Chapitre 19 : A l’assemblée des dresseurs

Assemblée du monde des dresseurs à la ligue de Kanto – Le lendemain

« Bonjour à tous ! clama Red du haut de son bureau en se levant pour être entendu de tous. Si j’ai aujourd’hui rassemblé en ces lieux cette communauté comme il ne l’a été fait que deux fois depuis que nous avons décidé de créer tous ensemble cette assemblée du monde des dresseurs, c’est parce que nous avons un énorme problème sur les bras. Vous devez sans doute en avoir entendu parler mais nous avons depuis plusieurs semaines et surtout plusieurs jours des problèmes au mont argenté avec un groupe terroriste. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il y a eu du changement… »

Red parlait bien, c’était sans doute aussi pour cela qu’il avait été élu à la majorité au poste de maître de l’assemblée devant Pierre, Iris, et Cynthia. Tout en l’écoutant, Edmund scrutait cette assemblée pour le moins impressionnante à laquelle il assistait pour la toute première fois depuis sa carrière de champion d’arène.

Cette dernière avait été instaurée par Red des années auparavant dans le simple but de maintenir l’ordre dans le monde et de s’occuper des problèmes ayant un lien avec les pokémons. Bien entendu, ils ne se rassemblaient que très peu. Cette assemblée regroupait les dresseurs les plus puissants du monde dans un même endroit pour discuter du problème concerné et tenter de trouver une solution rapide à ce dernier. Il y avait bien entendu les conseils des quatre ainsi que les quatre maîtres des ligues, ainsi que Peter qui même en étant à la retraite avait désiré assister à celle-ci, accompagnés bien évidemment par la totalité des champions d’arène de la région. Tous sans la moindre exception étaient au rendez-vous et avait attendu les premières paroles de Red avec impatience.

En plus de Peter, il y avait un autre invité surprise dans cette assemblée, une personne qui se tenait calmement assis derrière Red sans bouger et observait ce qu’il se passait. Bien entendu, Edmund avait reconnu ce dernier qui n’était autre que Clément. Néanmoins il ne parvenait pas à s’expliquer ce qu’il faisait ici, surtout que celui-ci avait disparu d’Azuria quelques jours avant sans donner aucune nouvelle, même à sa mère ; cette dernière ne se faisant aucun soucis car il était fréquent que son fils parte sans rien dire à l’aventure durant plusieurs jours. Quoi qu’il en soit, le champion d’arène fut en partie pratiquement plus étonné de la présence du jeune homme plutôt que par les paroles de Red.

A côté du champion d’Azuria se tenait sa femme avec laquelle il partageait la vedette. Durant tout le discours, les deux amoureux se tenaient la main afin de se prouver qu’ils s’étaient manqué l’un à l’autre. Ils n’avaient même pas pu profiter de leur couple, ceux-ci étant repartit dès le retour de la jeune femme.

« Les forces de polices ont vus certaines choses cette nuit qui nous permettraient d’identifier en grosse partie la menace, continuait Red qu’Edmund se forçait d’écouter malgré tout. Nous savons qu’un pokémon étrange s’est envolé du mont argenté durant la nuit avant d’y revenir deux heures après. Les hommes présents sur place ont pu prendre quelques photos mais cela ne nous avance en rien. Elles sont en ce moment dans un laboratoire spécialisé à Parmanie qui ne trouve pour l’instant aucune correspondance avec un pokémon existant. Nous ne savons donc pas ce qu’il se passe, ni de quelle menace il s’agit. Par contre, nous savons qu’un homme a quitté la montagne sur le pokémon photographié et savons depuis ce matin son identité. »

Joignant l’image à la parole, Red fit lancer dans son dos un diaporama qui laissa voir le visage d’un homme visiblement cinglé. L’homme en question avait le crâne chauve, des yeux vitreux enfoncés dans leurs orbites, et le teint très pâle. Il souriait d’un air machiavélique ce qui lui donnait comme l’impression d’être fou à lier, ce qu’il ne cachait pas vraiment au monde à vrai dire.

« Cet homme se nomme Diego Don Caroso. Il est plus connu pour être le frère de Giovanni, chef de la Team Rocket qui vient d’être cette nuit assassiné dans sa cellule à la prison de Céladopole. » La nouvelle provoqua des rumeurs dans l’assemblée, les dresseurs surpris de l’apprendre se parlant tous entre eux immédiatement.

« Silence s’il vous plait, continua Red qui n’avait pas une seconde à perdre. Giovanni a été assassiné dans d’atroces souffrances et la mère de dernier a dénoncé son fils cadet à la police cette nuit quand il a ramené la tête de son frère sur la table du salon. Diego Don Caroso est un psychopathe mais en plus de cela il mène une double vie. Ce qu’il faut savoir sur lui c’est qu’il pense avoir été durant toute sa vie quelqu’un d’exemplaire mais qui voulait seulement se venger de son frère qui était d’après lui le petit préféré de sa mère. Donc en plus d’être fou, Diego est schizophrène.

- Quelle est cette menace qui pèse sur le monde alors ? demanda Régis, le champion de Jadielle. Ce n’est après tout qu’un simple règlement de compte entre frères…

- C’est loin d’en être un. Diego a engagé un mercenaire nommé Ghost, quelqu’un de très reconnu et d’extrêmement puissant. Il a ramené au mont argenté trois pokémon légendaire dont Rayquaza, Deoxys, et Darkrai. Ce n’est plus moment de rire.

- Et tu as un plan ? reprit Régis.

- Le pokémon sur lequel s’est envolé Diego cette nuit est inconnu et nous ne savons pas de quoi il est capable à part qu’il a réduit Giovanni en bouillie. Nous devons le contrer. Je proposais d’envoyer deux de nos meilleurs champions d’arène afin d’aller lui en parler tout en relevant les épreuves placé par lui sur sa route. Ce sera extrêmement difficile et sachez que j’aurais aimé y aller moi-même, mais j’ai mon rôle à jouer et ce n’est pas celui-là. »

Aussitôt l’annonce fait, un jeune homme se leva de son siège. « Je suis partant pour tenter cette aventure ! Du moins s’il y a une fille dans le coup… » Aux paroles de Ven, un jeune champion d’arène venant d’Ondes-sur-mer, l’assemblée explosa de rire, ce qui ne fit pas pour autant rougir le jeune homme. Pierre d’Argenta, son meilleur ami, lui donna une bonne claque sur l’épaule en riant de bon cœur avec lui. Le jeune homme avait les cheveux blonds en bataille ainsi qu’un air de malice dans le fond de ses yeux.

Juste après lui, ce fut au tour de Pierre d’Argenta de lever la main, puis d’Edmund. « Non, reprit Red en direction du champion d’Azuria, j’ai d’autres projets plus intéressants pour toi. »

En même temps que Pierre, Inezia avait elle aussi levée sa main, ce qui faisait dépasser le cap des deux volontaires pour cette expédition. Lin, une jeune femme particulièrement belle et silencieuse, se porta volontaire sans dire un mot, s’assurant simplement que Red la remarque bien. Suivirent par la suite Albert et Hector, puis le Major Bob. Après une minute d’hésitation, un dernier dresseur leva la main : Steven, un garçon de presque deux mètre, baraqué comme personne, un expert des arts martiaux.

« Vu qu’il y a huit dresseurs pour cette aventure, continua Red, j’organise un tournoi à la ligue dans le stade juste derrière. Celui-ci commencera dans une heure et les champions se répartiront en deux groupes de quatre qui seront tirés au sort. Les gagnants de ces deux poules seront choisis pour mener l’aventure. Bonne chance à vous tous. »


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Chapitre 18 : Mère est patrie

Céladopole

Quelqu’un frappait à la porte depuis environ dix minutes.

Lorsque la vieille madame Don Caroso se rendit compte de cela, elle n’avait pas remarqué qu’il était trois heure du matin et n’avait pas trouvée cela étrange. Elle s’était crut en pleine après-midi lors de sa sieste, les rideaux tirés comme à son habitude et les fesses dans le canapé. Il faut aussi dire que la vieille dame n’était plus jeune, les médecins estimant sa durée de vie à seulement deux mois. En plus de cela, elle devenait complètement folle depuis que son fils aîné avait été enfermé à la prison de la ville. Même si elle lui rendait visite tous les jours, cela ne l’empêchait pas d’être triste.

Lentement, la vieille dame se leva de son lit, se tenant aux barreaux pour ne pas tomber. Elle appuya sur l’interrupteur et alluma la lumière. Au bout du couloir, quelqu’un frappait à la porte.

Si la vieille dame s’était retournée à ce moment-là, elle aurait remarqué qu’un courant d’air avait soulevé le rideau de sa chambre et laissait transparaitre par la fenêtre une somptueuse nuit noire. Mais comme elle perdait la tête, elle ne remarqua rien. « Qui c’est ? cria-t-elle de sa petite voix chevrotante. » Personne ne lui répondit.

Elle attrapa sa canne sur le bord de son lit et commença à marcher au travers de sa chambre tout en tendant l’oreille : les coups venaient de cesser. Elle pensa alors que ce pouvait être le facteur ou alors un marchand ambulant qui venait encore lui refiler ses idioties. Ce qui était certain, c’était que la vieille madame Don Caroso était loin de s’attendre à celui qu’elle allait découvrir en ouvrant la porte.

Comme à chaque fois, le couloir qu’elle devait traverser pour atteindre l’entrée de son appartement lui parut interminable. Et il lui semblait que chaque jour de plus sur cette terre rendait de plus en plus difficile sa vie et ses déplacements. Elle devenait vieille c’était certain… Et avec en plus toutes les maladies qu’elle avait sur le dos c’était logique qu’elle soit dans cet état. Mais malgré tout, la vieille dame parvint à atteindre la poignée de la porte et à la tirer vers elle avant de tomber sur son plus jeune fils.

« Diego ? lança-t-elle étonné. Que fais-tu ici après tout ce temps ? »

Sans répondre, ce dernier pénétra dans l’appartement de sa mère, tenant dans sa main un sac en toile. « Qu’y a-t-il maman ? Tu n’es même pas contente de revoir ton fils ?

- Diego ce n’est pas le problème, écoute. Cela fait des années que tu n’as passé cette porte et là tu viens en furie sans aucun motif valable. Comprend mon chéri que c’est assez précipité.

- Dis plutôt que tu te contentais de Giovanni en mon absence. » A ses mots, les yeux de la mère se plantèrent dans ceux de son fils, semblant étonné par les paroles que ce dernier venaient de dire et presque choquée par cette réaction. C’était vrai qu’elle n’avait pas vraiment envie de le voir, après tant de temps sans nouvelle elle le considérait presque comme mort et en avait fait son deuil. Alors qu’il fasse son retour et la blesse de nouveau.

