BabyZeroes : épisodes 7-12

Episode 7 : yeux vagabonds à la piscine.

Piscine municipale de Paris ; France.

   S’amuser comme un fou dans les courants de la piscine de son quartier durant des heures était sûrement l’un des passe-temps favoris de Max. Il pouvait passer des heures à tenter de dévaler les courants dans toutes les positions possibles et imaginables. Peut-être que c’était puérile pour un adolescent de seize ans, mais il s’en moquait ; Max avait appris que le regard des autres ne représentait qu’une simple aiguille dans la paume de sa main quand le siens se trouvait être un pieu planté dans sa poitrine. Il savait depuis longtemps que seul ce qui lui plaisait importait et ne comprenait pas pourquoi sa jumelle n’en faisait jamais de même. Claire n’avait personne à qui prouver qu’elle était une jeune femme exceptionnelle…

   La jeune fille se tenait assise sur le bord de la piscine, ses yeux se baladant au rythme des rapides afin de surveiller la progression de son frère. Sa mission était de le protéger contre tout. Il faut dire aussi qu’il ne l’aidait pas beaucoup dans cette tâche qu’elle s’était confiée quelques années avant cela. Le voir dévaler les courants l’amusait énormément, lui rappelant lorsqu’elle le faisait aussi à ses côtés. « Claire ! Viens nager avec moi ! Tu verras, c’est amusant. » L’ombre d’un sourire étira le bord de ses lèvres lorsque son frère lui cria, tout en faisant de grands tours de bras afin de la faire regarder dans sa direction, de venir le rejoindre.

   J’ai promis à maman de ne jamais te laisser tomber, Maxime, jamais. Pleurer ne sert plus à rien, tu te dois d’être fort désormais, tu dois tenir pour faire plaisir à papa et maman, nous n’avons plus le choix désormais. Quand ils se déclencheront, nous devrons être encore plus forts que maintenant. Tu as vu ce qui est arrivé ? Il ne faut rien lâcher. Suis-moi ! Nous partons, loin. Je dois trouver un lieu pour nous deux, pour que nous puissions survivre. Je ne te demande qu’une seule chose : les gens ne doivent jamais savoir ce dont nous sommes capables.

«  Claire, pourquoi tu ne veux pas venir avec moi ? »

   Le garçon avait nagé jusqu’à elle, posé ses mains sur ses genoux, et la regardait désormais avec de grands yeux pleins d’espoir et de peine. Sa sœur le fixa durant quelques secondes puis, ne pouvant supporter plus longtemps son regard, baissa la tête devant lui. Parce que je dois être responsable pour nous deux. Parce que maman m’a dit que j’étais la plus forte de nous deux et que je me devais d’être un exemple, des yeux, et un bouclier pour mon frère. Je suis désolé. Si seulement ces mots avaient pus sortir de sa gorge à ce moment-là… Elle aurait aimée lui dire cela… En remontant les yeux vers son frère, elle aperçut quelque chose de louche dans son dos.

   Un homme, chauve, les observait déjà depuis quelques minutes, fixement. Ses intestins firent un nœud en son ventre. Ils les avaient finalement retrouvés.

Episode 8 : mal de cheveux.

Rues de Tokyo ; Japon.

Combien de fois lui avait on dit de se méfier de l’alcool ? Entre sa mère, ses amis, son ex-copine… Mato ne comptait même plus tant le nombre était important. Tout le monde lui disait qu’un jour il ferait n’importe quoi à cause de la boisson  mais le petit japonais se fichait cruellement de toutes ces préventions débiles. Comme il le disait très souvent, il voulait simplement vivre en profitant de tous les instants.

Mais il faut dire que Mato était sérieusement sec ce jour-là. Couché sur le trottoir, devant la porte de sa maison, sa langue pendante au bord de ses lèvres… Heureusement que personne n’était ici pour le voir dans cet état. Depuis combien de temps se trouvait-il là ? Qu’est-ce que ses amis avaient bien  pus faire de lui lorsqu’il était évanouis ? Il ne pouvait avoir les réponses à ses questions.

