sur laquelle avaient été installés plusieurs îlots afin de permettre aux pokémons d’un type différent à l’eau de pouvoir y combattre. C’est dans ce lieu que travaillait Edmund depuis deux ans accompagné de sa femme, empêchant continuellement beaucoup de dresseurs d’ajouter un badge à leur collection.

A l’opposé de la piscine, Clément retourna la casquette qu’il avait sur sa tête, et sortit sa première pokéball tandis que celle du champion volait déjà au-dessus et de la piscine et s’ouvrait en un flash lumineux.

« Chétiflor, à toi de jouer ! »

Le minuscule pokémon plante apparut sur l’un des îlots de la piscine, le regard tourné vers le champion et l’endroit où le pokémon de ce dernier n’allait pas tarder à apparaître. Avant même le début du combat, il se tordit le cou et jeta un regard vers son maître, pas vraiment rassuré par ce qui allait se passer, le suppliant par ses yeux de le remettre dans sa pokéball.

Mais, avant même qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit, le Aquali d’Edmund était sur lui et l’écrasait de tout son poids, le projetant à l’eau. Il attrapa le malheureux Chétiflor, avant de l’entraîner vers le fond de l’eau pour le mettre hors de combat. Et, avant même que le jeune dresseur n’ait pu lancer la moindre réplique cinglante en direction du champion, son pokémon flottait à la surface, seulement bon à ramener au centre pokémon le plus proche.

« C’est terminé pour celui-ci, annonça le champion tandis que Clément le rappelait déjà. Désolé mais je préfère terminer cela rapidement, je n’aime pas te voir perdre.

- Je ne perdrais pas, sois en sûr, je vais devenir le meilleur dresseur de tous les temps et personne ne pourra m’en empêcher !

- Tu manques d’une chose… Si tu n’as pas cette chose, alors jamais tu ne deviendra maître pokémon… »

Mais avant même que le champion n’ait pu expliquer enfin au jeune homme ce qui lui manquait pour devenir maître, car il voulait depuis tout ce temps révéler enfin ce qui lui manquait afin de l’aider à progresser, les grandes portes de l’arène d’eau. Un homme apparut, essoufflé.

« Que se passe-t-il ? demanda le champion au maire d’Azuria qu’il venait de reconnaître. »

Ce dernier reprit lentement sa respiration tandis que Clément ne savait plus où se mettre, visiblement embarrassé à l’idée de se retrouver entre ces deux hommes.

« Je suis désolé d’interrompre le match, mais ton aide est nécessaire sur le champs.

- Pourquoi cela ?

- Pierre d’Argenta est aussi prévenu, nous l’avons appelé il y a dix minutes. Un voyageur a reçu une balle dans l’épaule tandis qu’il gravissait le mont argenté, il n’a pas pu voir ses agresseurs mais c’est sérieux. On a besoin de personne qualifiés immédiatement. »

Le champion rappela son Aquali dans sa pokéball et plongea dans la piscine pour rejoindre le maire.

« Vous avez des informations sur ses agresseurs ?

- Aucune, c’est pour cela que je suis venu vous demander de l’aide. Si bien sûr vous êtes d’accord…

- Je pars immédiatement, ce genre d’affaires ne peut pas attendre. Désolé Clément mais ta revanche devra attendre encore un peu. »

Mais le jeune homme n’était pas du même avis que lui et, tandis que le champion sortait en vitesse de l’arène, le maire à ses côtés, ce dernier gardait un air de déception sur son visage, la pokéball contenant son Chétiflor hors-combat encore dans sa main.

123456

ebtiha |
LE CERCLE RATIONNEL |
Minimax03 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PaRoDia
| car2le
| mammgoz