« Diego… Tu sais j’ai été triste quand tu es partit de la maison… Vraiment très triste. J’en pleurais toutes les nuits, ne mangeais plus rien. Et sans ton frère qui m’est soutenu-je pense que je serais morte depuis longtemps aujourd’hui. Tu m’as fait beaucoup de peine tu sais.

- Ce ne sont que des mensonges maman et tu le sais aussi bien que moi, continua Diego que la colère gagnait peu à peu. Dis plutôt que tu ne m’as jamais aimé et que tu as toujours préférée Giovanni.

- Et c’est repartit ! pesta la mère en comprenant soudain. Tu recommence encore à me faire ton cinéma. J’ai passée l’âge de jouer à ça avec toi. Tu sais-je…

- Je veux savoir la vérité, le coupa son fils, s’il te plait maman sois franche au moins une fois dans ta vie avec moi. »

Alors la mère l’invita à s’asseoir dans le salon, son fils ne l’aidant même pas à aller jusque vers le canapé. Une fois en tête à tête, la mère regarda son fils de haut en bas d’un air accusateur, Diego remarquant dans son regard comme une pointe de dégoût. « Tu as bien changé physiquement, dit la mère, même si en dehors tu es toujours aussi dérangé.

- Que veux-tu dire par là ?

- Tu veux savoir la vérité ? reprit la mère dont la question fut suivit d’un hochement de tête de la part de son fils. Alors accroches-toi bien à ton siège. Premièrement je dois t’avouer que j’ai toujours haïs les criminels. Ne dis pas le contraire par rapport à ton frère, s’empressa-t-elle d’ajouter avant qu’il ne la coupe. Quand Giovanni à créer la Team Rocket, j’ai tout fait pour le faire changer d’avis. Mais la différence entre Giovanni et toi, c’est que lui est incapable de tuer quelqu’un. Sa passion était les combats et son arène, il a créé la Team Rocket pour rassembler assez d’argent pour créer Mewtwo et devenir le meilleur champion d’arène ; c’était tout. Tu savais tout cela peut-être ? Donc, oui, j’ai depuis toujours préféré Giovanni à toi. Je l’ai toujours préféré car mon autre fils était un malade mental.

« A cinq ans, continua la vieille dame, tu as planté un couteau sur le bureau de la maîtresse d’école et nous avons été obligé d t’envoyer en privée. Heureusement ton grand frère avait peur pour toi et t’as suivi là-bas. Mais comme il était beaucoup plus populaire que toi à l’école, tu n’as pas supporté au point de tenter de le tuer. Je ne préfère pas parler de ce passage… Tu étais enfant et voilà ce à quoi tu pensais. Voilà pourquoi il te détestait par la suite. Puis tu disséquais aussi sans cesse des pokémons sans raison, tu faisais n’importe quoi. Avec ton père, nous avions peur de toi et nous ne t’aimions pas, je dois l’avouer.

« C’est terrible d’avouer cela à son propre enfant mais je vais mourir dans peu de temps, autant le faire le cœur léger. »

Diego commença alors à rire. Tendu durant toute la discussion avec sa mère, il était heureux qu’elle ait prononcée cette dernière phrase ; cela avait au moins pour but de le détendre. Malgré toutes ces paroles dures à encaisser, il ne crut pas ce que lui avait dit sa mère, pensant encore que Giovanni était un frère indigne et qu’il n’avait rien fait pour mériter toute cette haine de la part de sa famille. Alors tendrement, et pour se venger de ce qu’elle venait de dire, Diego saisit la main de sa mère dans la sienne et bougea les lèvres : « Désolé, maman. Je ne suis pas venu ici pour que justement tu puisses mourir le cœur léger. Tu comprends, je veux que tu souffres comme moi j’ai souffert. »

Tenant toujours la main de sa mère dans la sienne, Diego ouvrit le sac en toile qu’il avait amené avec lui et en versa son contenu sur la table et, voulant ajouter plus de piquant, il mit les yeux de sa mère en face de ceux de la tête de son fils aîné. « Bonne nuit, maman. Je t’aime. »

Ce fut sous les hurlements d’une vieille femme que Diego sortit de l’appartement et rejoignit son pokémon sur le parking de l’immeuble. Toujours souriant, il monta sur son dos et s’envola.

***

En arrivant dans la cellule, il remarqua de suite que quelque chose ne tournait pas rond. Un corps était étalé en face de lui, décapité. Cette vision lui donna la nausée et il se mit à vomir. C’était trop tard pour faire quoi que ce soit. Avec un goût amer dans la bouche, il se reprocha de ne pas avoir pu arriver avant. Il se pencha au-dessus de ce qu’il restait du corps et remarqua que le meurtre était récent, sans deviner l’arme employée. Une larme roula le long de sa joue.

« Dites-moi, lança-t-il en levant les yeux au ciel, qui a fait ça à mon père ? »

Il espérait que cette nuit Cresselia lui révèle tout ce qu’il y avait à savoir et, ne voulant pas plus s’attarder sur cette vision d’horreur qui lui faisait mal, il tourna les talons vers la sortie et se cogna à la porte. « Mince ! pesta-t-il. » Dégoûté, il sortit de la prison.

Il venait de tâcher sa belle chemise à carreaux.

Chapitre 17 : Fraternité disparue

Prison de Céladopole – Une heure après

Giovanni dormait comme un bébé lorsque son frère entra dans sa cellule. Si seulement leur mère pouvait voir dans quel état pitoyable il se trouvait… C’est elle qui disait qu’il était le plus merveilleux de ces fils… Elle aurait honte.

La barbe avait poussée sur le menton de son frère, ses ongles étaient longs et  by Browse to Save » href= »http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-chapitre&c=39001# »>sales, et son visage touché par le temps lui donnait un air de vieille moisissure abandonnée à la décharge public depuis des décennies. Voilà ce qu’était désormais le grand champion d’arène et le plus beau des fistons du monde : un vulgaire déchet.

« Réveilles-toi ! lui ordonna Diego fermement en donnant un bon coup de pied entre ses côtes. J’ai à te parler sur le champ. »

Le prisonnier se tordit sur le sol et grogna, sans doute peu décidé à bouger avant le lever du soleil, et qu’importe celui qui voulait lui parler. Mais Diego ne l’entendait pas de cette oreille, lui qui était dès lors devenu l’homme le plus puissant de la terre n’allait pas se laisser faire par le chef déchu de la Team Rocket. Au second coup, Giovanni bougea un peu, avant de se réveiller au troisième, surpris à la vue de son petit frère.

Aussitôt, le prisonnier se leva afin de se précipiter dans les bras de ce dernier qui le laissa faire en souriant, attendant les paroles que son frère ne tarderait pas à prononcer. Impatient de le détruire, il attendait le meilleur moment pour en finir avec cette vieille rancune d’enfance.

« Merci mon frère d’être venu me libérer, s’exclama Giovanni. J’ai toujours su que je pouvais compter sur toi dans ce genre de situation.

- Tu mens, cracha ce dernier en le repoussant subitement. C’est de l’hypocrisie à l’état pur.

- Et alors ? Tant que nous sommes ensemble tous les deux plus rien ne compte. Dis-moi, quel est l’ancien membre de la Team Rocket qui a organisé mon évasion ? Je voudrais sans doute le féliciter à ma sortie dès ce soir. Est-ce Marc, Jean ? Non, ne me dis rien. C’est Silver, mon fils, pas vrai ? C’est lui qui t’envoie.

- A vrai dire tous ceux que tu viens de mentionner sont dans le coup, sauf Silver évidemment et c’est regrettable.

- Dans le coup, comment cela ? reprit l’ancien chef de la Team Rocket qui laissait peindre sur son visage une pointe d’appréhension.

- Je veux dire que c’est moi qui aie tout organisé… »

Subitement, le visage de Giovanni changea de forme, il savait que c’était impossible après ce qu’il lui avait fait que son frère cadet soit à l’origine de ce plan. Dans ses yeux, Diego vit passer une tonne de sentiments et de souvenirs dont il n’avait que faire avant que son grand frère ne se jette dans ses bras une fois de plus. Diego se mit à sourire. « Merci mon frère, merci d tout mon cœur. Je savais que tu étais le meilleur d’entre nous depuis le début.

- Je t’ai dit d’arrêter avec ça. On a toujours sut tous les deux ce que maman pensait de nous, tu sais comme moi que tu as toujours été l’enfant prodige et moi…

- Toi tu n’étais rien, termina Giovanni. Je suis désolé mais tu as toujours été le dernier à l’école, le dernier en amour, je t’ai même piqué ta petite amie au collège. Maman me préférait car j’étais tout simplement le meilleur d’entre nous et c’est tout à fait logique, tu ne peux pas lui reprocher cela. Au fait, comment elle va ?

- Je n’en sais rien, répondit Diego aveuglé par la haine que les paroles de son frère n’avaient fait que rendre encore plus virulentes. Et puis je ne suis pas venu pour parler, ni pour te libérer d’ailleurs. »

A cette phrase, Giovanni changea encore une fois de couleur et son teint pâlit brutalement. « Oui, mon frère, je vais te tuer. Et alors ? De toute manière tu es déjà à moitié mort. Tu croupis dans ce cachot alors que je suis dehors à commander tes anciens hommes et plus encore. Toi tu pourris ici et moi je deviens de plus en plus fort. Dis-moi, qui est le meilleur d’entre nous désormais ? Toi ? Je ne pense pas…

- Tu ne feras pas ça… bégaya son frère. Tu ne peux pas. La police te poursuivra dès qu’ils sauront que tu es entré ici.

- Tu sais, au point où j’en suis… Peu importe pour la police que je te tue ou te libère, ils me chassent déjà. De plus, trois gardiens sont morts cette nuit pour que je puisse avoir le simple plaisir d’avoir ma vengeance.

- Comment peux-tu…

- Tu te souviens de ton chef-d’œuvre ? Ton Mewtwo qui ne t’as jamais obéis et s’est enfui avant même que tu puisses l’utiliser ? J’ai refait ton expérience en améliorant un peu la chose…

- Tu as créé Mewthree ? Comment ? demanda-t-il alors en oubliant sa mort, intéressé par l’exploit de son frère.