C’est un  morceau déchiré de papier journal qui tira le japonais de sa rêverie, lui arrivant droit en pleine tête. Alors, il se rendit compte soudainement qu’il léchait le sol sale de la rue, que son genoux droit était fermement posé sur une crotte de chien, et que sa cravate était nouée autour de sa tête telle le bandana de John Rambo. Quel honte ! Jamais plus il ne touchera un gramme d’alcool, se promit-il en se levant, plus jamais.

C’est alors qu’il remarqua que tout n’était pas au plus bas pour lui en cette belle matinée. Devant lui, se dressait la porte de son appartement devant lequel ses amis avaient pris soin de le déposer une fois avoir fait de lui des choses dont il n’osait même pas en imaginer la nature. Quel imbécile je fais ! pensa-t-il en sa tête.

Mato glissa sa main dans la poche déchirée de son veston, cela sûrement du à ses péripéties de la nuit passée, et la fouilla afin d’y retrouver son trousseau de clé. Ce n’est qu’au terme d’une longue minute, son temps de réaction encore freiné par tout le saké qui avait coulé au fond de sa gorge durant la nuit, que le petit japonais d’un mètre et demi se rendit compte que le tintement pourtant fort habituel de ses clés ne parvenait pas jusqu’à ses oreilles. Il poussa sa main jusqu’au fond de sa poche, la retourna, enleva son veston dans le but de mettre sa tête dans sa poche, au cas où. Rien.

« Petits enfants de putains ! jura tout fort Mato en découvrant la perte de ses clés. Allez au diable ! »

Désespéré, et aussi épuisé par sa nuit, il s’appuya contre le mur de son appartement pour reprendre des forces. A ce moment-là, Mato sentit quelque chose prendre soudainement forme au fond de son corps, une force inconnu qui semblait surgir de son cœur et sinuer ses artères pour se transmettre à tout son organisme. D’où cela venait ? Une envie subite de vomir toute l’alcool emmagasinée ? Non, cela ne ressemblait pas du tout à cela. En tout cas, cela devait avoir un rapport avec le fait qu’il était nu comme un ver sur le sol du salon quelques secondes après.

Episode 9 : un homme étrange.

Piscine municipale de Paris ; France.

Il avançait lentement entre les cabines d’essayage de la piscine, faisant attention à chacun de ses pas pour qu’ils ne fassent aucun bruit sur le carrelage humide. L’homme veillait à ne pas glisser, à ne pas perdre pied ; cela lui arrivait bien trop souvent d’être imprudent et de trébucher comme un idiot en risquant de mettre à mal toute une mission. Cette fois-ci, il ne devait pas faire la moindre petite erreur. Ses supérieurs seraient alors très fiers de lui.

« Ils ne sont plus très loin je crois, pas vrai ? »

Le chauve se retourna pour se retrouver face à une simple cabine d’essayage. Peut-être se serait il fait soigner pour paranoïa s’il n’avait pas vu les deux pieds qui dépassaient sous la porte.

«  Vas-tu te taire ? Personne ne doit savoir que nous sommes ici, lança-t-il tout bas à l’adresse de la personne qui se tenait à l’intérieur de la cabine.

̶  Ne t’en fais pas pour ça. Je voulais juste savoir, avait répondu une voix de femme, c’est toi qui est le GPS après tout…

̶  Je ne suis pas un GPS ! Je sais juste où il se trouve, rien de plus. Maintenant, tais-toi, s’il te plaît. Je dois aller les retrouver. »

Ses jambes partirent au pas de courses afin qu’il n’entende pas la réponse de son acolyte, il n’en avait pas vraiment envie. Pourquoi était-ce toujours avec elle qu’ils le mettaient pour partir en mission ? Elle était tout simplement insupportable, et loin d’être belle en plus de cela.

Il arriva dans les douches et, pour tenir son rôle de baigneur du dimanche jusqu’au bout, se passa de l’eau sur tout le corps. Cela dura environs une minute. Ensuite, il se posa sur le bord de la piscine et regarda tout autour de lui afin de repérer ses deux proies. Cette besogne ne dura que quelques secondes. La fille fut la plus simple à repérer ; posée sur le rebord de la piscine, sans bouger. Pour le garçon, ce fut plus difficile à trouver tellement il dévalait les rapides à pleine vitesse. L’homme se mit à marcher de long en large sur le bord de la piscine, observant tout ce qu’il s’y passait, puis se posa en face de la jeune fille. Et il attendit une opportunité.

Elle était calme, gardait son frère comme un faucon garde ses petits, comme une mère envers son enfant. Dans son regard, le chauve voyait une flamme brûler intensément. Son corps se tenait droit, sa bouche fermée comme gardienne de milliers de secrets qu’elle ne voulait dévoiler. Ce n’était pas une adolescente qui se tenait en face de lui, c’était une femme, une guerrière que la vie a d’ores et déjà à son âge rendue plus forte. Il comprenait pourquoi ses supérieurs avait dit qu’elle était sûrement l’une des plus puissantes ; cela se lisait en son regard. Quant à son frère, c’était une toute autre histoire. Il n’avait pas l’air fort, voir même faible, mais les deux jeunes marchaient par deux et il ne pouvait se contenter seulement de la fille. Il lui fallait se saisir des deux en même temps.

Episode 10 : ça va chier !

Piscine municipale de Paris ; France.

Cela faisait déjà environs cinq minutes qu’il les observait, il ne s’agissait plus d’une simple coïncidence comme elle l’avait pensée au début. Les tripes de Claire se serrèrent subitement à l’intérieur de son corps à la vue de l’homme au crâne dégarni. Sa mère lui avait dit de se méfier d’eux, elle lui avait précisée qu’il les traquerait jusqu’à ce qu’il soit retrouvé. L’homme au crâne brulé… Le chauve… C’était lui.

« Max, chuchota-t-elle à son frère qui s’amusait à plonger sous l’eau juste devant elle. Arrête de faire l’imbécile ! Tu dois m’écouter. Il n’y a plus une seconde à perdre et…

̶  Ouais, gros ! »

Il était réellement insupportable et, comme d’habitude, cela énervait sa sœur au plus haut point. Mais, dans un moment comme celui qu’ils étaient en train de vivre à l’instant même, Claire ne savait comment réagir envers son frère. Son visage, plus sérieux que celui d’une statue de marbre, tournait à droite et à gauche afin de voir où était le chauve.

« Tire sur mon gros bédo ! Allez grosse, vas-y ! Choppes moi ce…

̶  La ferme ! »

Ce dernier mot avait été accompagné d’un sérieux coup de pied qui plia Max en deux. Ce dernier tomba à la renverse dans la piscine et décida en se relevant, afin de ne pas s’attirer une fois de plus les foudres de sa sœur jumelle, d’accorder plus d’attention à ses paroles.

« Nous devons partir immédiatement de la piscine. Nous sommes en grand danger ici et on ne peut se permettre d’attendre plus. Maman m’avait dit de me méfier de certaines choses et, si tu veux lui faire plaisir, tu dois l’écouter, compris ? »

Le garçon hocha la tête d’un air incertain et décidé d’obéir à sa sœur. Après tout, si leur mère lui avait dit, il se devait de l’écouter les yeux fermés. Claire fouilla le rebord de la piscine des yeux mais ne vit plus l’homme qui les guettait quelques secondes auparavant. Marchant un peu plus loin, vers la sortie, ce dernier tentait de s’enfuir par les cabines d’essayage. « Suis-moi ! cria Claire à son frère. Nous devons rattraper quelqu’un ! »

Sans attendre, Max suivit sa sœur vers les douches afin de poursuivre l’homme qu’elle avait repéré. Il trouva son comportement étrange, même si cela ne l’étonnait plus qu’à moitié venant de sa sœur. Poursuivre un chauve… Quelle folie. Leurs pieds glissaient sur le carrelage humide de la piscine, les gens les regardaient passer d’un air entre le questionnement et la pitié, et une petite fille cria même à l’adresse de sa mère qu’elle se croirait au zoo. Mais cela importait peu pour Claire, il lui fallait des réponses, et peut être même une vengeance.

L’homme s’engouffra dans une cabine et, avant même qu’il ait eu le temps de la refermer, la main de Claire s’était glissée entre elle et la porte. Elle entra à l’intérieur, sauta en maillot de bain à la gorge de l’inconnu, plaçant ses jambes de chaque côtés de son cou, et le renversa. Une fois sur lui, elle entreprit de lui bloquer ses bras à l’aide de ses pieds, et de poser une main sur sa gorge en mettant de la pression.