- Je dois dire que ta création et son ADN m’ont énormément servit, reprit Diego sans prendre en compte les questions de Giovanni. Néanmoins ton pokémon n’était pas abouti du tout. En plus de ne pas être assez puissant, Mewtwo ne t’obéissais pas du tout. J’ai donc couplé les pouvoirs de ton légendaire, qui possédait l’intelligence et le contrôle mental, avec ceux de trois autres. La rapidité de Rayquaza et sa force physique ont multipliés par trente les compétences corporelles de ta création. Avec Deoxys, j’ai permis à Mewthree de pouvoir changer sa structure suivant la situation en ajoutant aussi l’ADN d’un Kecleon, lui permettant de s’adapter à n’importe quel type. Enfin, j’ai placé l’ADN de Darkrai, lui ajoutant énormément de ruse et le pouvoir de créer des illusions et de les rendre réelles, tout en multipliant les compétences de ce dernier.

- C’est impossible…

- Ce que tu ne sais pas aussi, ajouta Diego sans se soucier plus que cela de ce que pouvait dire son frère, il est entièrement programmer pour m’obéir entièrement et à personne d’autre. C’est sans doute le détail le plus soigné en ayant vu l’échec retentissant que tu as eu avec ton pokémon lors de sa création. L’avantage de Mewthree est qu’il restera fidèle à moi jusqu’à sa mort. Tu vois, mon frère, que je suis bien largement supérieur à toi.

- Tu ne me tueras pas, répondit Giovanni en voyant le changement qu’il y avait dans le regard de son frère depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Nous pourrions sans doute nous allier pour faire quelque chose d’encore meilleur. Tu pourrais utiliser mon sens de la stratégie pour mener la suite de ton plan à bien.

- C’est trop tard pour me supplier, tu aurais dût le faire il y a déjà vingt ans, répondit son frère en tournant vers la sortie. A toi de jouer, lança-t-il à quelqu’un se trouvant dans le couloir et dont son frère devina le profil, fais ce que je t’ais expliqué. Laisse-moi seulement sa tête. »

Lorsque qu’il revint dans la cellule de son frère, Diego ne put voir qu’une mare de sang et d’organe éparpillés partout à l’intérieur de cette dernière. D’un signe de tête, il salua la créature qu’il venait de créer et ramassa ce qu’il restait de son frère sur le sol : il ne restait plus qu’à livrer sa tête en cadeau à l’endroit convenu.

Chapitre 16 : Diego

Mont argenté – une nuit de juillet

L’homme vêtu d’un costume noir fixa l’horizon sans but précis. C’était maintenant que tout allait se jouer et que sa vie allait prendre un tournant décisif.

Depuis des mois, il avait tout mit en place pour que cela soit parfait. Il avait commencé par engager toute une tonne de mercenaire, avait rallié à lui d’anciens prisonniers, avant de récupérer des gars des anciennes Team de ce monde comme Rocket, Magma, Plasma, Galaxy, Aqua… Tous l’avaient rejoint sans rien dire lorsqu’il avait dit son nom et révélé qu’il avait capturé Mewtwo. Pour ce qui était de son plan, ils étaient seulement une quinzaine sur les trois cents hommes de la base à en avoir connaissance mais tous lui faisaient néanmoins aveuglément confiance.

Le seul des hommes de la base qu’il n’avait pas rallié à sa cause était Ghost, le mercenaire le plus connu du monde et qui croupissait maintenant dans l’une des geôles de la base sans pouvoir bouger. Il n’allait tout de même pas lui donner l’immense somme d’argent que ce dernier lui avait réclamé pour ce travail… Mais il ne pouvait pas le tuer non plus. Cet homme avait un potentiel énorme et il ne pouvait pas se permettre de le perdre maintenant, ni l’utiliser tant que l’arme ne serait pas prête. Ensuite, il récupérerait Ghost par la pression.

Du sommet de la montagne, il contemplait Jadielle, une petite ville pour l’instant paisible. Aucun des habitants ne se doutait de ce qu’il se passait en haut, tous pensant que les forces de police allaient l’arrêter lui et son équipe. Mais la police ne ferait rien contre lui, elle ne parviendra à rien une fois que la nuit sera passée. A vrai dire, plus personne n’y pourra plus rien dans quelques minutes.

Diego… Quel nom stupide… Sa vieille mère lui avait donné ce nom lorsqu’il était né. Mais il n’était rien au début, seulement le petit frère de Giovanni, voilà comment les gens l’appelait dans le temps. Giovanni était le petit génie, le leader de la cour de récréation, gagnant du concours de science de l’âge de dix ans à l’âge de dix-huit ans, ne loupant jamais une occasion de se faire remarquer… Même lorsqu’il avait fondé la Team Rocket, sa mère l’avait félicité en disant qu’il serait le meilleur quel que soit le domaine dans lequel il exerçait. Elle lui avait même ordonné à l’époque de servir sous les ordres de Giovanni. Ce jour-là il avait quitté l’appartement de sa mère sans lus jamais y mettre les pieds.

Les yeux posés sur l’horizon, Diego repensa à ce qu’il l’avait conduit ici. Il repensa à l’université, à son expérience en tant que dresseur, au combat qu’il avait mené contre la Team Plasma aux côtés d’un jeune homme à une époque… Avant, Diego avait toujours œuvré pour le bien des choses mais il avait maintenant le désir de rendre à son frère la monnaie de sa pièce et de prouver à sa mère qu’elle avait tort.

« Chef ! Chef ! cria un sbire en courant dans sa direction. Nous sommes en train d’enclencher le processus de création de votre arme ! Ils vous attendent tous en salle de préparation.

- Bien, répondit Diego en se frottant les mains. Allez leur dire que j’arrive immédiatement.

- A vos ordres, chef. »

Le sbire repartit en direction de la base installée dans une grotte au sommet du mont, laissant Diego seul avec ses pensées. Tout son plan était construit autour de la haine qu’il portait envers son frère et en une immense soif de pouvoir que cette dernière avait nourrie au cours des dernières années. Il devait vaincre Giovanni en l’effaçant derrière la gloire qu’il allait se créer ce soir.

D’un pas léger, l’homme en costume noir se dirigea vers l’entrée de la base, le vent balayant le petit sentier de roche qui devait l’y amener. Dans cette grotte l’attendait son destin, un destin qu’il s’était lui-même promit et qu’il avait mis en place par sa propre volonté. Sa vie avait été une longue suite de défaite, perdant face à chaque personne qu’il croisait, revoyant son frère dont il n’avait jamais atteint les chevilles. Giovanni… Champion d’arène de Jadielle, créateur de Mewtwo, fondateur de la Team Rocket… Il avait tout pour lui à l’époque avant de finir en prison à Céladopole. Mais ce n’était pas terminé et Diego savait qu’il allait recommencer à exécuter ses plans en sortant. Le problème était que ses sbires étaient désormais les siens et que son frère n’allait pas le laisser faire.

Diego entra dans la base au sommet de la montagne afin d’atterrir dans un long couloir. Il avait mis cette base en place des mois avant pour que tout soit parfait. Cette dernière avait été construite en utilisant les cavités de départ que présentait le mont argenté tout en creusant de nouvelles galeries. Elle s’étalait sous toute la montagne. C’était un immense complexe composé de couloirs sans fins, de laboratoires, de salles d’entraînement, et d’ascenseurs afin de relier la vingtaine d’étage que Diego avait pris soin d’aménager.

La salle dans laquelle il se rendait était possible d’accès par l’ascenseur principal. Seulement une dizaine de personnes possédaient le code d’accès, du moins neuf maintenant qu’il avait retiré celui de Ghost avant de le jeter dans une geôle.

Aucun sbire ne croisa son chemin alors qu’il se rendit à l’ascenseur principal. La veille, il avait réuni tout le personnel de la base en leur indiquant que le tous devront se tenir dans leurs quartiers à partir de vingt heure et ce jusqu’à l’aube ou un ordre contraire de sa part. Ses hommes avaient bien respectés ses ordres comme à chaque fois et cela lui laissait beaucoup plus de calme pour ce qu’il avait à faire cette nuit.

Fébrilement, car le chef de la base était rongé par l’impatience, ce dernier appuya sur les dix touches du clavier d l’ascenseur dans l’ordre convenu pour atteindre la salle secrète du complexe.

Dès qu’il sentit l’ascenseur descendre, un sourire s’étala sur les lèvres de Diego qui savait qu’il allait bientôt réaliser son rêve de gloire et de vengeance. Il allait devenir dans quelques secondes l’homme le plus connu de ce monde, celui qui allait en changer tous les principes et instaurer une nouvelle ère complètement différente de celle dans laquelle ils vivaient tous en ce moment. Et personne alors ne pouvait l’arrêter, c’était trop tard, bien trop tard.

La porte s’ouvrit sur une salle vide contenant simplement quatre immenses tubes de verres collés contre le mur de droite. Aucun scientifiques ne se trouvaient dans cette pièce, à vrai dire les quatre qu’il avait embauché se trouvaient tous dans la dernière, attendant avec impatience leur chef et l’argent qu’il leur avait promis ; une belle somme qui bien sûr ils ne toucheront jamais.

Diego regarda le premier tube, celui contenant Rayquaza. Le pokémon légendaire le fixait de ses yeux éternellement emplis de reproches, l’air assassin. Le chef était certain que s’il avait pu, le pokémon légendaire lui aurait foncé dessus pour l’éventrer. Mais c’était trop tard pour lui aussi, enfermé dans son tube de verre il attendait seulement de sortir pour être utilisé à leur avantage et il le savait bien. Dans le second se trouvait Deoxys, impassible, ne sachant même pas comment il en était parvenu là. Puis dans le troisième se tenait Darkrai, souriant de malice comme à son habitude et lui faisant parvenir par son simple regard toute la haine qu’il éprouvait à son égard. Des trois pokémons, il était celui qu’il craignait et admirait le plus. Quand il arriva devant le dernier tube, le chef s’arrêta un instant.

« Félicitation Giovanni pour m’avoir fourni cette merveille, marmonna-t-il. Tu as fait du bon travail. »

Il admira Mewtwo qui dormait replié sur lui-même, ce dernier était endormi sept jours sur sept pour qu’il ne tente pas de s’évader. C’était un pokémon extrêmement puissant, sans doute aussi la plus belle création de son frère ; la création d’un frère que sa gloire allait effacer à tout jamais de ce monde.

Une crampe au cœur apparut. Il était impatient de découvrir ce qu’il y avait dans la salle d’à côté, impatient de voir ce qui allait enfin faire de lui le plus grand des hommes de ce monde, plus grand que Red ou n’importe quelle personne de renommée mondiale. Ce n’était plus qu’une question de minutes, voire de secondes avant qu’il ne montre au monde sa puissance. Giovanni n’avait en fait été qu’un pion dans son plan, un simple petit pion qui lui avait donné Mewtwo ainsi que la volonté de fer qu’il avait désormais.