« Qui es-tu ? »

Aucune réponse ne sortit de la bouche de l’étranger, seulement un petit rire amusé. Il se moquait d’elle, Claire ne supportait pas cela. Son poing partit sans attendre vers le visage du chauve et, avec un craquement sinistre, lui brisa le nez.

« Parle ! Qui es-tu ? Pourquoi nous observais-tu quelques minutes avant ? »

Toujours rien, juste un sourire, un second coup de poing, en plein sur le torse cette fois-ci.

«  Dis-moi !

̶  Je suis ton destin, Claire. C’est grâce à moi que tu es celle que tu es aujourd’hui et celle que tu seras demain. »

Un craquement résonna alors soudain et une femme brune, boutonneuse et rondouillette, se tenait alors à côté d’eux. Elle posa sa main sur l’épaule du chauve, il y eu un second craquement, et ils disparurent. Claire était seule sur le carrelage froid de la cabine d’essayage, les jambes encore écartées autour d’un corps envolé et la main serrée à l’endroit où se trouvait la gorge de son ennemi deux secondes auparavant.

Episode 11 : un pouvoir pervers.

Appartement de Mato, Tokyo ; Japon.

Mato ne se réveilla que trois heures après avoir franchi le mur de son appartement sans avoir besoin d’en ouvrir la porte. Depuis cet instant, il dormait nu sur son paillasson sans montrer le moindre signe extérieur d’une envie de se lever et de se rendre compte de ce qui était en train de se passer. Ses ronflements incessants renforçaient au contraire cette impression de bien être dans lequel il se trouvait. Pourtant il était nu, totalement nu. Ses beaux vêtement de soirée n’étaient plus sur lui et tout son corps, jusqu’à ses parties génitales, était exposé aux yeux de son chat blanc qui le regardait d’un air curieux depuis environ une heure.

Ce bon gros Wasabi ne manquait pas d’air, mater à ce point Mato, son maître, mériterait même qu’il soit maté. Mais bon, il faut dire que le caractère de Wasabi ne manquait pas de piquant et il parvenait parfois même à faire monter la moutarde au nez de son maître de sorte à ce qu’il en vire au rouge piment. Sacré Wasabi…

En tous cas, Mato gisait tel un clochard sur sa carpette, étrangement à poil pour un japonais imberbe de sa tempe. Pourquoi s’était-il retrouvé dans ce triste état ? Personne ne le savait vraiment mais, ce qui était à peu près certain, c’est qu’il allait avoir une drôle de surprise en se réveillant après avoir cuvé tout son saké de la veille. Pour le moment, Mato n’était encore qu’un pauvre petit employé de banque innocent, cela allait changer dans très peu de temps. Son pouvoir était grand, très grand. Il commençait à s’actionner, ce ridicule pouvoir qui, comme tous les autres, ne servait strictement à rien.

Mato pouvait traverser les murs, tous les murs : acier, pierre, bois, terre… Mais pas seulement. Le petit japonais pouvait aussi passer au travers d’une table, d’un arbre, d’une poubelle, et même d’un corps humain… Il pouvait faire tout cela, mais sans ses vêtements.

Pour l’instant, Mato ne le savait pas, il dormait. Quel surprise allait-il avoir en se levant, quelle drôle de surprise…



Archives pour la catégorie BabyZeroes

BabyZeroes : épisodes 1-6

 

Episode 1 : le bleu est une jolie couleur ?

Sous-sols de Paris, en plein coeur du métro ; France.

   Nathan devait rallier son cour d’harmonica à l’autre bout de la ville et avait déjà plusieurs minutes de retard ; voilà ce qui se passait lorsqu’on loupe le train. Ce que le jeune homme ne savait pas c’est qu’il n’arriverait pas à l’heure au conservatoire à cause d’évènement dépassant l’imagination même de l’être humain.