Alors, Diego poussa la porte donnant sur un laboratoire dans lequel quatre scientifiques l’attendaient en ligne.

« Tout est prêt ? demanda-t-il en rentrant.

- Il ne reste plus qu’à appuyer sur ce bouton, répondit l’un des quatre hommes en pointant une console qui se trouvait au centre de la salle. »

Diego s’avança alors lentement, profitant de chaque seconde de cet instant magique qu’il était en train de vivre. Il allait devenir le meilleur, le plus puissant des hommes de ce monde. Dans des siècles voire des millénaires, les enfants apprendront son nom à l’école ainsi que son histoire. Dans tous les livres, il apparaitrait en tant qu’homme le plus craint de toute une génération et les gens trembleront en entendant son nom. Ce soir, il allait devenir une légende, quelque chose d’incomparable avec le commun des mortels. Il n’était plus seulement Diego, il devenait encore plus que cela. Il n’était plus le petit frère de Giovanni, il n’était celui de personne. Cette époque était terminée désormais.

Il appuya sur le bouton, d’un air solennel.

Dans le laboratoire se trouvait un dernier tube de verre, plus imposant que les autres et rempli de brouillard. Lorsqu’il s’ouvrit, Diego vit une ombre s’avancer lentement vers lui dans la fumée. Alors qu’elle approchait celui-ci souleva la main et bougea les lèvres.

« Je te souhaite la bienvenue dans ce monde, Mewthree. »

Chapitre 15 : Avant le crépuscule

Mont argenté – Même moment

C’était cette nuit que tout allait commencer pour de bon lui avait dit Cresselia en rêve une fois de plus. Le problème était que malgré ses progrès, Clément n’était toujours pas assez fort pour vaincre ne serait-ce qu’Edmund. Red avait retenté la veille de refaire le combat entre le Boustiflor de son élève et son Pikachu sans cette fois lui laisser la moindre chance et l’avait très rapidement mit au tapis. Mais malgré cela il persévérait et c’était l’essentiel.

La journée se passait à merveille entre combats opposant maître et élève et promenade sur le mont pour tenter de trouver le dernier pokémon pouvant servir à l’élève pour composer une équipe de trois. C’était difficile car il fallait éviter de passer par l’endroit du mont argenté où les terroristes avaient pris racines. Malgré les efforts de la police de Kanto, ces derniers n’avaient rien lâchés et continuaient sur leurs lancée, capturant au contraire de plus en plus de pokémons innocents pour en faire des otages et ne pas être arrêtés. La vieille, trois Mystherbes avaient été exécutés afin de montrer l’exemple et de se garder bien en sécurité des forces de l’ordre.

« Je n’ai toujours trouvé aucun pokémon pour compléter mon équipe et vaincre Edmund, ragea le jeune dresseur en donnant un coup de pied dans un cailloux qui trainait et tirant de ses réflexions son maître.

- C’est que cela peut prendre du temps. Nous avons croisés énormément de pokémons depuis notre arrivée ici mais aucun ne convenait et c’est normal ; c’est à partir du tout premier regard que tu dois être capable de juger si le pokémon en face de toi est le bon ou pas. Trop de dresseurs capturent leurs pokémons au hasard, ce qui donne au finale des équipes qui ne croient même pas en leur dresseur, ou des dresseurs qui ne croient pas en leurs équipes.

- Je sais cela, maître » Disant cela, Clément repensa simplement à l’équipe qu’il avait encore dans sa poche au moment où il avait rencontré Red sur le mont argenté, cette dernière étant composé de pokémons plantes capturés spécialement dans le but de vaincre Edmund et rien d’autre. Cela avait donné au final quelque chose d’inachevé et un sérieux manque de confiance entre lui et son équipe.

Mais les choses avaient changées et il avait maintenant tissé des liens vraiment très puissants avec ses deux pokémons et préférait largement cette équipe restreinte à l’ancienne qu’il possédait avant elle.

La mission du jour était de trouver encore et toujours un troisième pokémon pour l’équipe de Clément, mission sur laquelle les deux hommes s’attardaient en vain depuis des heures, marchant autour de la montagne depuis l’aube sans rien trouver. « Je commence à croire qu’aucun pokémon ne veut de moi, se plaignit le jeune dresseur sous le sourire amusé de Red qui lui savait que cela viendrait en temps voulu. » Et le maître avait encore une fois raison, comme d’habitude à vrai dire.

Car, au moment même où le jeune dresseur de pokémons termina sa phrase, ce dernier et son maître virent surgirent des buissons sur leur droite un immense pokémon qui roula jusqu’à eux tout en projetant poussière et touffes d’herbe sur son passage. Il roula jusque devant eux, avant de faire demi-tour et de s’éloigner de quelques mètres afin de se tenir à l’écart des humains qu’il craignait depuis l’apparition du groupe d’hommes logés dans le sommet de la montagne. Une fois cela fait, le pokémon se déplia, laissant apparaitre aux yeux de Red et de son élève un magnifique Donphan.

« C’est celui-ci qu’il me faut ! s’exclama alors Clément en usant comme d’habitude de sa légendaire bonne humeur. Il sera parfait pour mon équipe !

- Je te laisse faire dans ce cas, répondit Red qui désirait voir comment se débrouillait le jeune homme lorsqu’il s’agissait de capturer un pokémon sauvage. Ton nouvel objectif est donc de réussir à mettre ce Donphan dans une pokéball. C’est partit. »

Confiant, le jeune dresseur décida d’envoyer son Evoli afin de d’abord blesser suffisamment le pokémon sauvage pour espérer parvenir à le faire rentrer dans une de ses pokéball. « Evoli attaque charge sur Donphan ! cria-t-il envers son pokémon. » Le petit pokémon s’exécuta mais, d’une simple roulade, le pokémon sauvage l’envoya au tapis quelques mètres plus loin.

« Gardes ton calme, lui conseilla Red en voyant le jeune homme s’énerver, ton Evoli n’est même pas hors de combat. A vrai dire, il n’a rien sentit du tout.

- Pas de soucis, maître. » Clément avait peur que le Donphan prenne sa fuite et dans la précipitation ce dernier avait oublié de monter une stratégie et venait de foncer tête baissée vers l’ennemi. Ce n’était pas le moment de faire n’importe quoi, il lui fallait une stratégie.

Tandis que Clément réfléchissait au moyen le plus simple de capturer Donphan, Red avait lui levés les yeux au ciel vers le sommet de la montagne, se demandant une fois de plus ce qu’il était en train de s’y passer pour qu’autant d’hommes soit mis en place sur le mont argenté ; sans doute quelque chose de vraiment grave dont personne ne se doutait. Le maître, dans son ultime désarrois, se sentait complétement impuissant face à cette situation et se demandait à chaque minute ce qu’il allait bien pouvoir faire une fois que le plan de ses ennemis serait mis en place ; bien entendu il fallait pour cela qu’il connaisse le plan, une des seules choses que Cresselia ne lui avait pas encore montré.

« Donphan, cria Clément, il est temps pour toi de rejoindre mon équipe désormais ! » Sur ces mots, le jeune dresseur lança en l’air une pokéball qui ricocha contre la carapace du pokémon sauvage avant de le faire entrer à l’intérieur. Dès lors, les deux dresseurs fixèrent le moindre mouvement de cette dernière.

Un coup… Clément eut peur qu’il s’échappe. Deux coups… Son cœur commença à battre de plus en plus rapidement dans sa poitrine. Trois coups… La pression devenait de plus en plus forte. Puis la pokéball devint immobile et le jeune dresseur poussa un cri de joie qui se répercuta dans les environs.

« Félicitation Clément, lui lança Red en le voyant tenir dans sa main le troisième pokémon de son équipe. Je suis juste un peu déçu de ne pas avoir regardé lorsque tu as blessé Donphan avant de le capturer. »

En réponse à son maître, le jeune dresseur se mit à rire avant d’être brutalement interrompu par le cri d’un homme dans son dos : « Levez les mains immédiatement ! Livrez-nous tous vos pokémons sur le champ et nous vous laisserons partir. »

Les deux hommes se retournèrent alors afin de se retrouver en face de trois hommes armés, vêtus en noir de la tête aux pieds et pointant leurs armes directement sur eux. « D’accord, répondit Red en souriant, je vous donne tous mes pokémons. »

Clément n’en crut pas ses oreilles. Avant que le jeune dresseur ait pu faire quoi que ce soit pour arrêter son maître, ce dernier avait détaché de sa ceinture la totalité de ses pokéballs avant de les lancer en directions des soldats. Ceux-ci, sans doute idiot de nature, ne comprirent le stratagème du maître que lorsque toutes les pokéballs s’ouvrirent à leurs pieds. Alors, le feu de Dracaufeu couru autour d’eux, l’eau de Tortank les envoyant sur dix mètres, et les lianes du pokémon plante de Red les flagellèrent jusqu’au sang. Puis ce fut au tour de Pikachu qui, pour terminer le spectacle en beauté, lança une magnifique attaque tonnerre sur laquelle les trois soldats prirent immédiatement la fuite. Les deux hommes étaient sauvés, facile pour Red.

Avant de rebrousser chemin, car il ne comptait pas passer plus de temps ici après ce qui venait de se produire, le maître leva les yeux une dernière fois vers le sommet de la montagne en angoissant pour la suite. C’était donc pour cette nuit… Cresselia lui avait annoncé que tout allait commencer cette nuit… Que c’était l’avènement de ce que le pokémon légendaire avait qualifié de nouveau crépuscule…

Chapitre 14 : De vieilles connaissances

Volucité – Quatre jours après

Il fallait qu’elle rentre rapidement. Plus les jours passaient et plus les nouvelles reçues par téléphone devenaient effrayantes. D’après Edmund, les négociations avec le groupe terroriste ne donnaient rien et plus personne à Kanto ne savait où donner de la tête. De plus, les gens commençaient à découvrir ce qui était en train de se passer et la panique gagnait petit à petit les habitants de toute la région.

Ondine marchait le long des rues de Volucité pour son dernier jour de vacance. Le lendemain, elle allait devoir prendre l’avion pour Céladopole, puis un taxi jusqu’à Azuria. Son homme lui manquait énormément et elle n’en pouvait plus d’être aussi loin de lui. Mais l’un d’eux devait constamment garder l’arène, pas comme Régis de Jadielle qui affrontait les dresseurs uniquement le samedi et se baladait dans la région le reste du temps. En tout cas, elle était dans le fond ravie de rentrer enfin chez elle après tant de temps.