   Foutu merdier ! jura-t-il intérieurement. Les odeurs d’aisselles imprégnées de sueurs chaudes n’était pas, de son point de vue, la meilleure des senteurs que le monde ait connu. Sa tête s’était ce jour là retrouvée entre la poitrine d’un vieillard et la gouttière porteuse de sueur chaude du tee-shirt d’une femme qui laissait tomber ses sudations dans les yeux du jeune garçon ; loin d’être un rêve. C’est pour cela qu’il fût en partie heureux de l’arrêt du train et de l’extinction des lumière, en effervescence devant la soudaine immobilité des passager du wagon, mais appeuré par l’état de ses mains soudainement devenue bleue.

- Tu es l’un des notres, dit une voix dans son dos, si proche qu’il pouvait sentir le souffle froid de l’homme dont elle provenait contre son cou. Tu possèdes comme moi un pouvoir hors du commun, continua-t-il face au mutisme de Nathan, et tu seras sans doute destiné à de grandes choses.

   Le jeune garçon regarda une nouvelle fois les paumes de ses mains : bleues. Une vive lumière bleue s’en échappait et venait éclairer tout le wagon.

- Pouvez-vous me dire à quoi sert ce pouvoir ? demanda ensuite le jeune homme sans même oser se retourner.

- Il ne sert à rien, reprit la voix, strictement à rien.

   La lumière se ralluma, et le train repartit comme si rien ne s’était passé.

Episode 2 : moi je ne paie pas l’entrée de la piscine.

Quelques mètres au-dessus…

- Max ! Veux tu bien cesser de faire le con ?

   Encore une fois son frère jumeau n’en faisait qu’à sa tête… Elle lui avait pourtant répété que les pouvoirs dont ils étaient dotés ne devaient pas servir à deux choses : faire le mal et casser les pieds aux grand-mères. Ce qu’il faisait en ce moment même entrait dans les deux catégories.

- Maximilien De La Batelière voulez-vous immédiatement arrêter ce que vous faites !

   Cette fois ci il l’avait entendu et avait mis fin au mouvement du tourniquet qu’il passait et repassait un nombre incalculable de fois devant les yeux médusés d’une dizaines de vieilles.

- Et à quoi servent nos pouvoirs si l’on ne peut pas s’en servir ? demanda-t-il à sa soeur sur un ton agressif une fois qu’ils furent dans les vestiaires de la piscine municipale. Permets au moins que l’on économise une quinzaine d’euros en passant gratuitement !

- Ce n’est pas parce que tu peux passer les tourniquets sans ticket que tu peux t’autoriser à être au dessus des autres, dit elle simplement à son frère avant de tourner la tête.

Episode 3 : fuir avec les mains dans les poches.

Encore en dessous…

   Nathan se pressa de fourer ses deux mains désormais bleues dans les poches de son jean. Il se retourna ensuite pour voir si personne ne l’avait remarqué, puis afin de remarquer que son étrange interlocuteur avait disparu sans laisser de trace. Comment avait il fait pour arrêter le métro et les gens à l’intérieur ? Etait-ce un de ses étranges pouvoirs inutiles dont il avait parlé ? Si oui, alors il se pourrait que ces dons ne soit pas si nuls qu’il le fait croire. Après tout il pourrait peut être même être un super-héros s’il le voulait ; même si ses mains lui faisait croire le contraire…

- Excusez-moi, lui dit une vieille dame chez qui les dents avaient été remplacées par d’énormes taches noirâtres. Pardonnez-moi mais je pense que vous ne devriez pas ainsi éttoufer le petit animal bleu que vous tenez dans votre poche.

   La vieille était certes totalement secouée mais elle avait vu juste : ses mains dépassait des poches et laissait échapper la couleur bleu qui intrigua tout les passants des alentours. Le train s’arrêta. Nathan sortit et courru sans même oser un regard en arrière.

Episode 4 : et avec de la lessive le Chat ?

Toilettes pour homme du métro de Paris.

   Il fallait que la lumière parte à tout prix, qu’importe l’homme qui lui avait parlé de ses pouvoirs dans le métro et l’étrange interruption du temps. La seule vérité pour l’instant était que les paumes de ses mains brillait d’une lumière bleue criarde qu’il avait dût camoufler en les fourrant au fond de son sac de cours. Se précipiter aux toilettes afin de trouver de l’eau et une savonette se trouvait être son unique objectif.