La vie qu’elle menait depuis qu’elle avait quittée Sacha et Pierre était bien différente de celle dans laquelle elle baignait désormais. Mariée à celui qui était d’après elle l’homme le plus merveilleux du monde et championne d’arène, Ondine réalisait enfin son rêve de fillette… C’était la situation dont elle avait toujours rêvée. Il ne manquait plus que ce secret qu’elle devait révéler à Edmund en rentrant même si elle ne savait pas pour l’instant comment réussir à lui parler de ça…

« Bonjour madame ! s’exclama une voix dans son dos. Les glaces volutes sont les meilleurs du monde et ont le meilleur prix du monde ! Une petite glace ? »

D’un mouvement de tête, Ondine se retourna vers la devanture du petit glacier réputé dans le monde entier pour les bienfaits de sa glace artisanale et son goût enivrant. Cela attira la belle rousse qui avait depuis longtemps déjà envie de gouter à la légendaire glace volute. Néanmoins, quelque chose l’arrêta subitement. Les vendeurs étaient trois et elle les connaissait.

« Mince, je crois qu’elle nous a repérée… lança la femme aux cheveux roses aux deux autres.

- Comment on va s’en sortir cette fois ? demanda l’homme.

- On a qu’à lui montrer qui ont est, lança en réponse le pokémon qui se trouvait entre eux coiffé d’une toque de cuisinier, après tout nous avons énormément changés depuis le temps. »

Ondine, qui ne savait pas si elle devait être affligée ou étonnée par le comportement des trois vendeurs de glaces, les regarda se mettre en position les uns à côtés des autres et commencer ce que l’on pouvait qualifier de pièce de théâtre grotesque.

« Nous sommes de retour ! Mais ne jouons plus de mauvais tours ! Afin de vendre des glaces jusqu’à notre crémation !

- Et de vendre à tous les peuples la meilleure des potions !

- Afin par elles de répandre amour et vérité !

- Pourquoi pas d’aller les vendre dans toute la Voie Lactée ?

- Jessie et James !

- J’ai compris ! cria Ondine qui n’en pouvait plus de les voir se donner en spectacle au milieu de la rue. »

La jeune femme se demanda ce que faisait les anciens membres de la Team Rocket à cet endroit. Bien entendu elle les avait très souvent vu vendre tout un tas de choses diverses et variés en se déguisant de pleins de manières différents mais jamais comme cela. A part le fait que les trois compères portaient une toque d cuisinier sur la tête, aucun autre déguisement ne permettait de cacher leur véritable identité. Néanmoins, il n’avait plus sur eux un uniforme de Team Rocket, mais des vêtements civils tout à fait habituels.

« Désolé que notre slogan de vente t’ais légèrement énervée, Ondine, lui lança Jessie en souriant, visiblement embarrassée. » La jeune femme en revanche s’arrêta net, trouvant étrange que son ancienne ennemie l’appelle autrement que morveuse comme elle en avait l’habitude dans le temps.

« Ce n’est pas cela, répondit la jeune femme, c’est que la dernière fois où l’on s’est croisés vous aviez tentés de voler le Pikachu de Sacha une millième fois et que vous commenciez tout juste à me taper sur le système. Alors vous voir comme ça…

- Cela fait des années que nous ne nous sommes pas croisés une seule fois, répondit cette fois-ci Miaouss sur un ton de voix qu’elle ne lui connaissait pas, nous avons eu le temps de changer.

- Donc vous avez abandonné le vol de pokémon si je comprends bien ? reprit Ondine.

- Exactement ! Ce n’était plus pour nous et ne l’a sans doute jamais été. C’est inutile de courir après un ridicule pokémon lorsqu’on peut se poser et avoir un travail tranquille dans cette ville. En plus, reprit le pokémon en chuchotant, nous avons droit au reste de glace tous les soirs, que demander de plus ? »

D’un sourire, la jeune femme montra à ses trois anciens ennemis qu’elle approuvait leur nouveau comportement et c’est d’une bonne poignée de main qu’ils repartirent tous les quatre sur de toutes nouvelles bases.

« Et si pour la peine je t’offrais une glace ? lui lança Jessie en souriant. » Puis cette dernière, se pencha à son oreille : « De plus c’est parfait quand on est enceinte. » Cette phrase eu pour seul effet de faire sourire Jessie et rougir Ondine qui ne pensait pas que cela se voyait autant maintenant. Elle allait bien devoir l’avouer à Edmund lorsqu’elle rentrerait de son voyage le lendemain, bien qu’elle ait peur de la réaction de ce dernier, même si cela serait sans doute bon vu qu’il éprouvait tout comme elle le désir d’être parent.

Elle prit dans sa main la glace tendue par Miaouss au-dessus du comptoir et remercia le trio en leur proposant de venir faire un tour à Azuria quand ils auraient du temps. Puis ils se séparèrent sur le départ de cette nouvelle amitié.

Traversant la rue qui menait jusqu’à l’hôtel dans lequel elle passait la nuit, un bâtiment plutôt sympa qui comportait au rez-de-chaussée un étrange music-hall, Ondine passa lentement sa main sur son ventre en souriant. Elle avait hâte de retrouver celui dont elle était amoureuse.

Chapitre 13 : Ghost, le monstre 2/2

???

« Rayquaza était une partie de plaisir. Deoxys était aussi simple à capturer qu’un pauvre petit Ratata. Mais je ne suis pas de la même tempe que ces deux-là. Je suis Darkrai, maître du cauchemar et des illusions, maître de la peur. Je suis celui qui fait trembler les hommes et les pokémons chaque nuit depuis le début de cet univers. Je connais les plans de ton maître, je sais qu’il veut voir l’avènement d’une nouvelle ère. Je sais aussi qu’il a besoin de mon ADN pour réaliser son rêve de gloire, je sais qu’il veut se venger de son frère, et je sais aussi qu’il te manipule totalement. La dernière chose que je sais, c’est que vous avez perturbé mon sommeil et que je vais te plonger dans les ténèbres pour l’éternité. »

Ghost était couché en boule sur le sol blanc et froid du tribunal créé par le pokémon légendaire. Et même s’il savait désormais que tout était faux, il ne pouvait pas se relever tant la vision de sa fille était fort dans sa tête. Il revit son père, le corps presque nu, puis sa femme qu’il avait défoncé à grands coups de pieds, et enfin sa fille qu’il n’avait jamais vu naître alors qu’elle aurait pu devenir vraiment adorable… Tout cela était en train de rapidement le détruire alors qu’il était pourtant si fort quelques minutes auparavant.

« Je suis ton pire cauchemar Antoine. Tu sais, personne ne peut me capturer et personne ne le fera jamais. Tu es fort, très fort, mais tu ne peux rien contre tes pires cauchemars. Regarde-les ! Affronte la vérité en face ! »

Ghost sentit alors soudain des petits bras l’entourer et le serrer très fort. Il n’osa pas se retourner, les mains plaquées sur les yeux. La petite fille ne lui laissa pour autant le choix, retirant ses mains le plus doucement possible de son visage et sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, elle força son père à le regarder dans les yeux. « Bonjour, papa, lui dit-elle de sa petite voix mielleuse, je suis ta petite fille, c’est maman qui me l’a dit tout à l’heure. Elle m’a aussi dit que tu nous avais tués… C’est vrai papa que tu nous as tué maman et moi ? »
Les larmes coulèrent sur les joues du capitaine. Lui qui n’avait de toute sa vie jamais pleuré était en train de vider son corps de toute son eau sur le carrelage blanc du tribunal, Darkrai le surplombant de toute sa hauteur dans sa robe de juge.

« Ne pleure pas mon papa, continua la fillette en le regardant droit dans les yeux. Ce n’est pas grave tu sais, je ne suis que ta fille. Je n’ai juste jamais vu le jour à cause de toi, jamais rencontré mes parents. Tu sais, c’est juste que j’aurais aimé vivre, j’aurais aimé construire une vie comme tout le monde, avoir des amis, un amoureux… Je crois que les pires monstres sont les parents qui arrivent à tuer leurs enfants ? Pas vrai mon papa que ce sont des monstres ? Je les déteste ; je te déteste. »

Et l’embrassant, elle le griffa dans le dos, lui faisant un peu plus ressentir cette douleur qui était en train de l’envahir à la pensée qu’il était le cruel assassin d’un enfant et de la femme avec laquelle il avait partagé sa vie. « Papa, regarde. »

Disant cela, la fillette attrapa son menton et le fit se relever vers elle, obligeant son père à regarder son visage. Ce dernier était en train de bizarrement changer de forme, se déformant et rougissant devant ses yeux. Bientôt, ce fut du sang qui gicla au visage du capitaine et glissa sur son unique œil. Et, sans s’arrêter, une giclée de sang explosa encore à son visage, puis une autre, et encore une autre, régulièrement comme le balancement d’un pendule d’horloge. « Une giclée par coup de pied, papa. Tu en auras une pour chacun des coups que j’ai reçue. »

Et la fillette avait raison, Ghost sentant de plus en plus de sang couler sur son visage, le long de son nez comme de ses joues. Face à lui, le visage de la fillette prenait la forme étrange d’une chaussure, son nez s’était brisé, et un de ses yeux avait déjà éclaté. « Arrêtez ! hurla le capitaine. Arrêtez ça ! Je vous en supplie Darkrai arrêtez. »

Mais ce dernier souriait, ne semblant pas vouloir que le cauchemar s’arrête, heureux de tenir Ghost sous son emprise alors que les autres pokémons légendaires avaient échoués. « Non, ça ne va pas s’arrêter, tu paieras pour ce que tu as fait. » Et, alors qu’il venait juste de finir sa phrase, la fillette aux bouclettes teintées de pourpre explosa, répandant du sang dans toute la salle, tapissant les murs comme le plafond.

« Tu paieras pour tout ce que tu as fait, Antoine Kiev, chacun de tes geste sera ici payé, pour tous ceux qui n’ont pas pu le faire à ma place. Tu as cru que pendant longtemps encore tu pouvais échapper à la justice mais je te détrompe : on n’échappe jamais à rien, surtout pas à son destin. » Il explosa ensuite de rire, heureux de la souffrance de sa victime.

« Bonjour, mon capitaine, lança alors dans son dos une voix dont il se souvenait bien. Je suis venu vous rendre la pareil. » Le soldat avançait dans le sang de sa fille, son pantalon déjà tâché de rouge, un pistolet au bout de sa main. Arrivé face à son chef, il le tendit en direction de son visage.

« Regarde un peu Antoine, continua Darkrai qui n’avait pas bougé depuis le départ, regarde comme chacun de tes gestes est ici payé. »

Puis la balle partit et atterrit directement dans le front du capitaine, le propulsant en arrière dans une mare de sang. « Désolé mon capitaine. » Et, une fois ces mots prononcé, Ghost vit le crâne du soldat exploser à son tour et son corps décapité chutant sur le sol du tribunal. Lui, touchant son front, constata que la douleur de la balle n’avait été qu’une illusion.
« Antoine ! Antoine ! Sauve-moi ! »

Ghost tourna alors la tête dans la direction des cris : son père appelait à l’aide alors qu’il brulait dans une maison comme celle dans laquelle il habitait lorsqu’il était petit. Maculé de sang, le capitaine se releva difficilement et commença à avancer jusqu’à lui. « Oui, c’est cela, continua son père, viens m’aider. Je suis ton vieux papa. Sauve-moi la vie mon fils. »

Il fallait qu’il l’aide, pas comme la dernière fois, qu’il l’aide alors que les rires incessant de Darkrai et malgré le sang de sa fille qui coulait le long de son corps. C’était le seul moyen qu’il avait pour se racheter désormais et avoir la vie sauve, même s’il préférait mourir de suite plutôt qu’à encore subir cette incessante torture. « Viens m’aider, fiston ! Viens !

- Oui, Ghost, reprit le légendaire, aides ton père, c’est cela. Tu n’as jamais aidé personne à part toi-même, c’est le moment de changer les choses. Aide ton père maintenant !

- Chéri, mon ventre est tout rond, tu ne veux pas taper dedans ? » Sa femme était apparu à ses côté, riant de sa plaisanterie et le fixant d’un air de reproche. Elle lui prit la main, une main que Ghost trouva étrangement gluante. Vivement, il la retira et la porta à son visage ; cette dernière était pleine de vase. Et, lorsqu’il regarda sa femme, il remarqua qu’elle était rongée de partout et que des algues poussaient de ses orbites ou encore de sa bouche.

« Qu’y a-t-il mon amour ? Tu ne savais pas ? C’est humide là où tu m’as envoyé il y a dix ans »
Tournant la tête pour ne plus voir cela, Ghost se mit à vomir sur le carrelage sous les rires de plus en plus forts du légendaire. « Antoine ! Sauve-moi je t’en supplie ! Enfin, qu’est-ce que je raconte… Tu n’as jamais aidé personne, tu as même laissé crever ton vieux père. Tu n’as ni conscience, ni aucune pensée pour personne à part toi. »

Ce n’était pas faux après tout, il n’avait conscience de rien et se moquait éperdument de la douleur qu’il pouvait infliger, même à ses êtres les plus chers. En quoi cela était-il un mal au final ? Sans qu’il ne s’y attende, les paroles de son père lui firent un déclic. L’homme qui était entré sans aucune faiblesse dans les bois de l’ile de la nouvelle lune se redressa, plus confiant que jamais et plus fort encore. Rapidement, son père et la maison en feu disparurent, puis ce fut au tour de sa femme de ne plus faire partie du décor. Ensuite, le capitaine fit demi-tour, se dressant face au pokémon légendaire qui avait subitement arrêté de rire. Il se fichait de ces illusions et de ses meurtres. Après tout quelle importance ? Ils avaient qu’à être plus fort pour parvenir à lui survivre, ce n’était pas son problème si tous étaient des gens faibles.

Le sang répandu par sa fille fut brutalement comme absorbé par le sol et le corps de Kévin aspiré dans le néant. « Ton problème Darkrai, lança Ghost, c’est que tu n’as pas de toutes les chances que tu avais pour me tuer. Tu as préféré jouer avec moi ; c’était une énorme erreur de ta part. »

Du cauchemar, Darkrai avait fait naître la peur pour la première fois dans le cœur d’un homme aussi inébranlable et vicieux que le diable. Maintenant, Ghost allait créer pour Darkrai son propre cauchemar : il allait le dominer.

« Même si tu me captures, tu ne pourras rien faire contre moi au final. Je te rattraperais toujours, tout comme ton destin, tu n’échapperas jamais à cela. Tu ne montreras pas éternellement le dos à tous tes torts. Et tu sauras bientôt que j’ai raison. Tu vas payer un jour… » Darkrai ne continua pas, aspiré dans la master Ball de Ghost.

De retour dans la forêt, ce dernier se mit à rire, il venait enfin de capturer le pokémon légendaire et de mettre un terme au contrat ; il allait pouvoir toucher son argent. Il fit un grand sourire.

Avant de partir, le capitaine cracha tout de même sur le corps sans vie de Kévin, mort d’une balle dans la tête. « Ça c’est pour m’avoir saoulé toute la mission. » Et il repartit, le cœur léger à l’idée de savoir que rien ni personne n’aura jamais raison de lui.

Chapitre 12 : Ghost, le monstre 1/2

??? – ???

« Tant de crimes impunis, de gens tués, de missions menée uniquement pour de l’argent. Fils indigne, mari infidèle, père impur. Tu trahis tes amis, ne voit que ton propre intérêt, œuvre juste dans son propre intérêt et suivant sa seule doctrine. Il est traité comme un chien par ses anciens amis, comme un cafard par sa famille, et comme le pire des hommes par son père. J’ai nommé : Antoine Kiev, plus connu sous le pseudonyme de Ghost. La séance est ouverte. »

Le capitaine releva les yeux sur tout un tribunal. De nombreuse personne se trouvait autour de lui, le fixant étrangement, et il se passait envers Ghost quelque chose qu’il haïssait par-dessus tout : il était devenu le centre de toutes les attentions. La salle était immense, les murs blancs donnaient comme l’impression à Ghost d’être passé dans une autre dimension. Il se tenait à la barre des accusés, assis sur une chaise, en face d’un juge qui le surplombait de tout son être.

Il ne savait pas ce qu’il faisait dans un tribunal alors qu’il était très occupé à chercher Darkrai dans les bois de l’ile de la nouvelle lune. Le capitaine se souvenait jusque qu’il était tombé en se tenant la tête à la suite d’un coup de feu dans les bois, le problème étant qu’il n’avait pas la moindre idée de la provenance de ce dernier. Peut-être avait-il tué Kévin avant de tomber, peut-être que c’était Kévin qui l’avait tué… Ce qu’il savait était qu’il se retrouvait simplement dans un tribunal étrange : celui à la porte de l’au-delà ?

« J’appelle à la barre le tout premier des témoins. Faites entrer Monsieur Rayquaza dans la salle. »

Le capitaine n’en croyait pas ses yeux au moment de l’entrée de l’immense lézard légendaire dans le tribunal. Ce dernier avança lentement, sinuant entre les spectateurs de l’audience afin de rejoindre le banc des témoins. De son œil unique, il fixa celui qui le lui avait volé d’un air de reproche immense et dévoilant une incomparable tristesse.

« Monsieur Rayquaza, gardien du ciel, la parole est à vous ! annonça le juge en tapant de son marteau contre le bois de son bureau. Expliquez-nous en quoi nous devrions condamner monsieur Kiev.

- Cet homme est un monstre. Il est venu pour la première fois il y a des années dans la tour des cieux, armé jusqu’aux dents et tout cela dans l’unique but d m’assassiner. Il est monté tout en haut alors que je dormais et à tenté de me tirer dessus sans savoir que ma carapace me protégerais de ses balles. Ensuite, je me suis réveillé et, me défendant, j’ai crevé l’œil droit de mon agresseur. Il est ensuite revenu des années après accompagné de pleins de soldats pour me capturer et me crevant l’œil à son tour.

- Une attaque surprise qui tourne mal, une puérile vengeance, récapitula le juge, et tout cela sur un fond de lâcheté car incapable d’attaquer en brave. Beaucoup de fautes pour un simple acte. Mais si seulement c’était là le seul acte de fourberie de monsieur Kiev, si seulement sa vie n’avait été construite qu’autour d’un unique pêché. Malheureusement c’est loin d’en être fini.

- Je me vengeais de la destruction de mon village ! lança Ghost hors de lui. Si vous saviez que…

- Nous reviendrons à cela plus tard. Faites entrer le prochain témoin. »

Une fois de plus, la porte du tribunal s’ouvrit pour cette fois laisser passer un être beaucoup plus petit et moins étranger à Ghost, ce dernier venant de le quitter pour la première fois quelques temps auparavant. Le soldat Kévin traversa la salle, en tous points identiques à ce qu’il avait été juste avant mis à part le trou qu’il possédait désormais entre les deux yeux. « Soldat Kévin, expliquez-nous les raisons de votre haine envers monsieur Kiev ici présent.

- Il m’a assassiné de sang-froid et sans aucune raison valable. Nous étions en mission quand il a soudain pointé son arme sur moi et m’a tiré dans la tête. Je suis mort avant même de comprendre ce qui était en train de m’arriver.

- Monsieur Kiev est coupable de meurtre ! Car en plus d’être un voleur, un profiteur, et un lâche ; il faut savoir que l’homme en face de moi est un meurtrier. Mais Kévin n’est rien, rien du tout par rapport au prochain témoin. Faites entrer madame Kiev. »

Le cœur du capitaine se serra soudainement dans sa poitrine à la pensée que sa femme allait apparaitre dans l’embrassure de la porte. Pour la première fois de toute son existence, le terrible Ghost commença à ressentir la peur. Il était peut-être encore vivant, peut-être que ce n’était qu’une simple illusion, mais en tout cas Darkrai jouait avec ses points faibles et le mettait face à la réalité qu’il n’avait jamais accepté.

Un merveilleuse blonde chaussée de talons aiguilles pénétra dans le tribunal, avança solennellement entre les rangés de spectateur telle une déesse qui n’en avait que faire du commun des mortels. Son regard tomba à un moment sur son mari qui baissa immédiatement les yeux, honteux de ce qu’il avait fait. Le problème est qu’il ne vit pas immédiatement que la femme n’était pas seule à entrer dans la salle à ce moment et qu’elle tenait pas la main une petite fille de neuf ans.

Lorsqu’il la vit, Ghost ressentit son cœur éclater dans sa poitrine et n’avait plus qu’une envie : mourir sur le champ pour échapper à ce qui allait se passer dans très peu de temps. Même s’il ne s’était jamais préoccupé de sa conscience ou de tout cela, la vision de ces deux femmes l’abattit soudain comme un puissant coup de marteau. « Vois comme elle serait magnifique, Antoine, lui murmura sa femme dans l’oreille alors qu’elle passait à ses côtés. Vois comme ta fille serait belle. »

Mais il ne voulait pas regarder l’enfant aux bouclettes blondes, il ne voulait en aucun cas poser les yeux dessus. Encore une première dans son existence, Ghost commença à pleurer lamentablement devant tout un tribunal.