   Un homme en costume le regarda passer en courant, une femme ne le lâcha du regard qu’une fois l’avoir perdu de vue, et il bousculla même un ignoble punk aux odeurs corporelles douteuses qui se ravisa au dernier instant de lui courir après pour le défoncer ; après tout il n’y avait aucune utilité à défoncer un gosse. Pour Nathan, peut importait le regard des autres, il fallait juste qu’il enlève ça de ses mains.

   Il entra aux toilettes pour hommes, savonna ses mains de schtroumfs avec force, et les passa plusieurs fois sous l’eau ; ce fût inutile, elles gardaient leurs lueurs étranges. Le garçon resta interdit quelques secondes, puis se reprit. Pas de cours de musique aujourd’hui, pas d’escapade en ville avec des potes, et encore moins de McDo le soir… Il devait rentrer chez lui et réfléchir à une solution à son problème.

Episode 5 : pourquoi suis-je bleu ?

Rue de Paris.

   Un pouvoir qui ne sert strictement à rien… Où se trouve l’intérêt ? Nathan n’avait jamais compris le désarrois des supers-héros lors de la découverte de leurs pouvoirs. D’après lui, il était plus qu’important d’être exceptionnel, alors se pendre à des toiles d’araignées, se changer en homme vert surpuissant, avoir une force herculéenne, sauver le monde…, tout cela était merveilleux et il aurait fallu, de son point de vue, en être enchanté. Un héros prenait, en même temps que ses pouvoirs, des responsabilités supérieur à celle de tout humain.

   Le bruit de ses pas résonnait dans la rue en dessous de chez lui, lentement, presque en silence, sans que rien autour de lui ne viennent perturber ses pensées. Des pouvoirs, inutiles, mais des pouvoirs dans tout les cas. Qui ne rêva jamais de posséder des qualités exceptionnelles ? En tout cas pas lui. Depuis tout petit il rêvait d’avoir quelque chose en plus de ce qu’avaient généralement les êtres humains normaux ; il lui en avait toujours fallu plus, surtout après ce qu’il s’était passé au cours de son histoire il y a trois ans. Le jeune homme leva les yeux au ciel et, plaçant sa main devant son visage, droit vers le ciel, repensant à son histoire, il proclama de façon pratiquement solennelle :

- Tu sais papa, ce pouvoir, je pourrais réussir à m’en servir pour devenir une personne exceptionnelle. Peut être que tu seras fier de moi un jour grâce à cela ; où que tu sois.

   Et il sera le poing, plantant ses ongles dans sa peau, comme un signe d’une future victoire. Sans même le savoir Nathan se transformait en une autre personne, plus forte, déterminée à faire changer sa vie à l’aide d’un pouvoir. La première étape de sa quête allait être de retrouver l’homme qui lui avait parlé dans le métro afin de le pousser à lui dire ce qu’il savait sur lui et son pouvoir. Ceci était le début de son histoire.

Episode 6 : à poil Mato !

Tokyo, Japon.

- Mato, montre nous ton cul ! Matons ton cul Mato !

   Voilà ce qui se passait lorsque Mato buvait un petit verre de trop avec ses collègues le samedi soir : une beuverie sans précédent qui tourne au strip-tease. Sa tête lui tournait, ses yeux roulaient au fond de ses orbites sous l’effet de l’alcool et il se demandait au fond de lui s’il n’allait pas chavirer d’un instant à l’autre. Autour de lui, ses collègues lui hurlaient certaine chose dont il se moquait éperdument ;  Mato n’écoutait pas, il était totalement bourré. La seule et unique chose qu’il voyait encore était la bouteille de saké qu’il tenait entre ses doigts et dont le fond restant remuait d’un air provoquant comme pour l’inciter à le boire.

- Allez Mato, bois donc ton verre ! Mato, t’es pas un rigolo ?

   Mato n’aimait pas être provoqué, donc il a bu tout le reste de la bouteille, et s’est évanouie.

- Les mecs, Mato est complètement K.O ! Faisons lui une farce !

   C’est ainsi que le pauvre Mato se retrouva endormie sur les coups de deux heures du matin devant la porte de son appartement, sans ses clés.

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