« Madame Sonia Kiev, veuillez expliquer à cette assemblé les actes de votre mari.

- J’ai rencontrée Antoine dans un parc un jour de printemps. J’étais jeune, sans enfant, et je n’avais qu’une hâte : trouver l’amour de ma vie qui pourrait me rendre heureuse et me donner ce fils dont je rêvais tant. Nous sommes tombés amoureux et nous sommes mariés quelques mois plus tard. Le problème fut que mon mari n’était jamais à la maison et ne rentrait parfois que le dimanche, si bien que deux ans après, je ne savais comment lui avouer que j’étais enceinte. Il m’avait déjà fait part de son ressentit à l’idée d’avoir un enfant, me disant que ce n’était que des histoires ridicules et qu’avec son travail il n’avait pas que ça à faire, qu’un môme n’était pas sa priorité. Mais un jour, Antoine est partit pendant quatre mois pour son travail, si bien que le jour où il revint à la maison, j’étais déjà enceinte de sept mois. Je m’étais attendu à ce qu’il me saute dans les bras, embrasse mon ventre. Mais rien de tout cela n’arriva, je pris juste un premier coup de pieds au niveau du nombril. Fou de rage, il me poussa contre terre, et frappa encore et encore, une quarantaine de fois sans doute. Il ne s’arrêta pas malgré mes pleurs, frappant comme un forcené, disant qu’il voulait voir une tâche de sang dans les toilettes dans les minutes à suivre, ce qui évidemment arriva. Je perdis mon enfant avant de succomber à mes blessures quelques heures après. Il jeta mon corps à la mer, déposa un avis de recherche au poste de police, et ce fut terminé.

- Voilà qui est donc l’homme que vous avez devant vous ! C’est l’assassin de sa fille et de sa femme, un monstre comme jamais il n’en a eu sur cette terre, le pire des hommes ! »

Ghost baissa le regard sur sa fille qui le fixa de son air attendrissant et, rien que de voir sa beauté plongea le capitaine dans une tristesse infini. Il fut immédiatement rongé par le remord, dévoré de sa culpabilité, ne sentant plus rien dans son cœur que de la haine envers lui-même. S’il avait été armé à ce moment-là, sans doute aurait-il tiré une balle dans son propre crâne. Les mots de meurtrier et d’assassin résonnèrent encore dans son esprit comme s’il était prononcé par un esprit farceur qui s’amusait à l’idée de le torturer psychologiquement. Il voulait que tout s’arrête ici, que le juge ne lui montre pas la dernière chose qu’il avait à se reprocher.

« Faites entrer monsieur Kiev à la barre des témoins désormais, annonça justement ce dernier. »

L’homme barbu qui l’avait suivi dans la forêt fit alors son apparition dans le tribunal. Il s’avança lentement, les yeux posé sur le capitaine, les vêtements en haillons pendants autour de son corps. « Non ! hurla Ghost. Pas ça, je vous en supplie arrêter. »

Mais le juge lui fit un sourire, un simple sourire qui en disait beaucoup sur ce qui était en train de se produire. « Monsieur Kiev, qu’avez-vous à nous apprendre sur le caractère de votre fils.

- J’aimerais juste qu’il brûle en enfer par le feu comme celui-ci m’a consumé il y a des années. » Le capitaine baissa encore les yeux, ne voulant plus rien voir, ni rien entendre. Il ne voulait que s’effacer à tout jamais de cela, disparaître pour toujours, ne même plus exister. Peu importait l’argent, qu’il meurt, c’était tout ce qu’il voulait.

« Une météorite est tombé sur le village construit avec des cabanes dans les arbres. C’était l’été, il faisait chaud et tout prix rapidement feu. La majorité des habitants ressortirent vivant de cela mais je n’eus pas cette chance. Antoine put s’enfuir alors que la porte était bloquée par un passage secret qu’il avait construit dans la maison. Il vint me voir bruler et, alors que je lui demandais comment sortir, il m’a simplement répondu : désolé papa, mais les faibles meurt. Si tu ne peux sortir seul de cette maison alors c’est que tu ne mérites pas de vivre. Je l’ai vu se retourner et partir sans rien ajouter de plus. J’ai crié, crié encore, avant de mourir consumé alors que mon fils aurait pu me sauver. Il est juste partit en disant qu’il tuerait Rayquaza pour me venger, il n’avait alors que dix ans.

- Monsieur Kiev junior, qu’avez-vous à dire pour votre défense ? » Et ce dernier ne répondit pas, les yeux baissés, il avait pour la toute première fois peur de sa conscience et de ce qu’il avait fait.

« Aucune réponse ? reprit le juge. Je vous nomme donc coupable de meurtre en tout genre, de trahison, et de tant d’autres choses. Votre sentence : la mort. »

Et soudainement, le tribunal se vida, laissant seul Ghost avec le juge qui devenait soudain une parfaite représentation de son destin. Amèrement rongé par le regret, ce dernier tomba sur le sol, les mains sur le crâne tandis que le juge s’avançait vers lui, un juge qui ressemblait alors étrangement à sa proie devenue chasseur : Darkrai.

Chapitre 11 : Chétiflor

Iles Ecumes – Deux jours plus tard

« Clément, tiens-toi mieux durant un combat, redresse toi et essais de te tenir droit un minimum. La posture d’un dresseur de pokémon fait son charisme et son charisme fait en partie sa force, n’oublie jamais cela. Bon, reprenons. »

Tortank et Dracaufeu contre Evoli et Chétiflor ; autant dire que le combat était perdu d’avance, mais c’était sans compter le fait que Red n’avait pas du tout l’intention de vaincre et désirait simplement entraîner son élève.

« Imaginons que mon Dracaufeu ait utilisé sa capacité vol et que Tortank ait bloqué ton Evoli loin de Chétiflor. Maintenant prenons en compte que mon pokémon exécute une descente en piqué vers ton pokémon. Que dois-tu faire ?

- Réfléchir un minimum et ne pas foncer bêtement dans le tas, répondit sérieusement Clément en imaginant la situation dans sa tête et en cherchant le meilleur moyen de parer cette attaque. Si je suis ce que vous m’enseignait depuis trois jours, je devrais tenter d’user de la capacité croissance pour prendre des forces, avant de lancer tranche-herbe, et d’esquiver si jamais cela ne fonctionne pas. »

Red lança un grand sourire à son élève pour bien lui montrer qu’il avait bien retenu la leçon et était fier de lui. Une fois ces paroles prononcées, le maître de la ligue leva la main en signe de pause, prit une cigarette et se mit à fumer.

De son côté, le jeune dresseur félicitait ses pokémons qu’il avait trouvé vraiment très prometteurs durant cet entraînement. Il sentait depuis quelques jours les immenses progrès qu’il avait fait et se réjouissais intérieurement de la joie que cela lui procurait. Mais ce n’était pas terminé et il le savait. Clément ne voulait pas mettre fin à sa collaboration avec le maître de la ligue tant qu’il n’avait pas vaincu son plus grand rival : le champion de l’arène d’Azuria.

« Clément, lança son maître qui venait de se relever des rochers sur lesquels il s’était assis pour fumer et s’avançait vers lui, reprenons l’entraînement. J’ai quelque chose de spécial à te proposer. »

Le jeune dresseur fit signe à ses deux pokémons de le suive et avança en direction du maître de la ligue pokémon, intrigué par l’annonce que ce dernier allait faire. « Nous allons procéder au premier combat depuis le début de l’entraînement, annonça-t-il. Je veux que tu prennes Chétiflor, je veux voir un peu ses progrès.

- C’est sérieux, maître ? demanda le jeune homme qui n’en croyait pas ses oreilles.

- Je n’ai jamais été autant sérieux avec toi-même. Bon, mets-toi en place. Que le combat commence ! »

Clément ne savait plus où donner de la tête et ne croyait pas qu’il allait vraiment affronter Red en combat singulier avant même d’avoir eu tous les badges. Même dans ses rêves les plus dingues, le jeune homme n’aurait jamais envisagé cette possibilité. Chétiflor dans son dos ressentait ce soudain engouement de la part de son maître et posa une feuille sur sa jambe.
Grâce à Red qui lui avait ordonné de ne garder que le seul pokémon avec lequel il avait un minimum d’affection dans son équipe, Clément avait tissé des liens encore plus forts avec son pokémon plante, des liens qui ne cessaient de grandir au fil de l’entraînement. Encore une fois le maître avait eu raison de le pousser à faire cela, de plus qu’il avait maintenant aussi un Evoli avec lequel il partageait une amitié forte et en constante évolution.

Ce qui angoissa le jeune homme au début de ce combat fut de savoir quel pokémon allait sortir Red pour l’affronter : Tortank, Ronflex, Mentali ? Lorsque la pokéball lancée par ce dernier décrivit un arc-de-cercle dans les cieux avant de s’ouvrir en un flash lumineux, Clément se demandait encore quel était son contenu. Puis il vit le fameux Pikachu du maître lui faire face. Sans doute était-ce celui de son équipe qui pouvait paraître le plus ridicule, mais c’était aussi le plus fort.

« Les règles sont simples : l’adversaire doit être mis hors de combat. » Et c’est sur ce simple avertissement de Red que le combat commença.

Le Pikachu attendit un geste de la part du pokémon adverse, Red ne lui donnant aucun ordre comme s’il attendait de voir la réaction de son élève. Et Clément était devenu bien plus fort. Là où quatre jours avant il aurait foncé tête baissée sur le pokémon du champion d’arène d’Azuria, il ne le fit pas sur celui du maître, sachant très bien que la vitesse et les stratégies irréfléchies ne menait à rien. Le maître voulait qu’il use de sa matière grise.

Et c’est là qu’il comprit comment faire : user d’une attaque spéciale pouvant changer le statut de Pikachu. « Chétiflor, lance une poudre-dodo ! » Et le pokémon s’exécuta, lançant sur l’adversaire tout un nuage de poudre pouvant permettre d’endormir un pokémon pour au moins une journée entière. Mais elle ne toucha presque pas Pikachu qui en un éclair esquiva l’attaque.

« Excellent ! s’exclama Red. Tu retiens très bien la leçon, mais ce n’est pas le seul but de ce combat ; je veux aussi te tester au niveau des réflexes. Pikachu : Fatal-Foudre ! » Et un immense éclair tomba à côté du pokémon plante qui fit un bond de surprise en voyant cela. Deux autres éclairs tombèrent dans les secondes qui suivirent, manquant de lui brûler les feuilles ; le jeune homme se devait de réagir vite.

« Utilise souplesse ! cria-t-il afin de couvrir le bruit de la foudre. » L’idée pouvant paraitre pour le moins bancale au départ se révéla être géniale et le pokémon, non content de seulement esquiver souplement les éclairs en traversant le terrain en zigzags, ce dernier heurta le pokémon adverse de plein fouet et le jeta à terre. « Enchaîne par ligotage ! hurla Clément fou de joie. »

Par surprise, la petite souris électrique se retrouva enchaînée par l’attaque du Chétiflor, ce qui eut pour effet d’étonner énormément Red qui ne savait plus où donner de la tête : ce dresseur avait donc autant de potentiel que lui avait dit Cresselia en rêve, peut-être même encore plus. Personne encore n’était parvenu à l’exploit dont venait d’être capable Clément sous ses yeux ébahis. C’était une véritable surprise pour le maître.

« Je dois dire que tu es vraiment exceptionnel et que… » Mais Red ne termina pas sa phrase, brutalement aveuglé par un éclair de lumière qui envahit toute la plage sur laquelle ils s’entrainaient depuis plusieurs jours. La main devant le visage, il chercha à deviner la provenance de cette lumière qui dans ses souvenirs ne lui était pas complètement inconnu : Chétiflor venait d’être récompensé par son talent durant l’affrontement.

« Il vient d’évoluer ! s’exclama Clément face à son Boustiflor qui venait de lâcher le Pikachu et s’était retourné vers son maître, fier de lui.

« Tu as de quoi être fier Clément, tu es sans doute l’un des meilleurs dresseurs que j’ai affronté jusqu’à ce jour. »

Le compliment flatta le jeune homme qui baissa les yeux vers le sol et commença à rougir, ce n’était pas tous les jours que l’on recevait des compliments de la part du maître de la ligue pokémon.

« Nous partons pour une autre destination : le pied du mont argenté. Les négociations n’ont pour le moment encore rien données avec les terroristes, c’est pour cela que nous n’allons pas grimper plus haut et rester en bas. Il y a pleins de pokémons sauvages là-bas. Sans doute en trouveras tu un qui t’ailles pour te composer une équipe de trois. »

Et le jeune homme, enchanté par cette idée, monta à la suite de Red sur le Dracaufeu qu’il venait de sortir de sa pokéball. L’aventure continuait.

Chapitre 10 : L’homme à la chemise à carreaux 2/2

Azuria – Un jour après

Cet homme n’était pas un adversaire normal comme les autres. Il parlait à ses pokémons par son esprit et restait concentré sur le terrain sans dire un mot. Même si Edmund appréciait les combats de pokémons, ce dernier devenait de moins en moins agréable, c’était toujours mieux de combattre quelqu’un de sympa et détendu. Mais c’était palpitant et il avait envie de savoir l’issue de ce terrible affrontement, si possible même de le  by Browse to Save » href= »http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-chapitre&c=38914# »>gagner.

« Bon, lança Edmund en rappelant son pokémon, ça fait un-zéro. Que la deuxième manche commence ! »

Le champion d’arène se limitait pour ses paroles, remarquant que ce n’était pas la peine de parler à part pour s’adresser à un mur. Olivier comprit néanmoins les paroles d’Edmund et, sans rien ajouter ni détourner le regard du terrain, il rappela son Dracolosse et sortit de sa poche une autre pokéball.

Cette fois, Edmund ne laissa pas le temps à son adversaire et lança en l’air la pokéball qui contenait son pokémon favori, celui avec lequel il était depuis ses dix ans : Aquali. De son côté, Olivier fit entrer un jeu un superbe Alakazam, pokémon qui ressemblait énormément. Calme, posé, et concentré sur le combat, le pokémon d’Olivier ressemblait exactement à ce dernier ; cela ne faisant qu’effrayer le champion d’arène qui sentait encore une fois un lien immense entre les deux.

Pour commencer, Edmund envoya son pokémon sous l’eau afin de le mettre hors de portée et si possible de le faire perdre des yeux au pokémon adverse. Mais ce n’était pas du goût de son opposant qui fit soulever l’eau de la partie de la piscine en un terrible geyser qui propulsa l’Aquali sous les pieds du pokémon d’Olivier. « Aquali, utilise ton attaque Morsure ! »

Le pokémon du champion d’arène attrapa alors l’Alakazam par une jambe, le croquant à pleine dents. Puis, sans attendre les ordres de son maître tant il connaissait cette technique par cœur, le petit pokémon plongea dans la piscine, entrainant le second derrière lui. Olivier ne broncha pas lors de cette attaque qui fut pour le moins fulgurante, planté telle une statue de marbre à l’entrée de l’arène depuis le début de l’affrontement.

Aquali ne pouvait perdre contre aucun pokémon, il se connaissait depuis qu’il avait dix ans et avaient entre eux une confiance au-delà de tout. Dès qu’ils étaient ensembles, l’un donnait à l’autre le courage nécessaire et vice-versa. C’était bien plus qu’une relation de maître à pokémon, après Ondine, son pokémon était sans doute pour Edmund l’être avec lequel il avait le plus de lien sur cette planète. Parfois, sa femme les comparait même à un frère et une sœur.

Mais pas un des deux pokémon ne remonta à la surface, le combat se prolongeant sous l’eau de la profonde piscine dont on ne distinguait ni le fond, ni les deux combattants qui s’y était enfoncés. Une minute passa durant laquelle Edmund angoissa pour son pokémon favori, tandis qu’Olivier ne bougeait toujours pas et attendait simplement ; tout son plan semblait se dérouler à merveille et rien ne le troublait.

Au bout d’un moment, l’eau commença à bouillir et un siphon se créa à la surface. Une cuillère apparut au centre de ce tourbillon d’eau, celle d’Alakazam, prouvant que l’attaque sous-marine provenait de lui et non du petit pokémon du champion d’arène.

« Aquali ! hurla Edmund terrifié à l’idée de voir perdre son favori. » Car si Edmund espérait au moins gagner une manche de ce match, c’était bien celle-là ; il n’avait pas l’intention de laisser du terrain à son adversaire.

Et, comme pour combler ses attentes, ce dernier surgit hors du siphon et se propulsa sur un îlot, juste devant son dresseur. Le champion ne savait pas quoi penser de ce qu’il venait de se passer sous l’eau. La seule chose qu’il savait était que son pokémon s’en était sorti indemne et qu’une cuillère du pokémon adverse flottant dans un siphon.

L’attente fut interminable et dura une minute entière. Olivier fixant désormais le siphon emportant la petite cuillère de son pokémon, visiblement et ce pour la première fois depuis le début du combat. Il avait peur de perdre la manche et se sentait faible par rapport à l’Aquali qui trônait en face de lui, toujours fier et sans la moindre blessure, alors que son propre pokémon restait sous l’eau. Pour la toute première fois, le dresseur au costume à carreaux semblait stressé par la situation.

« Ne vous en faites pas, lança-t-il au champion qui commençait à se demander s’il était muet, il n’est pas hors de combat ; pas encore. » Mais le temps passait et l’Alakazam ne réapparaissait pas à la surface. Si bien que le champion d’Azuria commença à sourire de la situation, Olivier stressé, jusqu’au moment du verdict : quand Alakazam remonta évanouis des tréfonds des abysses.
« Bien joué Aquali ! s’exclama le champion tandis qu’Olivier baissait pour la première fois les yeux, visiblement déçu par la défaite de son pokémon. » Bien qu’il fût content de cette victoire, Edmund tenta de se contenir et de rester calme, surtout qu’en face de lui son adversaire semblait perdre un sang-froid.

Cela se voyait qu’il perdait son calme car, avant même que la manche fut terminé, il rappela son pokémon dans sa pokéball et en sortit une autre. « Tu ne gagneras pas cette fois, voici mon premier pokémon : Aligatueur ! »

Edmund, suivant le mouvement, rentra son propre pokémon avant de lancer le suivant : un énorme Mégapagos. « Et moi je ne t’offre qu’un simple maillon de mon équipe mais ne t’en fais pas, tous se valent à merveille et tu ne tarderas pas à le ressentir. Ce badge ne t’es pas encore acquis. Mégapagos c’est à toi ! Use de ton attaque Repli ! » Immédiatement, la tortue se rangea dans sa carapace, et plongea sous cette forme sous l’eau.

« Tu l’oublis sans doute, reprit Olivier dont la langue semblait soudain s’être délié envers Edmund, mais mon pokémon sait excellemment bien nager sous l’eau lui aussi. » En réponse à ces mots, le pokémon adverse plongea à son tour, suivit par le sourire d’Edmund qui visiblement n’attendait que cela. « Tu vas voir que la rareté du badge de cette arène dans les poches des dresseurs n’est pas seulement une légende. »

Sous l’eau, Aligatueur se déplaçait en sinuant son corps, son ombre bien distingue tout comme celle du Mégapagos qui restait en repli et ne bougeait pas, attendant la venue du pokémon adverse jusqu’à lui. « Tu sais que tu ne résisteras pas même sous repli à la force de frappe de mon pokémon ? » Et Edmund semblait le savoir mieux que personne, attendant étrangement qu’Olivier fonce sur son pokémon.

« Aligatueur, attaque guillotine ! » Edmund resta bouche-bée devant cela, guillotine étant une attaque totalement impossible à apprendre à ce pokémon ; Olivier le savait et en sourit. Sauf que l’attaque ne fonctionna pas, que le pokémon du champion d’arène disparut, et que celui d’Olivier se prit un rocher et fut projeté sur l’un des îlots de la piscine.

« Une attaque clonage, bien joué, lança Olivier. Mais ce n’est pas terminé.

- Si, ça l’est. Mégapagos, attaque lame de roc ! » Immédiatement, l’îlot sur lequel était couché le pokémon adverse se transforma en un champ de lame de pierre qui remontèrent vers le haut, frappant de plein fouet et de toute part l’Aligatueur. Ce dernier était hors combat, Edmund venait de gagner haut la main.

Etrangement, son adversaire ne répondit rien face à cette défaite. Il rangea son pokémon hors de combat et se dirigea vers la sortie en laissant dans son dos un champion dépité par ce silence. Cet homme l’intrigua grandement mais, ce qu’il ne savait pas, c’est que ce n’était que la première fois que leurs chemins se croisaient.

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